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CHAPITRE XIII

DU SPERME

bien vagues et pouvaient être facilement confondus avec ceux d’urines complètement différentes. Quelquefois le diagnostic est rendu plus facile, lorsque les malades, par exemple, perdent du sperme en allant à la selle, au lit, à la moindre érection, en faisant de l’équitation, en marchant, etc. Certaines personnes sont sujettes à avoir de la spermatorrhée pour ainsi dire normale ; il suffit qu’elles restent quatre ou cinq semaines, sans avoir de rapprochement sexuel ou de pollution spontanée ou provoquée, pour voir apparaître du sperme, soit pendant la défécation, soit au commencement, soit à la fin de la miction. 11 est d’autres cas, dans lesquels les malades ont des pollutions nocturnes très fréquentes, qui sont pour eux la cause d’une débilité très grande et d’accidents variés ; chez quelques personnes, ces pertes séminales peuvent se produire sans entraîner aucune espèce de sensation, ces malades ne s’en aperçoivent même pas. Il faut une circonstance particulière, dit Donné, une sorte de hasard, pour découvrir ce qui se passe; ce n’est que lorsque le malade se réveille après l’écoulement du sperme, qu’il se sent humide et qu’il reconnaît ce qui vient de lui arriver. Lorsque le médecin soupçonne qu’il peut se produire des pertes séminales, il est nécessaire qu’il examine, avec le plus grand soin, les taches que l’on peut rencontrer sur le linge du malade.

Dans le cas où la spermatorrhée n’est que la conséquence d’une trop grande réplétion des vésicules séminales, on trouve dans l’urine de ces filaments décrits dans les sédiments urinaires, et qui sont formés aux dépens du mucus uréthral. Ces filaments contiennent ordinairement des spermatozoïdes qui sont, pour ainsi dire, englobés dans le mucus, au fur et à mesure qu’ils sortent des vésicules séminales. D’autres fois, l’expulsion du sperme ne se fait qu’à la fin de la miction, et les dernières gouttes d’urine sont comme troublées ou grisâtres. Sous l’intluence de ces pertes séminales, qui ne sont que l’effet de la continence et dont la gravité est pour ainsi dire nulle, on voit des individus devenir hypocondriaques, s'affecter outre mesure et tomber réellement malades. Il appartient au médecin de bien établir, s’il se trouve en présence d’une spermatorrhée pour ainsi dire normale, ou bien, au contraire, si c’est une

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spermatorrhée proprement dite, le mode de traitement variant considérablement d’un cas à l'autre.

Avant d’entrer dans l’étude de la spermatorrhée vraie, il est nécessaire d’établir ce fait, c’est que l’urine normale en dehors des conditions que nous venons d’énoncer, ou, lorsqu’elle est émise peu de temps après une émission de sperme, spontanée ou autre, ne contient jamais de spermatozoïdes.

Les caractères cliniques d’une urine renfermant des spermatozoïdes, sont assez confus; lorsque la quantité de sperme est considérable, il y a un dépôt blanchâtre, plus ou moins nuageux, à la partie inférieure du vase; mais si, au contraire, la proportion des spermatozoïdes est peu considérable, l’urine peut parfaitement ne présenter à l’œil nu> aucun caractère appréciable. C’est donc au microscope qu’il faut recourir, si l’on veut être fixé d’une façon certaine, sur la présence des spermatozoïdes.

La pesanteur spécifique des zoospermes étant plus grande que celle de l’urine, ils tombent naturellement au fond des vases par le repos, dit Donné; il suffira donc, d’après le conseil de cet observateur, d’abandonner l’urine au repos dans des éprouvettes longues et étroites; quand le dépôt est entièrement formé, on le sépare soit à l’aide d’une pipette, soit par décantation- et l’on cherche, à l’aide du microscope, s’il contient des spermatozoïdes. Donné dit qu’une seule goutte de sperme, prise au bout d’une baguette de verre et mise dans plus d’un demi-litre d’urine, permet de retrouver au microscope des quantités considérables d’animalcules. Beaucoup d’autres procédés ont été donnés, nous en avons indiqué quelques-uns, mais dans la plupart des cas, le procédé de Donné est suffisant. Get auteur a fait une remarque intéressante, que nous devons signaler, parce qu’elleest, pourainsi dire, lecorollaire du procédé qu'il a décrit. Lorsque les urines contiennent une grande quantité de produits susceptibles de cristalliser et de se déposer par le refroidissement etle repos, il arrive que les zoospermes se recouvrent d’une multitude de petits cristaux; ils se perdent et se confondent au milieu du dépôt, et l’on a quelquefois de la peine à reconnaître leurs formes altérées en apparence ; mais, pour leur restituer leur aspect

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