CHAPITRE XIII. — DU SPERME
le sperme d’individus n’ayant plus de spermatozoïdes, à la suite d’épididymites doubles. La substance qu’ils constituent est susceptible de s’étirer en forme de larmes, de fuseaux plus ou moins effilés, de filaments cylindroïdes subdivisés ou non, avec ou sans anastomoses réticulées ou fasciculées, offrant les aspects les plus variés. Elle n’est pas attaquée par l’eau. L’acide acetique pâlit cette substance, y fait apparaître les leucocytes ou les spermatozoïdes qu’elle englobe, puis la dissout ou la liquéfie ; elle se liquéfie spontanément avant le début de la putréfaction (Ch. Robin, Traité du microscope , p. 489).
Pour bien examiner le sperme, il faut se servir d’un grossissement d’au moins 400 diamètres. L’examen du sperme fraîchement éjaculé, n’exige généralement pas l’addition d’un liquide quelconque pour le diluer; si au début l’examen des spermatozoïdes peut être rendu difficile par la rapidité de leurs mouvements, par suite de l’évaporation, le sperme se concentre, et les mouvements des spermatozoïdes deviennent plus lents. Dans la majorité des cas, il suffit de placer une goutte de sperme entre deux lamelles de verre. Quand on veut observer les mouvements des spermatozoïdes, pendant un certain temps, il est nécessaire de maintenir la préparation à une température de 30° à 33° environ.
Dans certains cas, on peut avoir à examiner du sperme pour se prononcer sur l’existence ou la non-existence des spermatozoïdes. Ce contrôle est souvent demandé par les personnes qui, après plusieurs années de ménage, n’ont pas d’enfants. L’examen microscopique tranche généralement la question ; lorsque cet examen a été pratiqué à plusieurs reprises, et que les résultats qu’il a fournis ont toujours été négatifs, en ce qui concerne la présence des spermatozoïdes, on peut en déduire que l'impuissance est le fait du mari. Cette déduction sera encore corroborée, si la personne a eu autrefois une épididymite double, d’où est résultée l’oblitération des canaux épididymaires. Quand on s’est formé une opinion basée sur plusieurs examens microscopiques, pratiqués à des époques successives, il peut être quelquefois sage de ne pas dévoiler au malade la vérité exacte et de laisser une porte ouverte à l’espérance d’une guérison, ou d’ajouter, par la pensée, quelques sper-
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
matozoïdes rares et incomplets, àla liqueur spermatique. Outre qu’en agissant ainsi, on ne risque pas d’assombrir la vie d’un homme, et de la condamner presque fatalement à l’hypocon-. drie, on se met à l’abri de certaines surprises qui peuvent sur-
Fig. 354. — Sperme de l’homme (Liégeois) — aa. Spermatozoïdes normaux, à spermatozoïdes à petites têtes que l’on trouve chez certains sujets. — b. Cellule épithéliale pavimenteuse. — c. Leucocyte, fines granulations de l’humeur prostatique éparses. — <1. Cristaux de phosphate de magnésie.
venir, comme l’apparition d’une grossesse, par exemple, grossesse qu’il serait peut être difficile d’expliquer si on n’avait pas fait à l’avance quelques réserves.