‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 306 sur 451 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DU SPERME

dans ces affections utérines si fréquentes et aussi, pendant la période congestive que précède la menstruation. Tyler Smith (1), qui a étudié les caractères microscopiques du mucus utérin, a reconnu que le mucus du col était très tenace, ce qui est d’une observation journalière, gluant, demi-solide, transparent, ne tenant en suspension aucun élément anatomique, sauf quelques cellules prismatiques granuleuses et souvent un assez grand nombre de leucocytes. Le mucus du corps est, au contraire, très visqueux, demi-liquide, grisâtre ; il tient en suspension de nombreuses cellules épithéliales prismatiques ou cylindriques, munies ou non de cils vibratilcs, des amas de grosses cellules sans enveloppes, mais à noyau volumineux et à protoplasma granuleux, enfin, même dans les conditions physiologiques, un assez grand nombre de globules graisseux.

En raison de son alcalinité, le mucus utérin a, sur les spermatozoïdes, une action toute spéciale ; ils peuvent vivre à son contact pendant fort longtemps. Donné avait remarqué que le mucus utérin permettait aux spermatozoïdes de se mouvoir avec autant de facilité que dans la liqueur séminale môme ; plus récemment, Marion Sims, cité par MM. Duval et Lereboullet, et le docteur Percy, de New-York, ont cherché combien de temps les spermatozoïdes pouvaient vivre dans l'utérus. Le docteur Percy a retrouvé quelques spermatozoïdes vivants, dans le col utérin, huit jours et demi, après le dernier rap. prochement sexuel. Pour Marion Sims, les spermatozoïdes ne vivraient pas plus de douze heures dans le mucus vaginal et on pourrait en trouver dans le mucus utérin, plus de quarante heures après le dernier coït,

Comme nous le verrons ci-après, il peut devenir nécessaire, afin de rechercher la cause de la stérilité chez une femme, d’examiner les caractères physiques et chimiques du mucus vaginal et utérin, et de rechercher même, l’action exercée par ce mucus complexe sur la vitalité des spermatozoïdes. Voici comment Marion Sims conseille d’opérer (2) : « Supposons que nous devions examiner le mucus vaginal aussitôt après le coït, c’est-à-dire dans l’espace d’une heure : on recommande à la femme de vider la vessie avant •l’acte, et de rester tranquillement couchée sur le dos, jusqu’au moment de l’exploration. Pour recueillir quelques gouttes du liquide contenu dans le vagin, il faut y introduire l’index, opérer une pression en bas et en arrière, sur la paroi postérieure, précisément audessous du col utérin. La semence s’amasse nécessairement dans la poche formée par cette pression; on l’aspire alors au moyen d’une seringue. 11 importe, avant de procéder à cette manipulation, de débarrasser le vagin de tout le mucus qu’il peut contenir, afin

(1 ) The pathology and the treatment of leucorrhæa, cite par Courty ; Traité de maladies de l'utérus et par Duval et Lereboullet; Manuel du Microscope, p. 372.

(2) Cité par Duval ét Lereboullet, p. 377.'

que la seringue ne puisse en recueillir une portion qui viendrait se mêler à celui du col et nuire par conséquent à la précision de l’observation. Pour recueillir le mucus sur un point plus élevé, vers la cavité utérine, on doit enfoncer la seringue d’un pouce dans le canal cervical, et conduire l’opération avec beaucoup de délicatesse ; il est bon que le bout de la seringue présente une forme bulbeuse : ce renflement, qui remplit l’orifice et le canal du col, empêche l’air d’entrer dans cet instrument, ainsi que M. Marion Sims l’a vu, quand l’extrémité de la seringue était allongée et terminée en pointe.

Antérieurement à ces recherches, Donné, auquel on ne rend pas suffisamment justice, avait étudié directement l’action du mucus utérin des femmes stériles, sur les spermatozoïdes. Au premier abord, ce mucus ne présentait rien de particulier, mis au contact des spermatozoïdes, il les tuait rapidement. Tous ces mucus étaient alcalins, dit Donné; tantôt ils étaient purs et transparents, tantôt ils étaient opaques et purulents. Il était difficile d’assigner une cause à l’action de ces mucus, sur la vitalité des spermatozoïdes; Donné a pensé trouver une explication dans l’excès d’alcalinité du mucus utérin; d’après cet observateur distingué, chaque fois qu’à l’aide d’un papier de tournesol, il prenait la réaction des mucus qui tuaient les spermatozoïdes, il trouvait que dans la plupart des cas, le papier rouge était ramené très rapidement au bleu foncé. Cette explication est-elle la vraie ? Cela est possible, mais nous faisons quelques réserves, car il nous paraît difficile qu’un simple excès d’alcalinité puisse tuer les spermatozoïdes, alors que nous savons très bien, qu'un milieu alcalin est pour eux un milieu normal, et que même une solution alcaline concentrée, ne les tue pas immédiatement. Marion Sims, qui a fait des observations analogues, ne se prononce pas sur la nature de l’élément qui agirait d’une façon si énergique sur le spermatozoïde. Un léger degré d’inflammation du col semble, dans certains cas, produire dans la sécrétion du mucus, des principes nuisibles aux spermatozoïdes.

Il faut rendre cette justice à Donné, c’est que le premier il a bien étudié cette question, et qu’il a démontré en outre, contrairement à ce que l’on croyait à son époque, que la plupart des femmes affectées de cet écoulement complexe, compris sous le nom générique de flueurs blanches, pouvaient néanmoins être très fécondes, tandis qu’il en est un certain nombre d’autres, dont le mucus tue les spermatozoïdes.

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