I. LOUPES
Les loupes les plus simples consistent en une seule lentille convergente, à foyer d’autant plus court qu’on veut obtenir un plus fort grossissement. En prenant des lentilles à foyer très-court on pourrait donc amplifier considérablement les objets, mais on s’aperçoit très-rapidement qu’il y a une limite qu’on ne saurait dépasser. En effet, le champ de vision devenant plus restreint à mesure que la distance focale de la lentille diminue, l’image perd bientôt sa netteté.
Un autre inconvénient résulte de l’aberration de sphéricité qui devient très-sensible dans les lentilles à pouvoir grossissant un peu élevé.
Correction des loupes. — On arrive cependant à corriger cette aberration en supprimant les rayons lumineux qui arrivent à l'œil après avoir traversé les bords de la lentille. Pour cela on noircit les bords de la lentille, ou bien encore on interpose entre l’œil et la loupe un diaphragme qui ne laisse passer que les rayons du centre. On arrive ainsi, avec des grossissements assez puissants, à obtenir des images nettes. Il est vrai qu’elles sont moins éclairées.
Loupes montées. — Les lentilles grossissantes, pour être facilement maniées, sont montées dans des armatures de modèles divers suivant les besoins. Ordinairement elles sont enchâssées dans des cercles de corne ou de laiton noirci.
Lorsqu’on veut employer ces loupes aux dissections fines, il convient de les adapter à des supports qui permettent le libre usage des deux mains. On a construit pour cela des pieds porte-loupe de différents modèles.
Diverses conditions doivent être exigées dans la construction de ces appareils. Le pied doit être muni de branches articulées de manière à permettre de diriger la loupe qu’on y fixe, dans tous les sens possibles. 11 doit être très-lourd, pour assurer la stabilité indispensable à une bonne observation.
Ces conditions sont généralement remplies dans les divers modèles d’instruments que l’on construit. Le pied porte -loupe articulé à crémaillère de M. Nachet (fig. 1), ainsi du reste que maints autres modèles, répondent à tous les besoins.
On doit toutefois, lorsqu’on fait l’acquisition d’un pareil instrument, s’inquiéter avec soin de l’état des articulations qui doivent être assez fortes pour supporter sans céder le poids des loupes que l’on désire y adapter, et en même temps n’ètre point trop serrées, de manière à permettre un jeu facile des diverses parties de la branche.
Nous avons dit qu’avec une seule lentille on n'obtient que de faibles grossissements. Aussi construit-on de petites loupes de poche formées de plusieurs lentilles séparément enchâssées dans des cercles de corne ; ces lentilles ont un pouvoir grossissant différent, et en les superposant on peut obtenir des grossissements relativement considérables.
lioupe *le Ilrewster, dite de Colling’toii . — NOUS mentionnons particulièrement la loupe de Brewster qui donne d’exccl-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
lentes images et un fort grossissement. — Elle se compose d’un cylindre de verre dont les extrémités présentent des courbures qui en forment un appareil grossissant. A sa partie médiane, le corps du cylindre est taillé de manière à donner à l’ensemble la forme d’un sablier. La surface taillée est noireie et joue le rôle d’un diaphragme qui livre passage aux seuls rayons du centre et arrête ceux de la circonférence. Enfin le cylindre de verre est enfermé dans un tube en cuivre muni d’un manche.
Emploi des loupes. — Pour regarder un objet à travers une loupe et l’apercevoir aussi amplifié que possible, on doit le placer entre le foyer et la lentille, très près du foyer. L’œil de l’observateur doit être placé de l’autre côté près de la lentille.
L’emploi des loupes offre deux avantages :
1° Amplification de l’image ;
2° Eclairage plus intense de l’image.
La lentille convergente qui forme la loupe permet en effet de voir distinctement à une petite distance un objet que sans elle l’œil ne voit nettement qu’à une distance de 22 centimètres (distance moyenne de la vue distincte). L’objet étant rapproché de l’œil, l’angle visuel augmente et par suite l’image est amplifiée. D’autre part elle est plus éclairée, car un certain nombre de rayons lumineux qui sans la lentille iraient frapper sur les côtés de l’œil, pénètrent par la pupille grâce à l’action convergente de l’intermédiaire employé.
D’après ce que nous venons de dire, il est superflu d’ajouter que les myopes sont favorisés dans l’étude des petits objets. Étant obligés pour voir nettement l’objet de le rapprocher davantage de la lentille, l’ouverture de l’angle visuel augmente, et en même temps la grandeur de l’image.
La loupe est un instrument très -utile dans beaucoup de recherches peu approfondies sur la structure des objets d’histoire naturelle. Pour suppléer à leur insuffisance manifeste dans beaucoup de circonstances, on a construit des instruments que nous allons décrire, et qui ont reçu le nom de doublets.