‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 330 sur 451 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

DES MATIERES FECALES.

sur ces granulations biliaires, avec autant de netteté que dans le méconium par exemple: la réaction est fugitive, cependant la teinte rougeâtre par laquelle se termine la réaction azotique apparaît au bout d’un temps variable.

5° Comme nous l’avons dit, on trouve fréquemment des débris de tissu musculaire, soit parce que la digestion se fait mal, ou bien parce que la quantité de viande ingérée a été trop considérable, ce qui est le cas le plus fréquent. On a également observé que plus la viande était cuite, plus elle résistait à l'action des sucs digestifs, d’où l’indication de manger la viande peu cuite, afin de ne pas condamner l’économie à ac-

Fig. 372. — Cellules dites pierreuses de la poire.

complir une besogne inutile. Généralement, il est facile de voir la striation des faisceaux musculaires: ces débris sont colorés en jaune brunâtre, par suite de l’action tinctoriale de la biliverdine. La forme et le volume de ces fragments de tissu musculaire sont, comme on le comprend, très variables.

6° M. ltobin appelle encore l’attention sur les fibres élastiques ou tissu lamineux des ligaments ou des membranes jaunes élastiques. Généralement, ces tissus ayant résisté seuls à l’action de la digestion, sont complètement débarrassés des autres. Des fragments d’artères ont été pris parfois pour des vers intestinaux (Ch. Robin).

7° Nous avons signalé l’existence dans les matières fécales

GUIDE DE MICKOGRAPHIE.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

de cellules végétales et même de débris entiers de végétaux. Les cellules pierreuses provenant de l’ingestion de fruits, ou de médicaments (cannelle, etc.), se retrouvent dans les matières fécales. Nous n’insistons pas davantage sur ce point, en raison des détails donnés dans la première partie.de cet ouvrage, sur la structure des végétaux.

On peut trouver également des spores de champignons que l’on rencontre dans les selles ; leurs caractères anatomiques peuvent, dans un cas d’empoisonnement, servir à diagnostiquer à quelle espèce, comestible ou toxique, on a eu affaire. On consultera sur ce point le travail de Boudier (de Montmorency) sur les champignons, au point de vue de leurs caractères usuels, chimiques et toxicologiques.

8° Bien qu’il soit fréquent de rencontrer des œufs de vers intestinaux chez des personnes, surtout chez des enfants, d’une bonne santé apparente, nous reportons cette étude aux développements que nous nous proposons de consacrer aux parasites de l’intestin.

§ IV. — - DES MODIFICATIONS PRODUITES PAR LES MALADIES SUR LES DÉJEC¬ TIONS INTESTINALES. — MATIÈRES FÉCALES PATHOLOGIQUES.

Nous savons déjà que, sous l’influence de diverses affections du tube digestif, groupées sous le nom de dyspepsie, les matières alimentaires, la viande même, peuvent traverser l’intestin sans être profondément modifiées par l’action des sucs digestifs. S’il y a une lésion du pancréas, les matières grasses passent pour ainsi dire inaltérées et se retrouvent sous forme huileuse, ou de suif, à la surface des excréments. En même temps, ditM. Gh. Ptobin, les faisceaux primitifs ou striés des muscles passent presque intacts, et souvent même sans être dissociés, c’est-à-dire sans être plus isolés les uns des autres, qu’ils ne le sont dans le chyme, au sortir de l’estomac.

On voit encore, suivant le même auteur, des lobules de tissu adipeux, sphériques, ou lenticulaires, flottant çà et là, ou adhérant aux flocons, formés par les masses musculaires incomplètement dissociées. M. Robin attribue la coloration jaunâtre de ces globules et l’opalescence plus ou moins complète

Page 1