‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 269 sur 451 · CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE

solubles même dans les acides faibles. On compare généralement ces cristaux à des catafalques. Le plus ordinairement ils sont transparents ; cependant, dans certains cas, ils sont opaques comme de l’émail et ne peuvent être vus que par la

Fig. 302. — Prismes de phosphate Fig. 303. — Étoiles simples du sel

ammoniaco-magnésien. neutre.

lumière directe. Lorsqu’ils sont conservés dans le baume, ils polarisent la lumière, montrant de magnifiques séries de teintes, lorsque les axes des tourmalines ou du spath calcaire sont croisés dans le microscope polarisant (Golding Bird).

Le même auteur a donné la description de petits calculs de phosphate ammoniaco-magnésien présentant des cristaux de forme particulière. Les concrétions très petites sont généralement composées de prismes aiguillés, groupés régulièrement autour d'un centre commun, de façon à figurer une étoile (fig. 303).

Parfois très simple, l’étoile, grâce au nombre considérable de ses rayons, peut prendre l’apparence sphérique ; Golding Bird a également noté que quelquefois les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien se groupaient à la façon de l’acide urique, le long des filaments de fibrine, provenant soit du rein, soit de la vessie. La forme étoilée ne s’observe guère que si le dépôt s’est effectué très rapidement.

Ce même auteur dit avoir quelquefois observé une variété rare de cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien à laquelle il a donné le nom de penni forme. Ces cristaux n’auraient été observés que dans l’urine fraîche, c’est-à-dire acide, ce qui est en contradiction avec l’observation quotidienne ; d’autre

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part, Hassal (Lancet, avril 1853) aurait reconnu que ces cristaux ne seraient que du phosphate de chaux et ne se rencontreraient pas dans l’urine fraîche. En présence de ces opinions opposées et de la rareté de cette forme cristalline, il nous paraît sage de n’admettre qu’avec la plus grande réserve la cristallisation penw 'forme du phosphate ammoniaco-magnésien.

Fig. 304. — Cristaux penniforraes de sel Fig. 305. — Cristaux étoilés de phosphate neutre. ammoniaco-magnésien.

D’après Golding Bird, l’urine des femmes enceintes laisserait voir à sa surface (voy. Kyestéine ) des cristaux étoilés et foliacés de phosphate ammoniaco-magnésien. Ces cristaux sont souvent très minces et très fins et échappent facilement à l’examen. Par l’action de la lumière polarisée, ils apparaissent revêtus de brillantes couleurs (fig. 305).

11 est très fréquent de rencontrer le phosphate ammoniacomagnésien dans l’urine des personnes atteintes d’une affection soit de la vessie (cystite), soit du canal de l’urèthre (hypertrophie de la prostate, ou rétrécissement du canal). Dans ces cas, l’urine est souvent très riche en globules blancs.

Le phosphate ammoniaco-magnésien se rencontre dans l’urine des diabétiques. Seul, ou accompagné d’urates et de carbonates, le phosphate ammoniaco-magnésien se rencontre dans les incrustations de la muqueuse vésicale et des sondes laissées à demeure dans la vessie ; les cristaux prennent des aspects variés, suivant qu’ils sont colorés par du pus ou du sang.

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