CHAPITRE XVI
DES PARASITES
pour établir dans quel genre, dans quelle espèce on doit ranger le parasite, il faut recourir à l’observation microscopique. Pour mènera bien une recherche généralement délicate, il faut suivre certaines méthodes, dont la connaissance est indispensable, pour obtenir rapidement des résultats positifs. Nous avons appliqué la plupart de ces méthodes dans le laboratoire du Dr J. Chatin, et avec son bienveillant concours. Les résultats obtenus ont toujours été très satisfaisants.
1° CESTOÏDES. — TÆMA SOLIUM.
1° État cystique. — L’étude du tænia solium à cet état est «de la plus haute importance parce que le cystioerque ladrique -se rencontre dans la viande du porc (cysticerque de la cellulosite, ladrerie du porc), et que le cysticerque peut également se rencontrer chez l’homme, où il produit des troubles très graves, surtout quand il occupe le cerveau. Avant d’étudier •ces cas particuliers, nous allons donner la description du cysticerque.
Le cysticerque ladrique se présente sous l’aspect d’une 'vésicule oblongue ou elliptique, rarement sphérique, limitée par une membrane mince et élastique, d’un blanc jaunâtre. D’après Laboulbène, l’enveloppe serait double : l’une extérieure, kyste adventif et indépendant de l’animal; l’autre «qui n’est autre que l’animal lui-même, à l’état vésiculaire, replié ou invaginé, c’est à-dire rentré ou renversé sur luimême. Les enveloppes présentent une ouverture, une sorte
de hile ou de pertuis, entouré d’un cercle blanchâtre, par où sort l’animal, quand il projette sa tête ou son cou, sous forme d’un très petit tubercule blanc. L’incision de cette vésicule donne issue à une petite quantité de liquide et met à nu le scolex qui s’y trouve invaginé et représente la tête du tænia parfait.
Le scolex doit être extrait avec soin, débarrassé des débris 4le la vésicule, puis examiné d’abord dans le liquide cystique, si celui-ci est en quantité suffisante, soit dans du sérum. On n’exercera d’abord qu’une légère compression, puis on
pourra placer le cysticerque dans la glycérine et le traiter par l’acide acétique, qui attaquera les corpuscules calcaires, déjà nombreux à cette période de développement. On verra alors, au sommet du scolex ou tête, une double couronne de trente-deux crochets longs de 0,17 millimètres (grands crochets) et de 0,12 millimètres (petits crochets), et au-dessous, quatre ventouses symétriquement disposées.
Tels sont les caractères du cysticerque normal, mais l’âge peut le modifier considérablement, en y apportant des changements notables : les points pigmentaires, souvent à peine
Fig. 384. — Cysticerque ladrique. — De grandeur naturelle eu C, en D ; en B, l’animal est considérablement grossi et montre la tête avec les quatre ventouses, la double couronne de crochets et suivie du cou ridé. En A, deux crochets, un de chaque rangée, considérablement grossis.
indiqués dans le jeune scolex, finissent quelquefois par l’envahir complètement et lui donner un aspect noirâtre ; mais cette prolifération de la matière pigmentaire nJest rien, auprès de l’abondance avec laquelle les concrétions calcaires se montrent dans ces vieux cysticerques ; ils subissent une véritable transformation crétacée.
D’autre part, la vésicule elle -même peut présenter un épaississement plus ou moins considérable des parois, offrir des plicatures ou devenir muriforme, etc. Un examen attentif, remploi de solutions acides, la recherche des crochets (parfois masqués par les grains pigmentaires, ou les corpuscules calcaires), permettent de reconnaître la nature de ces productions. Dans la viande de porc, il est rare d’avoir à reconnaître des cysticerques altérés de la sorte , mais chez l’homme (cerveau, muscles), c’est surtout à cet état qu’on les