MATIÈRES FÉCALES DES ENFANTS NOURRIS EXCLUSIVEMENT DE LAIT
Dès que l’enfant a introduit dans son tube digestif une certaine quantité de liquide ou de lait, le méconium change d'aspect : de vert qu’il était il devient vert-grisâtre, ou vertjaunâtre. Bientôt les matières fécales de l’enfant sont striées de jaune. Cette couleur tend à prédominer chaque jour davantage, le méconium n’apparaît plus qu’en quelques points, sous la forme de granulations verdâtres. Yers le cinquième ou le sixième jour (Dr Gosse, loc. cit., p. 83 et suiv.), plus tôt, suivant nos observations, elles sont vert jaunâtre et offrent presque constamment des grumeaux blanchâtres, de dimensions très variables, depuis celle de la tête d’une épingle jusqu’à celle d’un gros pois. Le septième jour, quelquefois même le troisième, les matières fécales prennent une couleur jaune vif, qui a la plus grande analogie avec celle de l’omelette. C’est la coloration qu’elles garderont durant tout l’allaitement, si l’enfant est bien portant. Elles continuent à présenter des grumeaux blanchâtres, qui vont en diminuant dans les jours suivants, pour reparaître de temps en temps pendant toute la durée de l’alimentation lactée. Cela a lieu-, lors même que l’enfant est bien portant, et dépend d’une alimentation un peu trop abondante (Dr Gosse, loc. cit.). Les matières fécales d’un enfant h la mamelle ont toujours une odeur de lait aigri.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Dès qu’un enfant commence à souffrir, que son alimentation est mauvaise, ou insuffisante, ses excréments changent d’aspect. On les voit devenir verdâtres, les grumeaux sont plus volumineux et plus abondants. La couleur verdâtre s’accentue de plus en plus, quand l’enfant a une véritable diarrhée.
Quand on examine les matières fécales d’un enfant tout à fait bien portant, à côté de globules de lait, plus ou moins abondants, ayant échappé à l’action des sucs digestifs, on voit un grand nombre de fines aiguilles cristallines isolées, ou formant des masses, ou étoiles épineuses, et constituées par de la matière grasse. Parfois l’abondance de ces cristaux et de ces masses cristallines est considérable. A côté de ces cristaux, on voit des globules de lait déformés, opaques, paraissant s’être soudés et constituant quelquefois des masses assez volumineuses. Ces masses opalines contiennent fréquemment des cristaux, dans leur intérieur. Quand le lait de la mère est pauvre, les matières fécales de l’enfant semblent ne pas renfermer de cristaux de matière grasse. Des cellules épithéliales, en plus ou moins grand nombre, figurent également dans ces matières fécales. Des granulations jaunes, de formes diverses, les unes très fines, les autres groupées et paraissant être une transformation des masses verdâtres du méconium, donnent aux matières fécales du nouveau-né leur coloration jaune caractéristique (1). Outre ces éléments, il y a un très grand nombre de bactéries. Le mucus intestinal est très abondant, et, comme dans le méconium, il retient unis les éléments anatomiques qui constituent les matières fécales. Lorsque l’on met les matières fécales dans de l’éther, elles se prennent en une sorte de gelée, formée par le mucus intestinal, reconnaissable à ses stries parallèles et à l’action exercée sur lui par l’acide acétique. Les globules de lait sont emprisonnés et échappent en partie à l’action de l’étber.
Les matières fécales des nouveau-nés subissent des modifications pathologiques plus ou moins profondes et généralement peu connues.
Sous des influences légères, on voit apparaître dans les ma-
(I) Sous l’influence de l’acide azotique, ces granulations passent successivement par une série de colorations, verte, bleue et rose violacé.