CHAPITRE XV. — DES MATIÈRES FÉCALES
•ce n’est pas à du sable ordinaire que ressemble cette matière •sableuse, car elle est enveloppée d’une substance organique ou enrobée, pour ainsi dire, dans une gangue particulière. La malade par conséquent n’a pas simplement déposé le sable dans ses déjections. Soumis à l’analyse chimique, ce sable s’est montré composé de carbonate de chaux, de silice, de traces de fer et de matière organique. — • La malade ne prenait ni magnésie calcinée, ni craie préparée.
2° Chez un autre malade, M. Laboulbène a également recueilli du sable intestinal, dont il donne la description suivante : Les granulations sont jaunâtres, assez semblables entre elles, ayant ! /3 à 1/2 millimètre de diamètre, les moindres seulement 2 à 3 dixièmes de millimètre. La loupe fait voir tout de suite qu’elles sont irrégulières sur leur surface. Au microscope, on trouve que presque toutes ces granulations sont hérissées de petits points cristallins. D’autres sont, au contraire, formées par des cellules végétales â paroi épaisse et à noyau volumineux. 11 y a enfin des granulations constituées par des fragments, il cassure nette, semblables à du verre brisé. Ces fragments •sont identiques aux débris siliceux qui forment le sable ordinaire. L’analyse chimique a démontré que ces calculs étaient formés de silice, de phosphate de chaux et de magnésie et d’une faible quantité de matière organique.
3° Dans une troisième observation, les granulations remises au Dr Laboulbène étaient plus grosses que dans le second cas ;
elles étaient roussâtres, la plupart avaient un demi-millimètre de diamètre. Leur surface, à la loupe et au microscope, était revêtue de prolongements prismatiques, sous la forme de cristaux irréguliers. M. Laboulbène a nettement constaté la présence de cellules végétales et même de petits grains orbiculaires, ayant un sommet pointu et recourbé et pleins de tissu végétal. L’analyse chimique a montré que ces granulations avaient une composition analogue au sable de la deuxième observation.
Dans ces cas, comme dans les précédents, les malades avaient une alimentation très riche en matières végétales ; dans plusieurs autres cas observés par M. Laboulbène, la composition des grains de sable a été trouvée la même par M. Méhu.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
En résumé, dit M. Laboulbène, on peut dire que la matière sableuse intestinale, différente de la gravelle biliaire et des concrétions stercorales, reconnaît pour origine les matières siliceuses ou organiques végétales venues du dehors. Sur ces noyaux, comme autour d’un centre, des couches de matières azotées et du phosphate ammoniaco-magnésien se déposent, comme sur un corps étranger quelconque, séjournant dans le gros intestin. Les granulations du sable intestinal ne sont donc pas analogues aux calculs rénaux, mais au contraire aux calculs vésicaux, ayant pour centre ou noyau, un corps venu dans la vessie et encroûté de substances calcaires.