‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 314 sur 451 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DU SPERME

varient d'aspect, suivant que la liqueur spermatique a été émise après une longue continence, ou au contraire, après des éjaculations répétées, par un homme jeune ou par un vieillard.

Les médecins légistes ont indiqué en quels endroits l’on rencontrait le plus fréquemment les taches de sperme, mais ces règles n’ont absolument rien de précis ; on comprend, sans que nous y insistions, que les circonstances dans lesquelles ces taches se produisent, peuvent varier à l’infini. Néanmoins, d’après M. Devergie ( Médecine légale , t. I, p. 360), dans les cas de viol, on trouve les taches plutôt sur le devant, que sur le derrière de la chemise de la femme. Tardieu/dans son ouvrage sur les attentats, admet que leur siège est excessivement variable. Sur le linge d’un homme les taches occupent ordinairement la partie antérieure; celles que l’on trouverait sur le pantalon peuvent exister plus particulièrement à l’intérieur, mais quelquefois, à l’extérieur, à la hauteur de la partie supérieure des cuisses (Gosse, loc. cit., p. 15 et suiv.). Dans les rapports juridiques, on devra aussi soigneusement relater la position et la dispersion des taches sur les draps du lit. La disposition de ces taches peut, dans certains cas, fournir des données, relativement aux circonstances du crime, à la résistance de la victime et au nombre des tentatives (1).

La composition de ces taches peut être complexe; elles peuvent contenir du sang, des corps gras et d’autres substances ; sur la peau humaine les taches de sperme ont l’aspect d’écailles de poisson ou plutôt de collodion desséché (Gosse).

Nous ne parlerons pas du procédé de Bayard, qui était très compliqué et dont l’usage a été abandonné. Le procédé de Koblanck, recommandé par Gasper, consistait à faire une sorte de macération de la tache dans de l’eau froide, et à examiner cette eau au microscope ; au bout d’un certain temps, on devait y trouver des spermatozoïdes. Le procédé de Garl Schmidt (Schmidt, p. 47) est le suivant: on recherche de quel côté du tissu se toruve la tache de sperme; ce côté trouvé, on plie le morceau de tissu en forme de cône et on met la face tachée

(1) Cli. Robin dans Manuel Briand et Chaude , p. 722, cité par Gosse.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

dans un verre de montre, h moitié rempli d’eau, de manière à la tenir suspendue au-dessous du niveau du liquide. En agissant ainsi, la tache seule est mouillée ; le contact est prolongé pendant trois ou quatre heures et la tache est ramollie. On chauffe légèrement l’eau du verre de montre, après y avoir ajouté quelques gouttes de solution ammoniacale, on remue le linge et on le presse de haut en bas entre l’index et le pouce. La tache a disparu du linge, l’eau est devenue trouble et un peu muqueuse. L’on examine ce liquide et on y trouve des spermatozoïdes qui sont quelquefois brisés. Ces deux procédés, dit le docteur Gosse, ont l’inconvénient soit de séparer les parties de la tache qui vont adhérer à la soucoupe, soit d’avoir une dissolution trop étendue, et alors on n’en apporte qu’une faible partie sous le champ du microscope (loc. cit ., p. 20). Nous avons donné plus haut le procédé de M. Robin ; le temps pendant lequel on laisse la tache en contact avec l’eau est variable ; il peut aller, suivant l’ancienneté de la tache, de vingt minutes à deux heures ; on se sert généralement de la pointe d’un scalpel pour enlever le sperme adhérent au tissu. Il est absolument nécessaire d’agir dans toutes les manipulations avec la plus grande délicatesse. M. Robin conseille de se servir d’eau distillée, ou d’eau faiblement alcaline, pour pratiquer cette recherche : d’après cet observateur, il serait bon d’ajouter quelques gouttes d’acide acétique faible à la préparation, pour dissoudre le mucus et rendre les spermatozoïdes plus nettement perceptibles.

Nous savons que les spermatozoïdes peuvent être entiers ou brisés. S’ils sont brisés, ils peuvent l’être soit près de la tête, soit au milieu de la queue; aussi peut-on voir des fragments de queue disséminés dans la préparation. On peut constater également la présence de granulations graisseuses, à centre jaunâtre, de globules blancs, de sympexions, de cristaux de phosphates.

Quelquefois on trouve dans le sperme des éléments étrangers à ce produit. C’est ainsi que la présence de cellules épithéliales pavimenteuses est assez fréquente; plus rarement on y rencontre de très petites cellules prismatiques, provenant, comme les premières, du canal de l’urèthre.

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