‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 278 sur 451 · CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE

quide. Au moment de rémission, l’urine serait trouble et précipiterait, plus ou moins abondamment.

Lorsqu'elle fait partie d’un sédiment urinaire, la cystine se présente sous forme de cristaux, dont le type est un he-

Fig. 325. — Cystine.

xagone régulier. Ces lames hexagonales ne sont pas toujours ni régulières ni isolées ; le plus souvent même, les cristaux de cystine sont groupés et superposés, de telle façon que l’on n’aperçoit que par transparence les arêtes des lames hexagonales. La réunion de ces cristaux forme des sortes de rosaces, plus foncées au centre qu’à la circonférence.

Les cristaux de cystine se dissolvent bien dans les acides minéraux et dans l’acide oxalique, mais surtout dans l’acide chlorhydrique. L'acide acétique, non plus que l'acide tartrique, ne dissolvent la cystine.

Les alcalis fixes ainsi que leurs carbonates dissolvent la cystine; l’ammoniaque jouit au plus haut point de cette propriété. Le carbonate d'ammoniaque ne dissout pas la cystine.

Lorsqu’une solution ammoniacale de cystine est abandonnée à l’évaporation spontanée, on observe des cristaux isolés. Si l’évaporation a été poussée vite, la cristallisation se fait d’une façon confuse.

La cystine, en raison de l’alcalinité que présente souvent l'urine qui la laisse déposer, est fréquemment mêlée à du phosphate de chaux; l’action de l'acide acétique, qui dissout

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les cristaux de phosphate et laisse intacts ceux de cystine, servira à les différencier facilement.

Si parfois on était tenté de confondre la cystine avec des urates incolores, l'action de la chaleur lèverait tous les doutes, puisque les urates se redissolveraient.

Du reste, l’action dissolvante de l'ammoniaque devra toujours être essayée; — c'est le réactif par excellence de la cystine.

L’urine contenant de la cystine est généralement pâle et huileuse comme l’urine des diabétiques. .L’odeur d'une telle urine, disent les auteurs, est variable ; suivant les uns, cette odeur rappellerait le parfum de la rose sauvage, plus ou moins accentué; moins fréquemment (Golding Bird), l’odeur de l’urine rappelle celle de l’acide sulfhydrique ou de choux pourris. Cette odeur caractéristique peut servir, dit M. Roberts, à faire soupçonner la présence de la cystine, (G6H6AzS204) dans une urine qui contient du soufre et peut ainsi, par sa décomposition partielle, donner naissance à des produits sulfurés ; on a également essayé d’expliquer par une raison analogue (Golding Bird) la coloration verdâtre que prennent, à la longue, les calculs de cystine quand ils sont exposés à la lumière.

Lorsque l’on fait évaporer lentement de l'urine, il arrive que le chlorure de sodium prend des formes cristallines, se rapprochant beaucoup de celles de la cystine. Leur solubilité dans l’eau écartera toute chance d'erreur. Si, au contraire, l’évaporation de l'urine a été très rapide, le chlorure de sodium affecte la forme de glaives ou de croix, et alors aucun doute ne peut subsister.

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