CHAPITRE XIII. — DU SPERME
par deux parties distinctes : une tête ou disque, un appendice filiforme ou queue. Leur longueur totale est de 50 g, la tête seule mesure environ, 5 [x sur A u de large , elle a de 1 à 2 p. d’épaisseur. D’après M. G. Pouchet, auquel nous empruntons cette description et la figure ci-contre, la tête du spermatozoïde serait légèrement déprimée. C’est ainsi que, vue de profil, elle offre l’aspect qui est représenté sur la figure et semble être aplatie verticalement. Les spermatozoïdes, dit M. Pouchet, ont une symétrie bilatérale manifeste; une des faces est un peu bombée, l’autre est excavée, mais seulement en avant; pour la même raison, le spermatozoïde vu en dessus, est transparent à la partie antérieure et un peu plus foncé en arrière (. Précis d'histologie humaine , p. 727).
L'appendice filiforme ne serait pas d’avantage exactement implanté sur le bord de la tête; son point d’attache est légèrement reporté vers la face excavée du disque « un peu à la manière du manche d’une cuiller. » Il semblerait de plus, dit M. Pouchet, qu’on distinguerait une sorte d’articulation qui unirait les deux parties du spermatozoïde, au delà de laquelle, Fis* 350- — Spermatozoïdes de la queue se renfle un peu. Les contours de celle-ci ne sont pas toujours aussi nets vers son origine, qu’à son extrémité effilée; elle est souvent environnée, au voisinage de la tête, d’une sorte de frange irrégulière (V. hg- 350) qui paraît être un débris du corps cellulaire, aux dépens duquel s’est formé le spermatozoïde.
La queue mesure à l’origine moins de 1 a de diamètre, et va en s’amincissant progressivement jusqu’à son extrémité : c’est assurément, ditM. G. Pouchet, de toutes les parties de l’organisme humain, même de tout le monde microscopique, un des objets les plus ténus qu’il soit donné à l’homme de contempler.
Godard, qui a examiné le sperme d’un grand nombre d’individus, a observé dans quelques cas, des spermatozoïdes très
petits, parfaitement formés et doués de mouvements très vifs et rapides ; la vitalité de ces spermatozoïdes paraissait être plus énergique et d’une plus longue durée.
Les spermatozoïdes sont animés d’un mouvement de progression assez rapide, qui est le résultat d’une ondulation totale, dans laquelle la tête se déjette alternativement à droite puis à gauche. La rapidité du mouvement de translation des spermatozoïdes a été évaluée à 60 g. par seconde, c’est-à-dire qu’en une seconde, ils parcourent une partie de l’espace à peu près égale à leur propre longueur. Ce mouvement de propulsion est suffisamment énergique pour faire cheminer le spermatozoïde à travers un liquide visqueux et pour lui permettre d’écarter de sa route, des cristaux beaucoup plus volumineux que lui, qui se sont déposés par suite de la concentration du sperme, par évaporation.
M. G. Pouchet ( loc . cit.) a fait à propos des spermatozoïdes une remarque d’un grand intérêt. Laissant de côté toutes les théories qui ont été émises sur la nature du spermatozoïde, théories qui, à l’heure actuelle, n’ont pas un fondement scientifique bien solide, ce savant anatomiste appelle l’attention sur la symétrie bilatérale du spermatozoïde, caractère qui ne se retrouve pas dans les autres éléments anatomiques, lesquels sont tous, si On les suppose ramenés à leur forme normale, des solides de révolution. Les spermatozoïdes seuls font exception à cette règle, aussi bien ceux de l’homme que ceux des autres mammifères, tels que les rongeurs, où la forme symétrique de chaque côté d’un plan médian est encore plus accusée (G. Pouchet, loc. cit., p. 729).
Nous serons brefs sur le développement des spermatozoïdes, que nous ne pouvons passer sous silence, en raison des débris de cellules qu’ils emportent parfois. Différentes théories ont été données sur le mode de développement des spermatozoïdes. Les explications de KÔlliker ne sont plus généralement admises, les renseignements qui suivent sont empruntés à l’ouvrage de G. Pouchet et Tourneux. L’étude du développement des spermatozoïdes est difficile à faire chez l’homme, parce qu’on peut difficilement se procurer des testicules frais, aussi les auteurs ont-ils fait porter leurs recherches sur le testicule du rat, qui présente des avantages particuliers. La longueur du spermatozoïde chez cet animal est de 144 y. (Neumann). Les