DOUBLETS
Wollaston (1820) eut le premier l’idée de construire ces appareils. Modifiés plus tard par Chevalier, ils constituent aujourd’hui d’excellents instruments. La loupe, avons-nous dit, ne peut être utilisée pour obtenir des grossissements un peu forts parce qu’avec la courbure de la lentille augmente l’aberration de sphéricité. On en est réduit alors pour corriger cette aberration à n’employer que la partie centrale de la lentille, correction qui entraîne la diminution du champ de vision et de l’éclairage.
Pour construire le doublet on s’est fondé sur les principes suivants :
1° Les lentilles plan-convexes donnent lieu, lorsqu’elles reçoivent les rayons lumineux parleur face plane, à une aberration de sphéricité moindre que les lentilles biconvexes.
2° Deux lentilles superposées produisent une aberration de sphéricité beaucoup moindre qu’une seule lentille dont la longueur focale est égale à celle de l’assemblage des deux premières (Robin, Microscope , loc. cü.).
Les doublets sont donc formés de deux lentilles plan-convexes superposées dont les faces planes sont tournées vers l’objet. De ces deux lentilles, l’inférieure est plus large que la supérieure. Entre elles on interpose un diaphragme. Le tout est monté dans une garniture qui maintient fixe l’écartement des diverses pièces. Les deux lentilles du doublet agissent quant au pouvoir amplifiant et à la formation de l’image comme une loupe dont la longueur focale serait égale à celle du système de ces lentilles agissant ensemble. Le doublet est donc un microscope simple.
Pour les dissections, ces doublets sont disposés sur des pieds de modèles divers. Le microscope simple que construit M. Yerick nous a toujours paru d’un excellent emploi. Il se compose d’une colonne en cuivre, creuse et munie d’une crémaillère portant à son extrémité une branche en cuivre horizontale terminée par un anneau dans lequel on place le doublet. Cette branche horizontale est susceptible de mouve-
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ments de latéralité ; de plus elle est formée de deux tubes emboîtés ; l’intérieur qui porte le doublet à son extrémité glisse à frottement doux dans le tube extérieur et est muni d une vis de rappel comme un mouvement lent de microscope, de telle sorte que le doublet peut par son intermédiaire être dirigé en avant ou en arrière suivant le besoin.
A cette partie de l’appareil est jointe une platine percée en son centre d’une ouverture pour l’éclairage que l’on obtient au moyen d’un miroir articulé disposé au-dessous. Enfin de cha¬
que côté de la platine, se trouve un plan incliné, qui, en offrant aux mains un solide point d’appui, ajoute singulièrement à la sûreté des dissections. Ces plans inclinés sont soutenus par un bâti en bois dans lequel sont ménagés des tiroirs pour les pinces et autres accessoires, et pour les doublets.
Les modèles de Nachet (lig. 2) et de Chevalier (fig. 3), que nous reproduisons, sont également de bons instruments.