‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 21 sur 451 · PRÉPAH ATION DES OBJETS MICROSCOPIQUES · texte numérisé non relu

PRÉPAH ATION DES OBJETS MICROSCOPIQUES

Nous ne nous occuperons dans ce paragraphe que de la préparation des éléments et des tissus des végétaux. Les détails nécessaires aux préparations animales que comporte cet ouvrage seront exposés plus loin.

Lorsqu’on veut examiner au microscope un tissu ou quelque partie de plante, il faut avoir recours à une série de préparations que nous allons décrire :

1° Si l’objet à examiner présente une certaine épaisseur, et qu’on veuille en étudier la structure intime, il faut pratiquer des coupes yninces sur cet objet, ou faire des dilacérations , s’il y a lieu ;

2° Les coupes doivent ensuite être soumises aux réactifs convenables ;

3° Enfin la préparation doit être montée pour l’observation, c’est-à-dire placée dans un liquide conservateur , recouverte d’une lamelle, que l’on scelle au porte-objet de manière à éviter l’évaporation ou l’altération du liquide choisi comme véhicule .

Nous allons décrire en détail ces diverses opérations :

1° Exécution des coupes minces. — Plusieurs conditions doivent être remplies si l’on veut obtenir de bonnes coupes :

ClIAP. I. — DES MICROSCOPES ET DE LEUR EMPLOI. 30

1. Il faut avoir de bons instruments; nous avons indiqué plus haut quelles sont les qualités que l’on doit en exiger;

2. Il faut agir sur des corps d’une consistance déterminée. On n’obtiendra jamais de bonnes coupes sur des corps mous; les corps très durs présentent également de grands obstacles. Il faut autant que possible agir sur des corps assez consistants pour se laisser trancher sans céder devant l’instrument, et assez tendres pour ne pas lui résister trop énergiquement.

<Pour atteindre ce but, on durcit les corps mous au moyen: de réactifs appropriés (voir page 43), et l’on ramollit les corps durs soit par l’ébullition dans l’eau (graines sèches), soit par macération dans une eau alcaline (bois durs).

Les coupes sur les objets friables sont extrêmement délicates à opérer. On se trouvera bien de les enrober dans un corps qui en agglutine les diverses parties (paraffine, gomme, etc., voir page 41); on agira de même pour les corps pulvérulents (spores, pollen).

Quoi qu’il en soit, lorsqu’on a obtenu la consistance désirable, on peut commencer à pratiquer les coupes. On se rend bien compte du sens dans lequel on veut les diriger et l’on agit comme il suit :

Lorsque l’objet est d’un fort volume, on peut le tenir à la main, mais s’il présente un faible volume, on doit recourir à une installation particulière. Si l’objet n’est pas trop dur, on peut l’enfermer entre deux morceaux de moelle de sureau ou de liège. Voici comment cela se pratique : on prend un cylindre de moelle de sureau assez long pour être facilement tenu entre les doigts, et on le fend en deux. Puis au moyen d’une tige rigide quelconque, on détermine par pression, à l’une des extrémités de l'un des demi-cylindres ainsi obtenus, une petite cavité de grandeur suffisante pour y placer l’objet. Celuici étant logé dans la position exacte qu’on veut lui donner, on superpose par leurs faces planes les deux demi-cylindres de sureau, et les tenant entre les doigts de façon qu’ils ne se séparent pas, on plonge à plusieurs reprises dans l’eau ou l’alcool l’extrémité où se trouve l’objet à diviser. La moelle de sureau se gonfle, presse sur l’objet qu’elle renferme et le main-

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tient ainsi solidement fixé (1). On n’a plus qu’à pratiquer les coupes avec le rasoir. Pour cela, saisissant le rasoir de la main droite, en même temps que la main gauche tient le cylindre de moelle de sureau, on applique la face plane du rasoir sur la surface libre du sureau, et d’un premier coup on enlève une tranche mince. Ce premier coup de rasoir a pour but de bien égaliser la surface à couper; du même coup on obtient une surface bien nette de l’objet. 11 s’agit maintenant de mener les autres coupes de telle sorte qu’elles aient dans toute leur .étendue la même épaisseur. 11 faut donc que le rasoir dans sa marche suive toujours la même direction. On y arrive assez facilement, si en même temps qu’on fait avancer la lame, on se préoccupe de toujours en sentir la face plane inférieure en contact avec l’index de la main qui tient l’objet. Avec un peu d’habitude on arrive ainsi parfaitement à donner au rasoir une direction constante. Quand on fait ces coupes à main levée , les coudes doivent être parfaitement libres, et rapprochés du corps ; le cylindre de moelle tenu entre l'index et le pouce dans une position perpendiculaire au plan de la table sur laquelle on opère, et le plat du rasoir parallèle à ce même plan. On devra toujours tremper le rasoir dans l’eau ou l’alcool avant de pratiquer la section ; on risque sans cela de détériorer les coupes que l’on obtient.

Les commençants ont l’habitude d’examiner chaque coupe qu’ils viennent de faire. C’est là un grand tort; les premières coupes en effet ne sont jamais parfaites. Il faut pour ainsi dire que la main se fasse à l’opération qu’on exige d’elle. Aussi doit-on faire de nombreuses coupes, et l’on verra que les dernières sont toujours bien plus fines et plus propices à l’examen. Cependant, comme il ne faut rien perdre, on aura soin de réunir dans un petit baquet de verre rempli d’eau toutes les coupes que l’on fait, puis quand on en aura fait un grand nombre, on choisira les meilleures pour les observer et les conserver. Les coupes trop épaisses seront également exami-

(1) Si l'objet n'offre pas beaucoup de résistance, comme il pourrait être écrasé par le gonflement de la moelle de sureau, on le place dans une petite cavité obtenue, non plus par simple pression, mais en enlevant un morceau de moelle.

nées, et si on leur trouve quelque intérêt, on recommencera sur un nouvel échantillon des coupes que Ton s’attachera surtout à obtenir fines au niveau de l’endroit où les premières avaient été mal réussies.

Coupes dans la paraffine. — Lorsque les objets sont très durs, la moelle de sureau ne peut être utilisée; on peut alors opérer de la manière suivante : après avoir desséché l’objet à préparer, de manière à priver complètement sa surface d'humidité, on le trempe dans la paraffine fondue, ou dans un mélange de cire et d’axonge (il est bon, quand on se sert de paraffine, de l’additionner d’un peu d’axonge). Puis on le retire pour laisser solidifier à sa surface une première couche de paraffine. En trempant ainsi le même objet à plusieurs reprises, on obtient bientôt un petit bloc de paraffine contenant le tissu à trancher, dont on a eu soin de déterminer la position exacte, afin de pouvoir plus tard diriger les coupes dans le sens convenable.

Ce bloc de paraffine est encore trop petit pour être aisément tenu entre les doigts; on le fixe alors au moyen de la même substance fondue sur un bouchon de liège, et on le dispose dans la cavité d’un tube en laiton. On coule autour une certaine quantité de paraffine fondue, et après refroidissement, on retire du tube une petite bougie contenant l’objet à trancher.

Si l’on fait usage du microtome, le cylindre de l’appareil servira de tube où l’on coulera la paraffine.

Pour faire des coupes sur les poils, les filaments de lin, de chanvre, etc., on en forme des faisceaux que l’on trempe dans la paraffine et que l’on prépare comme il vient d’être dit.

Lorsque les coupes ont été faites, il faut les débarrasser de la paraffine qui les souille. Pour cela, on les place dans la térébenthine, on les y laisse séjourner quelque temps, puis on les porte dans l’éther, et quand elles sont bien débarrassées du corps étranger, on les monte.

Coupes «lans la gomme. — On peut remplacer la paraffine par une solution épaisse de gomme dans laquelle on laisse séjourner l’objet pendant quelques heures. Lorsqu’il est bien imprégné de gomme, on le plonge dans l’alcool à 90°. La gomme

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durcit au bout de quelque temps. On peut alors pratiquer des coupes qu’il suffit de laisser séjourner dans l’eau pour les débarrasser de la gomme.

2° Dilacération. — Certains objets ont besoin d’être dilacérés pour être examinés au microscope (filaments de lin, chanvre, etc.). Cette opération se prépare au moyen de réactifs appropriés, et s’effectue au moyen des aiguilles. Pour obtenir de bonnes dilacérations, on doit opérer sur de très petites portions de l’objet. Tandis qu’on le maintient fixe avec une aiguille, on opère avec l’autre des tractions légères et répétées, dans une direction telle qu’on sépare les éléments sans les briser. Cette opération demande une grande patience pour être bien faite. '

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