‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 300 sur 451 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DU SPERME

M. Robin en a donné une description très détaillée. La forme de ces petits calculs est extrêmement variable ; leur coloration est jaune d’ambre plus ou moins foncé. Quelquefois ils sont tellement colorés, qu’on les a comparés soit à des grains de tabac, soit à des fragments de café torréfié et moulu. Observés au microscope, ils ont une coloration rougeâtre, ce qui autorise à croire qu’ils dérivent des matières colorantes du sang. Ces concrétions ont une structure tout à fait spéciale ; elles sont formées de couches concentriques#régulièrement disposées, tantôt minces, tantôt épaisses, alternées ; généralement, les plus minces sont les plus extérieures. Traitées par l’acide acétique ou par l’acide chlorhydrique, elles ne font que devenir un peu plus pâles, sans quJil y ait dégagement de gaz. Ce dernier acide les gonfle et les ramollit. Quand elles sont devenues opaques, ces acides dégagent des bulles gazeuses. La teinture d’iode les colore en brun rougeâtre ou brun jaunâtre. Elles brûlent sans laisser de résidu appréciable (Ch. Robin).

Un peu avant l’éjaculation, les glandes de Méry ou de Cooper fournissent également une liqueur qui se mélange au sperme. Ce liquide est sécrété pendant l'érection ; il est hyalin, filant et visqueux et communique les mêmes caractères au sperme. Il ne renferme aucun élément anatomique. Ce fait, sur lequel insiste justement M. Robin, doit être retenu, parce que le liquide des glandes bulbo-uréthrales, peut être pris pour du sperme, soit par des malades, surtout par des hypocondriaques, soit même par le médecin. L’examen microscopi que du liquide permettra de rassurer les malades. Le mucus du canal de l’urèthre, ou des glandes de Littré , est également entraîné par le sperme, au moment de l’éjaculation ; il renferme quelques cellules épithéliales pavimenteuses ou polyédriques, provenant du canal de l’urèthre. Il se rencontre parfois, dans le sperme éjaculé, sous forme de filaments finement striés, se gonflant lentement dans l’eau sans s’y dissoudre. Ces flocons ou filaments de mucosine, ont été quelquefois considérés à tort comme de la fibrine (Ch. Robin).

Maintenant que nous avons énuméré les éléments secondaires, qui constituent le liquide spermatique, nous allons revenir avec détails sur l’élément le plus important, celui sans

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lequel il n’y a pas de sperme, dans le sens physiologique du mot, c’est-à-dire le spermatozoïde.

La découverte des spermatozoïdes est due à Leeuwenhoek (1). Mais, ce n’est que depuis une quarantaine d’années, que leur existence dans le sperme a été généralement admise. C’est ainsi qu’en 1833, de Blainville, dans son cours de physiologie professé au Muséum, niait énergiquement l’existence des spermatozoïdes. DeBlainville admettait bien, dansle liquide spermatique, l’existence 5e petites masses gélatiniformes, plus ou moins arrondies, ovales, et ayant une partie prolongée en forme de queue, «semblables en un mot aux dessins que Buffon et d'autres observateurs nous ont donnés des prétendus animalcules spermatiques, » mais pour lui, la forme ovalaire des petites masses, dépendait delà manière dont elles étaient éclairées. Quant à la queue, elle était formée par la matière glutineuse et visqueuse du sperme, adhérant fortement à la petite masse arrondie, cherchant en un mot à la retenir. L’appendice caudal du spermatozoïde résultait donc uniquement du contact de deux matières de densité différente. De Blainville termine sa démonstration en disant : « Mais, c’est assez nous arrêter à une illusion d’optique, qui a malheureusement séduit un grand nombre de personnes, depuis Leeuwenhoek, l’un de ses premiers fauteurs, jusqu’à MM. Prévost et Dumas, qui, dans ces derniers temps encore, ont soutenu l’existence des animalcules spermatiques. »

Cet exemple montre bien que si les observations positives ont parfois grand mal à faire leur chemin, elles finissent toujours par s’imposer, en dépit des obstacles.

Les spermatozoïdes sont des éléments anatomiques doués de mouvements ondulatoires ; ils sont libres, dépourvus de noyaux, incapables de se reproduire, triple caractère qu’ils partagent avec les hématies f3. Pouchet). On a l’habitude de considérer les spermatozoïdes de l’homme comme constitués

(1) D’après le Dr Gosse les spermatozoïdes auraient été découverts en 1677, par Louis Hammon, étudiant de Dantzig, et dans la même année, ainsi que dans l’année suivante, décrits par Leeuwenhoek. Baudrimont dans sa thèse de concours p. 19, dit que c’est à Hartœker que l’on devrait cette découverte qu’il aurait faite en 1655. L’auteur n’a pas pu vérifier le fait.

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