CHAPITRE XI. — DES SÉDIMENTS DE L’URINE
au fond du vase, en cas de maladies des reins, ne sont point formés de matières .grasses, mais de cholestérine. Pour le prouver, le Dr Beale fait dissoudre ces globules dans l’alcool, puis il abandonne le liquide qui cristallise spontanément, en fournissant des cristaux caractéristiques. Il a constaté, déplus, qu’en raison de sa densité supérieure à celle des matières grasses, la cholestérine était plus lourde que l’eau et gagnait ainsi la partie inférieure des matières grasses. M. Méhu a également appelé l’attention sur ce point ; il a fixé la densité de la cholestérine au nombre suivant : 1,047. Si l’on voit presque toujours les cristaux de cholestérine scintiller à la surface des liquides, c’est parce que des bulles de gaz adhèrent soit à la partie inférieure des cristaux, soit même entre les lamelles cristallines, et diminuent ainsi leur densité.
La cholestérine se transforme dans l’intestin en stercorine ou séroline de Boudet.
Dans une affection particulière à laquelle on a donné le nom de cholestérémie, il y a accumulation de cholestérine dans le sang, qui peut en fournir 1,85 pour 1,000 (Méhu). — M. Picot, de Tours (1), dans un cas d’hépatite intestinale à forme atrophique suraiguë, prétend avoir trouvé dans le sang un grand nombre de cristaux de cholestérine. Outre la présence de ces cristaux, M. Picot dit avoir constaté une diminution très notable
(1) Journal de l’ Anatomie, mai 1872.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
dans le nombre des globules rouges, ainsi que des modifications de forme.
La cholestérine, soit qu’elle ait cristallisé dans l’économie, soit qu’on l’ait fait cristalliser artificiellement, se présente sous la forme de grandes tables rhomboïdales, à côtés parallèles et à angles aigus. Les cristaux sont souvent très grands et quelquefois superposés. Grâce à la transparence de la cholestérine, la superposition des cristaux n’est pas un obstacle à la détermination de leur forme.
La cholestérine est soluble dans l’alcool chaud et dans un mélange à parties égales d’alcool et d’éther ; le chloroforme en dissout environ le quart de son poids; elle est également soluble dans la benzine et le sulfure de carbone.
Lorsque la cholestérine est très sèche et qu'on la traite par l’acide sulfurique concentré, on obtient une magnifique série de couleurs, passant par les diverses nuances de l’orangé, du rouge, du pourpre et du vert (Harley, Zwenger).
Les solutions alcalines n’attaquent pas la cholestérine. Au contact d’un peu d’iode et d’acide sulfurique concentré, la cholestérine se colore en violet, en bleu et en rouge (Méhu). En présence du chlorure de zinc et de l’iode, la cholestérine se colore en vert-bleu ou violet. Ces réactions peuvent être répétées sur le champ du microscope.
Parfois les tables de cholestérine sont si minces, que pour apercevoir nettement leurs contours, il faut adapter au microscope un diaphragme latéral ou central.
D’une façon générale on peut dire que la recherche de la cholestérine est très facile en raison de la netteté et du volume de ses cristaux.
§ 22. — CYSTINE.
Cette substance a été découverte dans un calcul et décrite pour la première fois par Wollaston. La cystine n'existe pas dans l'urine normale, et elle a été rarement observée dans les sédiments urinaires. Lorsqu’elle se présente dans l'urine, cette substance forme un dépôt pulvérulent presque blanc; tantôt, au contraire, elle reste suspendue dans le li-