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CHAPITRE XIII

DU SPERME

éléments anatomiques qui donnent naissance aux spermatozoïdes ont reçu le nom de spermatoblastes. On les rencontre dans les canalicules spermatiques, avec les cellules testiculaires. « Les spermatoblastes sont des éléments allongés, dans leur forme générale, reposant directement sur la paroi propre des canalicules. L’ensemble des bases de ces cellules vues à travers la paroi du canalicule figure une

Fig. 351. — Éléments des canalicules séininifères du rat après macération dans la liqueur de Müller. — A. Mosaïque formée par la base des spermatoblastes (Gross. 250/1). — B. Cellules testiculaires, une d’elles a deux noyaux. — C. Spermatoblaste, présentant contre sa base une cellule testiculaire. — 1). Spermatozoïde récemment détaché (à un grossissement plus fort), avec un fragment du corps du spermatoblaste adhérent à la . tète. . . i

sorte de mosaïque régulière composée de pièces polygonales à cinq ou six faces. Chaque spermatoblaste offre dans cette base un noyau ovoïde, clair, nucléolé, mesurant de 15 à 18 y. de diamètre. Au-dessus de la base, le corps de la cellule se rétrécit subitement, il présente à sa surface des dépressions séparées par des crêtes et qui répondent aux cellules testiculaires, au milieu desquelles est enchâssé le spermatoblaste ; puis il se termine par une extrémité plus ou moins irrégulièrement découpée et rameuse, tournée vers l’axe du canalicule. »

Les cellules testiculaires présentent moins d’intérêt pour nous, parce qu’on n’est pas encore bien fixé sur les rapports de ces cellules avec les spermatoblastes. Ce sont des éléments sphériques ou légèrement polyédriques; ils entourent les spermatoblastes et leurs prolongements, qu’ils dépassent parfois du côté de la cavité du conduit. Ils se logent dans les excavations de la partie moyenne des spermatoblastes, et possèdent de un à deux noyaux. 11 ne faut pas confondre ces cellules, avec les cellules volumineuses que l’on peut trouver à la surface du revêtement cellulaire des canalicules spermatiques, et qui renferment de huit à vingt petites vésicules claires, décrites sous le nom d’ovules mâles par Ch. Robin, de cellules mères par

GUIPE DE MICROGRAPHIE.

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quelques auteurs; leur rôle physiologique est encore obscur (G. Pouchet et Tourneux).

Revenons aux spermatoblastes : à un certain moment l'extrémité rameuse du spermatoblaste qui, nous l’avons vu plus haut, est tournée vers l’axe du canalicule spermatique, se renfle ; chacun de ses prolongements prend une forme ovoïde et devient le centre de formation d’un spermatozoïde. Bientôt on distingue, appliquée contre chacun de ces prolongements, la queue d’un spermatozoïde qui en dépasse l’extrémité et flotte dans la cavité centrale du canalicule spermatique. La tête est encore indistincte, elle se forme dans l’intérieur môme du spermatoblaste, au niveau de l’étranglement qui sépare la base du spermatoblaste de ses prolongements. A mesure que le spermatozoïde, toujours adhérent par la région qui répondra à sa tête, se développe, il entraîne avec lui le bourgeon dont il procède; puis la tôte se détache à son tour du spermatoblaste et le spermatozoïde devient libre, emportant ce qui reste encore du bourgeon aux dépens duquel il s’est développé. C’est ce résidu qui adhère à la queue du spermatozoïde et qui a été représenté sur la figure empruntée à l’ouvrage de MM. Pouchet et Tourneux (fig. 351). Ce reste de bourgeon finit par disparaître. On peut le considérer, comme le dit d’une façon si originale M. Pouchet, comme un viatique, que le spermatozoïde emporte avec lui et qu’il absorbe progressivement dans les premiers temps de sa vie indépendante. Ce résidu est toujours limité par un trait aussi nettement accentué que le spermatozoïde lui-même; au contraire, les fragments du spermatoblaste qui peuvent rester adhérents soit à la tôte, soit à l’extrémité de la queue du spermatozoïde, se présentent sous l’aspect d’un léger voile granuleux.

Il peut arriver que les prolongements du spermatoblaste ou bourgeon, ne produisent pas de spermatozoïdes; alors ils se développent d’une façon considérable, se renflent à leur extrémité, prennent un aspect pyriforme et finalement se détachent des spermatoblastes. Ils sont formés d’une substance hyaline qui est colorée uniformément dans toutes ses parties par le carmin (Pouchet et Tourneux, loc. cit., p. 730) (1).

(1) En portant ses observations sur la glande sexuelle des mollusques gastéropodes, Mathias Duvala pu observer avec une grande netteté la formation des spermatozoïdes, car chez ces animaux les éléments spermatiques sont relativement très longs, et en suivant attentivement l’état de la glande pendant l’hiver, le printemps et l’été, on a successivement sous les yeux les diverses formes de l’évolution spermatique : quand on observe seulement pendant la saison chaude, toutes ces formes se trouvent côte à côte, et il est alors difficile d’établir avec certitude le véritable ordre de passage de l’une à l’autre. — Dans les circonstances sus-indiquées, on voit que les cellules épithéliales des culs-de-sac glandulaires, grossissent et sont le siège d’une formation endogène de noyaux ; ceux-ci se portent â la périphérie et deviennent le centre d’autant de bourgeons, auxquels l’auteur réserve le nom de

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