CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
Réactifs colorants.
— dissolvants.
— coagulants.
Réactifs colorants. — 1° Le carmin, l’indigo, la cochenille sont absorbés avec avidité par le corps cellulaire et le noyau morts. On ne doit employer ces réactifs que dans les cas où le protoplasma n’est pas caché à l’observation par la présence d’une matière colorante propre à la cellule, et en particulier par la chlorophylle, qui remplit souvent à tel point les cellules, que les réactifs colorants ne sauraient être d’aucune utilité. Ces derniers pourront être usités dans les cas de cellules à protoplasma incolore, telles que celles qui forment les tissus de la plupart des champignons, ou dans les plantes plus élevées en organisation, les cellules épidermiques, les extrémités jeunes des rameaux, etc.
2° Le protoplasma étant traité par Y eau sucrée , puis l’excès de liquide enlevé au moyen d’un pinceau, si l’on fait intervenir Yacide sulfurique , on obtient une coloration qui varie du rose clair au rose-rouge. La même coloration résulte de l’emploi d'un excès d’acide sulfurique anglais concentré. Cette dernière réaction réussit particulièrement bien si l’on agit sur les cellules d’un tissu qui pendant un certain temps a été plongé dans l'alcool. On constate alors que le corps cellulaire privé d’eau et contracté sous l’influence de l’alcool se colore immédiatement en rouge vif par l’acide sulfurique et se réunit rapidement au milieu de la cellule en une ou plusieurs gouttelettes d’aspect huileux.
3° Si l’on fait agir Y iode en dissolution, soit dans l’eau pure ou additionnée d’iodure de potassium, soit dans l’alcool, le protoplasma prend une coloration jaune-brun caractéristique
4° Le réactif suivant peut être également employé. Il consiste à imbiber le tissu avec une dissolution de sulfate de cuivre , puis, après avoir enlevé l’excès de liquide, à ajouter une goutte de potasse ; immédiatement le protoplasma prend une belle coloration violette.
3° Traité par l’acide azotique, lavé, puis additionné de potasse, le protoplasma se colore en jaune plus ou moins orangé.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
6° Le réactif de Millon (dissolution acide de nitrate mercurique) donne au protoplasma, avec l’aide de la chaleur, une couleur rouge foncé.
Réactifs dissolvants. — Alcalis. — Les alcalis dilués ont la propriété de rendre le protoplasma diffluent, et semblent le dissoudre, car, en perdant sa forme primitive et devenant homogène, il se confond avec le reste du contenu de la cellule. L’ammoniaque ordinaire, par exemple, d’après J. Sachs, dissout en deux heures le protoplasma et le noyau dans les cellules des fruits de courge. Mais ce n’est point là une destruction du protoplasma, car on peut le faire réapparaître : il suffit pour cela de neutraliser la préparation au moyen d’une goutte d’acide acétique, qui, avec addition ultérieure d’iode, précipite bientôt le protoplasma sous forme d’une masse jaune et granuleuse.
Il est à remarquer que les alcalis concentrés n’ont pas la même action que lorsqu’ils sont dilués. On peut laisser le protoplasma en contact avec une lessive concentrée de potasse, et celui-ci restera intact pendant des journées entières.
Réactifs coagulants. — Acides. — Les acides dilués , et particulièrement l’acide acétique, sont fréquemment employés pour déterminer la coagulation du protoplasma qui se rassemble alors au milieu de la cellule. Il est même à remarquer qu’un excès d’acide acétique finitpar dissoudre le protoplasma en même temps qu’il rend le noyau plus brillant. Cette propriété rend l’acide acétique très utile pour éclaircir les préparations de tissus.
Alcool. — L’alcool agit de diverses manières sur le protoplasma, suivant son degré.
L’alcool absolu durcit les tissus, tue le protoplasma, mais ne le coagule que d’une manière peu sensible. Il fixe le protoplasma en l’état où il se trouvait au moment de l’emploi du réactif ; c’est là une action très précieuse, comme nous aurons plus tard de fréquentes occasions de le reconnaître. On pourrait employer dans le même but l’acide osmique.
L’alcool à 90° se place au premier rang des réactifs coagulants. Sous l’influence de ce réactif, le protoplasma, diversement réparti dans la cellule, se contracte, revient sur lui-