‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 29 sur 451 · RÉACTIFS · texte numérisé non relu

RÉACTIFS

Sujets d’étude. — Pour cette étude on emploiera de préférence des tissus très jeunes, dont les éléments sont gorgés de protoplasma. On fera des coupes modérément fines sur les extrémités des tiges ou des racines. On pourra également appliquer les réactifs que nous allons indiquer aux zopspores d’un grand nombre de cryptogames. Ces zoospores en effet sont dépourvues de membrane d’enveloppe et presque uniquement formées de protoplasma. Enfin, si l’on veut agir sur de grandes quantités de protoplasma, on aura recours à certains champignons myxomicètes, dont une espèce très commune sur le tan et très facile à élever, Yæthalium septicum (1), sera un sujet d’étude à la portée de tous et d’autant plus convenable qu’il atteint des dimensions remarquables. Nous indiquerons d’ailleurs, dans le courant de cet exposé, divers exemples particulièrement instructifs.

Nature chimique du protoplasma. — Le protoplasma appartient au grand groupe des matières azotées ou albuminoïdes.- 11 s’organise en effet au moyen des quatre éléments,

(1) On se procure facilement la fleur de tan dans les tanneries. Pour conserver et élever ce champignon, il suffit de placer sur une assiette creuse une certaine quantité du tan qui le porte, puis, après l’avoir imbibé d’eau, de recouvrir d’une cloche afin d’empêcher l’évaporation.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

carbone, oxygène, hydrogène et azote. De composition un peu variable dans les différentes cellules où on l’étudie, il peut être considéré, d’après Hunt et Berthelot, comme un amide complexe formé par l’association de la glvcolammine, de la leucine, de la tyrosine, etc., avec divers composés oxygénés qui appartiennent d’une part à la série des acides gras, d’autre part à la série benzoïque. La composition chimique du nucléus est la même, comme on devait s’y attendre, puisque celui-ci n’est autre chose que le résultat d'une sorte de condensation d’une portion du protoplasma.

Réactifs. Mode d’emploi. — Les réactifs sont ceux de toutes les matières azotées. Dans leur emploi il faut toutefois tenir compte du fait suivant :

Le protoplasma en pleine activité vitale ne se comporte pas de la même manière que le protoplasma qui a cessé de vivre. Le protoplasma vivant se montre en effet très réfractaire à la plupart des réactifs, et s’il paraît, dans certains cas, être influencé, c’est qu’il a été tué préalablement par le réactif employé. On peut s’assurer de ce fait de la manière suivante : que l’on prenne des solutions aqueuses , inoffensives par conséquent, de matières colorantes de fleurs ou de fruits, et l’on verra qu’il est impossible d’obtenir une coloration même très faible du protoplasma vivant (1). Yient-on au contraire à tuer ce dernier par l’addition d’alcool, par exemple, on observera bientôt une coloration. Bien plus, le protoplasma mort, s'emparant d’une grande quantité de matière colorante, devient bientôt plus foncé que la solution employée ; et, à ce sujet, il est bon de noter que le noyau, portion condensée du protoplasma, s’empare par cela même d’une plus grande quantité de matière colorante, si bien qu'on peut le rendre très visible et nettement délimité dans les cellules où on ne l’apercevait d’abord que difficilement.

Les réactifs que l’on peut mettre en usage pour caractériser le protoplasma se peuvent diviser en trois groupes, .d’après leur mode d’action :

(1) Que l’on examine d’ailleurs les tissus colorés si variés des corolles ou autres parties de plantes, et l’on y verra que la matière colorante répartie dans le suc cellulaire laisse parfaitement intact le protoplasma.

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