DE LA FEMME
Nous allons compléter les renseignements donnés plus haut sur le mucus vaginal et sur le mucus utérin. Nous n’ajouterons que peu de chose à ce que nous avons dit sur la sécrétion du mucus utérin. Ce produit complexe fourni par le corps et par le col de l’utérus, subit à l’époque de la menstruation, certaines modifications qu’il peut être utile de connaître. C’est ainsi qu’il prend une odeur caractéristique, que l’on retrouve, dit M. Robin, dans les organes génitaux des femelles de mammifères en rut ; de plus, le mucus utérin change de coloration, il devient brun rougeâtre, communique cette couleur au mucus vaginal, et tache le linge. La durée de ce phénomène est ordinairement d’un ou deux jours. D’après M. Robin, le mucus pourrait redevenir complètement normal avant l’apparition du sang, laquelle se ferait d’une façon brusque. On conçoit qu’à ce moment, le mucus utéro-vaginal présente des caractères spéciaux : il contient un plus grand nombre de leucocytes, et quelques globules rouges, provenant des capillaires rompus à la surface de la muqueuse utérine et de cellules épithéliales pavimenteuses, en assez grand nombre, venant de la surface du vagin et de la vulve (Robin).
D’après ce môme auteur, lorsque l’hémorrhagie utérine s’est établie, le mucus utéro-vaginal sécrété en plus grande abondance, renferme un très grand nombre de globules rouges normaux, quelques leucocytes, des cellules d’épithélium pavimenteux, surtout du vagin, des cellules prismatiques, des épithéliums nucléaires de l’utérus. Quand les règles cessent, ces éléments diminuent graduellement et le mucus utéro-va-
ginal repasse par les phases du début de la menstruation. Après l’écoulement sanguin, dit M. Robin, on voit quelquefois revenir un mucus blanchâtre un peu purulent. Comme nous l’avons vu à l’article Sang , le sang menstruel ne constitue pas une variété du fluide sanguin. Le caractère qui permettra de distinguer le sang menstruel, du sang ordinaire, c’est la présence des cellules épithéliales, surtout de cellules cylindriques à cils vibratiles, et des épithéliums nucléaires (Robin, Ann. d’hyg., t. Y, p. 421).
Nous savons déjà qu'il peut être très difficile dans certains cas, de faire une distinction entre des taches produites par du sperme, et des taches abandonnées par du mucus vaginal, ou utéro-vaginal. Cette distinction, qu’il est souvent fort important d’établir, ne peut être faite qu’à l’aide du microscope, en employant l’un des procédés que nous avons décrits pour la préparation destaches de sperme. 11 est bien rare, quand il y a leucorrhée, que cet écoulement soit uniquement vaginal. Voici quels sont les caractères qui ont été attribués à ce liquide : il contient un grand nombre de cellules pavimenteuses du vagin, mêlées à des globules de pus granuleux, des globules de graisse, des parasites (vibrions, leptothrix, trichomonas. — Voy. plus loin). Quand il y a de la blennorrhagie le mucus
Fig. 358. — Épithélium vaginal à tous les degrés de développement dans la leucorrhée épithéliale ou vaginale. Gross. de 350 diamètres. (D’après Tyler-Smith.)
vaginal change d’aspect, il devient jaunâtre et puriforme et colore le linge en jaune verdâtre; son odeur est très fétide, surtout quand le col utérin participe à l’inflammation, tandis que l’odeur de la leucorrhée vaginale simple, est plutôt une odeur de fermentation (Courty, cité par Duval et Lereboul-
Cil. XIV. — PRODUITS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. 561 .
let). Nous donnons, d’après Tyler-Smith, une figure représentant l’épithélium vaginal à tous les degrés de développement dans la leucorrhée épithéliale et vaginale : cette figure est empruntée à l’ouvrage de MM. Duval et Lereboullet.
Lorsque l’utérus participe à l’inflammation générale, on rencontre dans le mucus utéro-vaginal, des éléments provenant de l’utérus, de sorte qu’il est difficile d’assigner à ces écoulements des caractères d’une précision parfaite. D’après Tyler- ‘
Fig. 359. — Quelques cellules épithéliales ; leucocytes et gouttelettes huileuses dans la
leucorrhée muqueuse et cervicale. Gross. de 220 diamètres. (D’après Tyler-Smith.)
Smith, il y aurait néanmoins deux leucorrhées, la leucorrhée vaginale ou épithéliale, la leucorrhée utérine ou muqueuse. « La leucorrhée vaginale ou épithéliale est constituée par de la lymphe, ou du plasma acide, de l’épithélium pavimenteux, des corpuscules de pus, des globules de sang, de la matière grasse. La leucorrhée cervico-utérine ou muqueuse, est constituée par du mucus alcalin, des corpuscules muqueux, de l’épithélium cylindrique altéré, des corpuscules de pus, des globules de sang et des particules grasses. Les premiers de ces éléments sont constants et caractéristiques, les autres (pus, sang, particules grasses) sont accidentels et dépendent souvent de l’inflammation des muqueuses ou des complications de la leucorrhée » (Courty, cité par MM. Duval et Lereboullet). Gomme le font justement observer ces auteurs, après Stoltz, en pratique, cette distinction devient très difficile à cause du mélange des éléments provenant à la fois de l’utérus et du vagin (1).
(1) Le Dr Hottenier a communiqué à la Société de Biologie un mémoire sur certaines modifications qu’éprouve la constitution histologique, du pus
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11 peut arriver que les taches, qu’un expert est chargé d'examiner, soient constituées à la fois par du sperme et du mucus vaginal ou utéro-vaginal. Ces taches sont grisâtres, empesées et circonscrites, comme les taches de sperme (Robin). On y retrouve les spermatozoaires, par les procédés que nous avons donnés. D’après Gosse, l’acide nitrique donne un précipité dans l’eau, où ont macéré ces taches. Lorsque celles-ci sont uniquement formées par du mucus vaginal, elles sont ordinairement beaucoup plus grandes et plus nombreuses que des taches spermatiques. 11 suffit d’avoir vu le lit même d’une toute petite fille, atteinte de leucorrhée, pour en être convaincu.
Quand il y a de la vaginite ou de la blennorrhagie, les taches sont verdâtres ou jaune verdâtre. Elles empèsent les tissus, qu’elles rendent durs au toucher; le plus souvent, elles ont une certaine épaisseur et ne traversent pas les tissus. D’après le docteur Gosse, elles ne deviennent pas jaunes près du feu. Mouillées pendant quelques heures dans l’eau, elles perdent leur couleur et prennent une odeur caractéristique tout à fait différente de celle du sperme. Leur dissolution aqueuse portée à l’ébullition, produit un coagulum albumineux blanc ; à froid, l’acide nitrique y produit également un précipité. Le résidu insoluble, opaque, du mucus, présente des éléments de l’épi-
en général et du muco-pus utérin en particulier, suivant les diverses périodes de la maladie. Voici le résumé et les conclusions de ce travail.
1° Les hématies sont susceptibles de s’altérer pathologiquement et expérimentalement, leur hémoglobine se changeant d’abord en hématine, puis l’hématine disparaissant progressivement.
2° Il y a lieu de distinguer deux espèces d’éléments blancs dans le pus : l'un, corps discoïde, lenticulaire, irrégulier, crevassé, sans noyaux, évolution ultime de l’hématie, morte pendant le phénomène inflammatoire, et réduite il l’état de caillot élémentaire décoloré ; l’autre, corps sphéroïde, h noyaux discoïdes, véritable cellule lymphatique du pus louable, état embryonnaire des éléments épithéliaux en voie de formation.
3° Relativement à l’ordre de succession de ces faits histologiques, la clinique et l’histologie pathologique démontrent parallèlement : que. le début de la suppuration, ou période inflammatoire, est caractérisé par la sortie, hors des vaisseaux sanguins, des éléments rouges, incolores et blancs du sang, plus ou moins altérés, et que la période terminale de la suppuration, coïncidant avec une réparation organique, est caractérisée par une exsudation migratrice presque exclusivement lymphatique, qui permet de considérer la lymphe comme un liquide embryonnaire rénovateur des tissus.
thélium, et des globules de pus. La teinture d’iode agit sur ces derniers, ainsi que sur les nucléoles et coagule le mucus intercellulaire en longs filaments (Gosse et Schmidt). L’ammoniaque rend le résidu visqueux.
Il est très important, en médecine légale, de pouvoir reconnaître les taches produites par les liquides qui s’échappent de l’utérus et du vagin, à la suite de l’accouchement normal ou provoqué, à terme ou avant terme.
§ I. — DES LOCHIES.
Lorsqu’une femme vient d’être délivrée, même en dehors de toute hémorrhagie, elle continue à perdre du sang en quantité variable, par le fait de la rétraction de l’utérus. Ce sang présente des caractères particuliers, en ce sens, qu’il est très riche en globules blancs, dont on trouve de un à cinq, pour cent globules rouges; quelquefois même, dit M. Robin, cette proportion est doublée.
A compter de la fin du 'premier jour , le liquide qui s’écoule par le vagin, ne contient plus qu’un tiers environ de globules rouges ou hématies, à côté des autres éléments en suspension dans le fluide séro-muqueux des lochies ; à côté des hématies on voit un grand nombre de globules blancs, tantôt isolés, tantôt réunis, et enfin des cellules épithéliales pavimenteuses du vagin. Parmi ces cellules « il en est qui sont sphéroïdales ou à peine polyédriques par pression réciproque, réunies en groupes, rarement isolées, semblables à celles de la profondeur de l’épithélium du vagin, ou des lèvres du col de l’utérus. Ces dernières, bien plus étroites que les autres et plus épaisses, renferment un noyau sphérique, parfois nucléolé, large de
7 à 8 millièmes de millimètre. Les autres ont un noyau ovoïde
sans nucléole, et quelques-unes d’entre elles manquent de noyau. » (Robin.)
Quand les femmes n’ont pas de fièvre et qu’elles étaient antérieurement bien portantes, le liquide n’a pas d’odeur désagréable ; outre les éléments signalés plus haut, le liquide qui s’écoule du vagin contient encore un certain nombre de granules graisseux.
A partir du deuxième jour, on voit les globules blancs l’emporter en nombre sur les globules rouges ; les lochies changent de couleur, de rouges qu’elles étaient, elles deviennent brunâtres, et au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’époque de l’accouchement, cette teinte pâlit déplus en plus, les lochies deviennent roussâtres, puis jaunâtres, puis grisâtres vers le cinquième jour, quand les choses se pas-
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sent absolument d’une façon normale. Cependant, il ne faut pas oublier que ces phénomènes ne se succèdent pas toujours avec cette précision ; il y a des femmes dont les lochies restent sanguinolentes plus longtemps; il en est d’autres qui, à l’époque de la montée du lait, généralement vers le troisième jour, ont une petite perte sanguine, qui ne se renouvelle pas. A partir du cinquième jour, il n’v a généralement plus de globules rouges, ou bien, ils sont très rares; les globules blancs, au contraire, dominent ; ils deviennent môme très volumineux et se remplissent de granules de graisse, en un mot, ils deviennent granuleux (Robin).
Les cellules pavimenteuses du vagin diminuent également de nombre :Nces cellules, dit M. Robin, sont généralement réunies par imbrication en lamelles plus ou moins larges, auxquelles adhèrent souvent des leucocytes, et l’on trouve de plus, des cellules polyédriques ou presque sphéroïdales, semblables à celles des couches profondes de l’épithélium vaginal ou du col de l’utérus. Les granulations moléculaires grisâtres, en suspension dans le liquide, devenu plus visqueux, sont beaucoup plus abondantes qu’aux époques antérieures, et les granules graisseux ont diminué de quantité.
D’après le Dr Gosse, les lochies forment des taches jaune grisâtre ou un peu rougeâtres. Les tissus qu’elles empèsent sont rudes au toucher. Elles sont souvent plus claires à la périphérie qu’au centre. Lorsqu’on les approche du feu, elles ne changent pas de couleur. Traitées à froid par l’eau distilléer elles se détachent et le linge alors est coloré et non empesé. Si on fdtre leur dissolution aqueuse et qu’on la fasse évaporer, elle devient semblable à de la colle à bouche (Gosse) et se colore en jaune-brun ; le liquide aqueux donne un précipité par la chaleur et par l’acide azotique. Ges taches examinées au microscope, laissent voir des globules rouges en plus ou moins grand nombre, des cellules épithéliales à cils vibratiles, des cellules épithéliales cylindriques imbriquées, des globules de pus, des granulations graisseuses. Quand les lochies sont devenues presque incolores, c’est-à-dire laiteuses, les épithéliums et les cellules de pus deviennent plus rares, à mesure que l’on s’éloigne de l’époque de l’accouchement (Gosse).
Parmi les parasites les uns sont visibles à l’œil nu, les autres au contraire sont microscopiques, le plus grand nombre d’entre
€11. XIV. — PRODUITS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. o6o
eux, appartiennent aux végétaux inférieurs, il en est néanmoins qui font partie du règne animal. Nous ne ferons qu’indiquer ceux qui sont de nature végétale, renvoyantpourleur étude complète, à la première partie de ce livre. Il y a longtemps que les parasites non microscopiques des organes génitaux de la femme sont connus ; différents auteurs anciens en ont fait mention. Hippocrate et Aristote mentionnent la présence d’ascarides lombricoïdes, dans les organes génitaux de la femme; la môle hydatiforme fut longtemps considérée comme un produit parasitaire. La présence du muguet dans les organes génitaux, le caractère épidémique que peut prendre cette affection dans les agglomérations de femmes ou de jeunes filles, sont depuis longtemps connus.
Bergmann a démontré l’existence de larves de mouches (. Musca vomitoria) dans le vagin. M. Robin a décrit une algue
Fig. 360. — Larves de muscides du genre Anthomya , trouvées dans les déjections alvines. — a. Larve pourvue d’appendices latéraux. — b. Larves sans appendices. — La tête est dirigée en bas, le dernier segment placé en haut de la figure porte les stigmates. (D’après Laboulbène.)
trouvée sur les granulations du col utérin qu’il a décrite sous le nom de Leptomitus uteri (Y. p. 278). En 1854, Stich a signalé l’existence de cysticerques dans le tissu utérin. Leuckart n’admet pas l’opinion de Yix, non plus que celle de Benedetti, qui prétend avoir trouvé ces parasites entre le placenta et la paroi utérine. Non seulement on peut trouver dans le vagin des ascarides complètement développés, mais Yix a signalé la présence dans le mucus vaginal, aussi bien que dans le mucus utérin, des œufs d’oxyure, mêlés h un certain nombre
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d’embryons en’ voie^de développement. Cet auteur en conclut que les oxyures et probablement aussi les vers intestinaux peuvent se développer dans les organes "génitaux de la femme. Dans un certain nombre de cas dans lesquels la présence d’ascarides lombricoïdes dans le vagin a été signalée, il y avait une fistule faisant communiquer le vagin et le rectum^ Dans son ouvrage sur les entozoaires, M. Davaine rapporte également un grand nombre d’observations d’oxyures et de trichomonas trouvés dans les organes génitaux. Cet auteur n’admet pas l’expulsion d’échinocoques par le vagin, ne connaissant pas, dit-il, d’exemple de kyste hydatique ouvert spontanément dans la cavité du péritoine, ou du vagin, ni dans celle de l’utérus.
Avant de passer à l’étude de quelques-uns de ces parasites, nous donnerons d’après le Dr Gasser le moyen de les recueillir. Il faut éviter, dit cet auteur, l’introduction du spéculum, les injections et toutes les recherches qui pourraient détacher ou détruire les champignons. On écarte avec le pouce et l’index, les grandes et les petites lèvres, et avec un verre de montre, tenu de la main droite, on recueille le mucus qui tapisse leur face interne, ainsi que l’entrée du vagin. Si l’hymen existe encore, on se sert d’une curette, qu’on introduit à plusieurs reprises dans le vagin, afin de réunir une quantité de mucus suffisante pour l’examen microscopique. Ces précautions ont leur raison d’être, parce que les parasites végétaux des organes génitaux de la femme ne forment jamais des couches aussi épaisses que celles qu’on observe, sur les surfaces exposées à l’air, généralement'; même ils n’atteignent pas le développement de ceux qu’on rencontre dans la bouche. Quelquefois on est obligé de faire un certain nombre de préparations avant de découvrir quelques mycéliums (Gasser, loc. cit .,
Le Pediculus pubis ou P. pudendi ( vulgo morpion) , ne
peut guère être considéré comme un véritable parasite des
organes génitaux de la femme'; on le rencontre tout aussi
(1) Nous avons puisé de nombreux 'renseignements dans le travail du Dr Gasser. — Paris, 1874 , Sur les parasites des organes génitaux de la femme.
fréquemment chez l’homme. Une bonne loupe suffit pour rendre compte des détails de sa structure générale. La forme du corps est triangulaire, le thorax n’est pas distinct de l’abdomen ; le milieu du dos est d’un brun rougeâtre ; les pattes sont longues, fortes, munies de grosses pinces, de couleur rougeâtre, particulièrement les deux paires inférieures. L’abdomen a huit segments et porte sur les côtés de petits tubercules garnis de poils rudes. La disposition et la force de ses pinces, font qu’on ne détache le morpion de la peau, qu’avec une extrême difficulté. Il produit des démangeaisons plus fortes que les autres espèces de poux ; il pique même si fort, qu’il détermine la sortie de petites gouttes de sang. Les œufs ont la forme générale de ceux des poux, ils sont attachés aux poils de la région habitée (Gasser).
Fig-. 361. — Pediculus pubis.
Des parasites végétaux ou animaux, peuvent être introduits dans les organes génitaux, tà la suite d’injections, de lotions, d’applications de pièces de pansement, de substances médicamenteuses, d’instruments, etc. Les attouchements, l’onanisme, peuvent également favoriser l’introduction des parasites. Chez les personnes qui manient le blé ou la farine, dit le Dr Gasser, on trouve quelquefois sur les doigts des acariens, qui peuvent ainsi être introduits dans les organes génitaux. Le coït est aussi un mode d’introduction des parasites. Haussmann raconte qu’il a trouvé des acares dans le vagin d’une
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femme qui ne présentait aucun symjptôme de gale ; malgré les recherches les plus minutieuses, il ne put découvrir sur le reste du corps le plus léger sillon, ni un seul acarus. Il est donc probable, que ceux trouvés dans le vagin, y avaient été introduits par son amant, qui avait la gale. Le pénis est en effet un organe de prédilection pour l’acarus.
Un certain nombre des parasites qui peuvent se trouver accidentellement dans burine, tels que 1 eDistoma haematobium , peuvent pénétrer dans le vagin. Griesinger en a retrouvé dans le mucus vaginal d’Égyptiennes.
Ainsi que nous l’avons vu, un certain nombre de parasites habitant l’intestin, peuvent pénétrer accidentellement dans le vagin. Les oxyures, dit le Dr Gasser, peuvent arriver dans le vagin par un mouvement de reptation, en contournant le périnée ; d’autres fois, les parasites y pénètrent avec les matières fécales. Aussi, chez les personnes malpropres atteintes d’un catarrhe intestinal, il n’est pas rare de voir des parasites introduits dans les organes génitaux avec les matières fécales. D’autres fois, ces parasites y pénètrent par une fistule. On admet enfin, que les oxyures peuvent être transportés directement par la malade dans le vagin. On sait en effet que ces vers occasionnent des démangeaisons très vives, qui poussent les malades à se gratter, de sorte qu’il n’est pas impossible que quelques-uns restent attachés aux doigts et soient ainsi introduits dans les organes génitaux. On a vu souvent des ascarides lombricoïdes pénétrer dans le vagin par une fistule recto-vaginale; mais les parasites qui arrivent le plus souvent dans cet organe, par cette voie, sont des œufs de tænia solium, d’ascarides lombricoïdes, le leptotbrix buccalis, des spores, etc. On y rencontre rarement des œufs d’oxyures vermiculaires.
On sait combien il est fréquent de voir des petites filles atteintes de vulvite. D’après Guersant, cette affection serait fréquemment causée par des oxyures vermiculaires qui passeraient du rectum dans le vagin. M. Bouchut partage cette opinion.
Donné a découvert dans le mucus vaginal un infusoire particulier auquel il a donné le nom de Trichomonas vaginale.
Cil. XIV. — PRODUITS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. 569
Cet animalcule ne se rencontrerait pas dans le mucus vaginal des femmes saines et propres, mais au contraire, il serait fréquent, chez celles qui négligent tout soin de propreté et qui sont affectées d’écoulement suspect. Grâce à la coïncidence de l’existence du trichomonas et des globules de pus, il est assez difficile de retrouver le parasite microscopique qui présente avec ceux-ci, plusieurs points de ressemblance. Ordinairement, il se déplace très peu et n’exécute que de faibles mouvements. Parfois, plusieurs individus se réunissent et forment un groupe, que l’on pourrait prendre pour une agglomération de globules de pus. Donné a fourni ce caractère, qui permet, suivant lui, de diagnostiquer pour ainsi dire, la présence des trichomonades vaginales : quand cet animalcule existe, le mucus vaginal renfermerait des bulles d’air qui lui donnent un aspect écumeux, tandis que dans l’état normal, la matière qui le compose est homogène et n’est pas mélangée de bulles gazeuses. Ce caractère serait constant. En regardant du mucus vaginal à un grossissement de 300 ou 400 diamètres, au milieu des globules de pus et des cellules épithéliales, on voit de petits corps qui, à première vue, peuvent être confondus avec des globules de pus. Ils s’en distinguent bientôt par des mouvements propres, indépendants des mouvements de courant et de totalité, que la capillarité et l’évaporation déterminent. Le doute cesse, quand on voit que ces mouvements volontaires sont produits par l’agitation de petits cils ou filaments, dont l’animal se sert, soit pour se déplacer, soit pour appréhender sa nourriture (Donné). Ce parasite, de couleur grisâtre, a une forme ovale oupyriforme, il porte à son extrémité antérieure, un filament double ou bifurqué, son extrémité caudale est, ou bien arrondie, ou terminée par un filament rigide, de longueur variable, en moyenne de 0mm,0055. Près de l’extrémité antérieure de l’animal et sur l’un des côtés, on voit des sillons, correspondant probablement, à l’ouverture buccale et un certain nombre de cils vibratiles courts, animés d’un mouvement vacillant très rapide, dont il est impossible de déterminer la fréquence dans un temps donné, chez un animal parfaitement sain. Dans l’intérieur de la substance contractile homogène, on trouve
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chez la plupart de ces parasites, quelques noyaux, tantôt très fins, tantôt très gros, mais pas de vésicule contractile; même à un grossissement considérable, on n’aperçoit pas à leur surface de stratifications. La longueur de ces animaux varie entre 0mm,008 et 0mm,Q18 ; au contact de l’eau, cette longueur diminue, le parasite se pelotonnant sur lui-même. Dans son
Fig. 362. — Trichomonas vaginale (Donné).
intérieur apparaissent des vacuoles ; les mouvements en général, et ceux des cils en particulier, s’affaiblissent et disparaissent enfin complètement (Gasser, p. 33.) (1).
Haussmann a décrit des parasites qu’il a rencontrés dans le mucus vaginal : ces parasites sont arrondis, d’une dimension beaucoup plus faible que les trichomonas. Ils ont l’aspect de deux animaux d’inégale grandeur, accolés l’un à l’autre sur une de leurs faces, se confondant cependant manifestement par leurs deux extrémités, en un seul animal et qui n’étaient munis que d’un seul appendice.
Parfois encore, ajoute le docteur Gasser, on remarque sur un des côtés de l’enveloppe du trichomonas, une cavité cupuliforme. Outre ces parasites, on en rencontre encore de complètement recouverts de cils fins et courts, se dirigeant tous vers l’extrémité caudale et se distinguant par une absence totale de mouvements, des cils qui entourent l’ouverture buccale des filaments ciliaires qui les recouvrent. Ces parasites d’un diamètre de 0mm,U033, se distinguent des autres infusoires par leur complète immobilité. Salisbury en a fait une nouvelle espèce sous le nom de Ciliaris bicaudalis. Cependant, à part les cils dont ils sont entièrement recouverts, leurs appendices ne diffèrent pas de ceux qui ont été décrits dans les formes précédentes (Gasser) .
(1) Voir les recherches microscopiques sur la nature des mucus et la matière des divers écoulements des organes génitaux urinaires, etc., etc., parle Dr A. Donné. Paris, 1837. Leeuwenhoeck (in-4°, 1722), p. 153, avait examiné le mucus vaginal et en avait décrit les cellules épithéliales {snuamulœ) .
Cil. XIV. — PRODUITS DES ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME. 571
D’après cet auteur, les mouvements des trichomonas s’observent non seulement à la température normale du vagin, mais persistent encore assez longtemps, à une température intérieure à 20° centigrades; au sein d’une masse abondante de mucus qui les protège contre l’évaporation, les mouvements s’observent bien plus longtemps; mais au contact de l’eau, d’unesolution de tannin, d'acide chromique, de sublimé, etc., les mouvements s’arrêtent et le parasite devient rigide. C’est ce qui explique pourquoi on trouve des trichomonas immobiles, chez les femmes qui ont recours aux injections. Le travail de l'accouchement leur est aussi préjudiciable que les injections, ou tout autre traitement local ; car de même que les parasites accidentellement déposés dans les organes génitaux, ils sont ou détruits ou expulsés. Au sixième ou au septième jour de la puerpéralité, ils peuvent cependant reparaître aussi bien dans les lochies, que dans le canal vaginal (Gasser).
Haussmann (voir Gasser, p. 34, loc. cit .), sur 200 femmes grosses, a trouvé 73 fois des trichomonas, ce qui donne la proportion de 37 p. 100, et sur 100 femmes malades, mais non enceintes, la proportion s’est élevée à 40 p. 100.
Hennig prétend n’avoir jamais trouvé de trichomonas avant la puberté, ni après 40 ans ; sous ce rapport il serait en contradiction, d’après le docteur Gasser, avec les autres observateurs, qui l’ont rencontré chez les petites filles de six à sept ans et chez des femmes ayant dépassé l’âge de la ménopause. On s’explique du reste pourquoi Hennig n’a pas trouvé de trichomonas chez les femmes âgées, c’est qu’à cette période de l’existence, la muqueuse vaginale ne présente plus des conditions aussi favorables à son développement (Dr Gasser). Ce serait dans le catarrhe virulent des organes génitaux, accompagné d’une sécrétion muco-purulente abondante, à réaction fortement acide, qu’on en trouverait le plus ; dans ce cas, le dixième environ de ce muco-pus se compose de parasites vivants, accolés les uns aux autres.
Le Hacterium lermo (Y. Yibrioniens, art. Sang, p. 379) a été rencontré dans les liquides des organes génitaux ; d’autres vibrioniensy auraient été également trouvés.
Les parasites des organes génitaux appartiennent surtout au
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règne végétal; ce sont principalement des champignons et des algues microscopiques.