‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 332 sur 451 · INTESTINAL · texte numérisé non relu

INTESTINAL

Dans un chapitre précédent nous avons parlé des calculs biliaires. Nous ne mentionnerons que pour mémoire les corps étrangers volumineux, qui se forment dans les voies digestives des grandes espèces d’animaux ruminants, ou solipèdes, et connues sous le nom de bézoards ou d’égagropiles. Les détails qui suivent sont empruntés à une communication faite à l’Académie de médecine le 18 novembre 1873, par notre maître le professeur Laboulbène, si versé dans les questions d’histoire naturelle et d’anatomie pathologique. On a observé dans l’intestin de l'homme des concrétions d’un assez gros volume. L’une de ces concrétions, décrite avec détails par M. Laboulbène, présente, au point de vue microscopique, cette particularité intéressante, qu’elle était composée de fragments végétaux provenant de eariopses d’avoine et d’éléments minéraux organiques. Les plus fréquents des corps étrangers intestinaux sont, les noyaux, les graines de fruits alimentaires, les débris d’os, d’arêtes, sans compter tous les objets qui peuvent être introduits accidentellement dans les voies digestives, ou les calculs venus du foie. M. Laboulbène rappelle, avec raison, combien sont graves les accidents que peuvent produire ces corps étrangers, quand ils s’arrêtent dans une portion de l’intestin et surtout quand ils s'engagent dans l’appendice iléo-cœcal. L’inflammation des parois intestinales, la perforation de l’appendice sont possibles et sont suivies de péritonite, ou de phlegmon iliaque.

A côté de ces concrétions d’un volume relativement considérable, il se produit, dans l’intestin, du sable ou du gravier intestinal. M. le professeur Laboulbène a fait connaître six observations d’expulsion de sable intestinal; nous renvoyons à sa communication pour les détails clini jues des observations, ne conservant que ce qui a surtout trait à nos études.

1° A l’œil nu, la matière sableuse était formée de petits grains brunâtres, séparés, fins, ayant en moyenne un demi-millimètre de diamètre, mais un certain nombre n’avaient que deux

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ou trois dixièmes de millimètre. Avec une forte loupe, on constatait que les plus gros grains, foncés en couleur, sont inégaux à leur surface, ceux de moindre volume sont un peu moins colorés ; et placés sur une lame de verre, beaucoup offrent un aspect hyalin, ou un peu transparent. Après macération dans une eau légèrement acidulée, soit par l'acide acétique, soit par l’acide chlorhydrique, la plupart des granula-

Fig. 373. — Sable intestinal (Laboulbène). — d , d, d, e, e. Masses d’apparence cristalline composées de petits corps agglomérés; e, e, sont plus petites et plus anguleuses. — f, f, f, f. Grains siliceux, à cassure nette et régulière. — b , b , o. Cellules à parois épaissies et à noyau foncé, pareilles aux cellules végétales qui proviennent des grains dits pierreux des poires. — n. L’une de ces cellules plus grossie, montrant sur sa paroi les canaux qui vont de* l’intérieur à l’extérieur. — c. Fragment d’un tissu végétal, parcouru par des tubes trachéens, trouvé dans le tube intestinal.

lions brunâtres laissent voir qu’elles sont revêtues et comme empâtées d’une matière organique et leur surface paraît hérissée de cristallisations irrégulières. Il y a donc une partie centrale cristalline et une portion enveloppante organique, nettement isolée par une solution de potasse caustique. Les grains, petits et un peu plus transparents au premier abord, étaient formés par des cellules tantôt séparées, tantôt réunies en groupes, rarement arrondies, plus ordinairement polyédriques, à parois épaisses, à contenu ovoïde ou irrégulier, et d’un brun rougeâtre, placé dans la cavité de chaque cellule. Les parois étaient traversées par des canaux fort nombreux, régulièrement espacés, venant de l'intérieur et allant à la périphérie. Il résulte de cet examen de M. Laboulbène, que

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