‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 312 sur 451 · CHAPITRE XIII. — DU SPERME · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. — DU SPERME

normal, il suffit de traiter le dépôt par une quantité d’eau capable de dissoudre les sels, et, si l’on n’y parvient pas par ce moyen, de faire chauffer, pour débarrasser les animalcules des cristaux attachés à leur corps; on les voit alors reparaître intacts et sans aucune altération de leurs formes (Donné). Grâce à la résistance qu’ils offrent à l’action des différents milieux dans lesquels ils se trouvent plongés, les spermatozoïdes conservent leur forme, même après ces traitements variés; on peut retrouver des spermatozoïdes dans l’urine, plusieurs jours après l’émission. Nous devons également à Donné, une autre observation intéressante, elle a trait à la présence très fréquente de cristaux d’oxalate de chaux, dans les urines contenant du sperme; cette remarque n’a pas de caractère absolu. Nous savons en effet qu’il est assez fréquent de rencontrer dans l’urine des cristaux d’oxalate de chaux, sans que pour celait y ait des spermatozoïdes; néanmoins la coïncidence de la présence simultanée de l’oxalate de chaux et des spermatozoïdes, a été fréquemment vérifiée. Outre les spermatozoïdes, on peut encore rencontrer soit des leucocytes, soit des cellules épithéliales, soit encore des granules d’urate de soude, des cristaux d’acide urique, ou de phosphate ammoniaco-magnésien (Ch. Robin).

M. Robin a étudié les caractères des différentes humeurs, qui pourraient être prises pour du sperme, à la suite d’une observation superficielle. Il est de la plus haute importance d’être parfaitement fixé sur les caractères différentiels de ces humeurs, pour ne pas diagnostiquer d'abord de spermatorrhée, où elle n’existe pas, et ensuite, pour pouvoir rassurer les malades, en leur faisant, pour ainsi dire, toucher du doigt, les propriétés du liquide qu’ils émettent. Le liquide bulbo-uréthral est celui qui vient mouiller l’orifice du canal de l’urèthre, à la suite d’érection violente et prolongée ; il est visqueux, collant, hyalin et transparent. Ce liquide n’a pas l’.odeur du sperme; examiné au microscope, il ne présente pas d’éléments anatomiques, sauf quelques cellules épithéliales pavimenteuses (Ch. Robin). A la suite de blennorrhagies, les glandes bulbo-uréthrales peuvent, dans quelques circonstances, émettre une certaine quantité de liquide. Cette émission s’accompagne, d’après

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M. Robin, d’une sensation plus ou moins vive de piqûre ; dans ce cas particulier, le liquide contient une grande quantité de globules blancs.

On peut encore prendre pour du sperme, dit M. Robin, le liquide fourni par les glandes de la muqueuse uréthrale ou glandes de Littré, lorsque celles-ci ont une suractivité fonctionnelle, à la suite d’une blennorrhagie, d’excès de coït ou d’abus de boissons alcooliques. Cet écoulement ne serait pas contagieux.

Ce liquide se distingue du sperme, d’abord parce qu’il ne renferme pas de spermatozoïdes, et ensuite, parce qu’il n’est pas tenace ni filant entre les doigts, ni visqueux, comme le liquide des glandes bulbo-uréthrales. Il renferme, en outre, une assez grande quantité de cellules épithéliales, en général petites, qui viennent du canal de l’urèthre, ainsi qu’un assez grand nombre de leucocytes.

Nous avons vu qu’il y avait des spermatozoïdes plus petits que les autres, mais ayant la même forme et jouissant même d’une vitalité plus énergique, mais il n’y a pas de spermatozoïdes mal développés ou incomplets, comme l’ont cru différents auteurs, Lallemand en particulier. La queue ou cil du spermatozoïde, peut être brisée accidentellement, et cela s’observe surtout, quand on examine des taches sur le linge, mais même dans ce cas, on aperçoit la tête et le prolongement caudal. Par conséquent, il ne faudrait pas, dans une expertise médico-légale, se prononcer sur de simples apparences ; les spermatozoïdes existent ou n’existent pas, et, s’ils existent, ils ont des formes assez nettes pour qu’on puisse les reconnaître. Dans le doute, l’abstention est une règle absolue. Le micrographe, comme tout autre expert, n’a à tenir aucun compte des preuves dites morales. C’est pourquoi il faut se familiariser de longue main, avec la recherche des spermatozoïdes, dans les liquides, dans les taches ; ce n’est qu’au prix d’une série d’expériences, que l’on pourra devenir assez sûr de soi, pour se prononcer avec quelque certitude sur la présence des spermatozoïdes. L’écueil le plus redoutable consiste à prendre pour un spermatozoïde, plus ou moins incomplet, un de ces milliers de corps étrangers, que l’on trouve dans les liquides,

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