CHAPITRE X. — DU PUS
phate de chaux (voy. ce mot) et des cristaux de cholestérine. Lorsque le pus a été desséché, on peut y rencontrer des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien (voy. ce mot). Le pus des abcès froids, outre des cristaux de phosphate de chaux, peut encore contenir des cristaux de carbonate de chaux irréguliers.
Fig. 235. — Pus altéré montrant des leucocytes granuleux, des cristaux aiguillés d’acides
gras et des tables de cholestérine.
Concrétions cristalloïdes du pus. — Sous ce nom, M. Robin a décrit des corps particuliers qu’il a trouvés dans le pus d’abcès profonds et anciens. Ce sont des grains mous, jaunâtres, atteignant un diamètre de 1/10° de millimètre, entourés d’une sorte d’atmosphère, ou couche mince, visqueuse, finement grenue, retenant des leucocytes du pus. Ces grains étaient formés par des corpuscules longs de 2 à 6 centièmes de millimètre, renflés d’un côté, amincis du côté opposé, placés en série, à la suite les uns des autres, de manières diverses, et ces séries étaient groupées, les unes contre les autres, sous forme de rayon autour d’un centre, formé de matière grenue pour composer ces grains. Bien que réfractant fortement la lumière, ayant un centre brillant, un contour net et foncé, les corpuscules étaient dissous, ou du moins fort pâlis, par l’acide acétique et insolubles dans l’ammoniaque et dans l’éther. (Ch. Robin.)
Colorations anormales du pus. — D’après Ch. Robin, le pus provenant du foie peut présenter des colorations différentes: tantôt il est verdâtre ou jaunâtre, quand il est coloré par la
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
bile ; tantôt il offre une coloration rouge lie-de-vin ou brunchocolat, à cause de son mélange avec du sang et avec le détritus de la substance du foie.
Dans la carie des os, l’altération des hématies qui sont mélangées au pus va si loin, que celui-ci peut prendre une coloration noirâtre. D’après M. Robin, cette coloration serait attribuable à l’action du sulfhydrate d’ammoniaque.