CHAPITRE XVI. — DES PARASITES
d’inégale épaisseur, on aura une idée nette de cette disposition des lamelles emboîtées. A la partie interne de la membrane hydatique, on trouve une couche grenue des plus remarquables, découverte par le professeur Ch. Robin. Cette couche est une véritable membrane germinale, donnant naissance aux échinocoques et suivant que l’hydatide est pourvue, ou non, de cette membrane, elle est fertile ou non fertile, ainsi que Davaine l’a démontré. Les termes d’hydatide mère ou fille n’expriment que le fait de vésicules renfermant, ou ne renfermant pas d’autres vésicules; la membrane germinale seule rend l’hydatide fertile, ou apte à produire des échinocoques. Dépourvue de membrane germinale, l’hydatide mère, remplie[de vésicules semblables à elle, est réellement stérile par rapport aux échinocoques, dont la production est alors impossible.
Les hydatides mères et filles sont aussi appelées endogènes et exogènes ; ces dernières sont rares chez l’homme. M. Mégnin
Fig. 398. — A. Fragment d’hydatide revêtu de la membrane germinle et montrant de haut en bas le développement de l’ échinocoque . — B. C. Fragments hachés de membrane hydatique, vus par la tranche, ils offrent une disposition lamelliforme; en B, on voit â la face interne la couche germinale granuleuse. — D. Hydatide ouverte, renfermant des hydatides plus petites. — E. Échinocoque avec la partie antérieure rentrée en dedans du corps ou invaginée ; on voit la disposition des crochets des ventouses ; le corps renferme des corpuscules calcaires (d’après Laboulbène).
(France médicale, juin 1875) en a publié et figuré un remarquable exemple chez le cheval. En examinant l’intérieur d’une hydatide mère, dépourvue de membrane germinale, on peut trouver des bourgeons qui se développent ultérieurement, en
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
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vésicules ; ces bourgeons détachés, comprimés et examinés au microscope, offrent exactement la même disposition que les enveloppes hydatiques, constituant les grandes vésicules. Si les bourgeons sont placés sur la face externe, l’hydatide produira des vésicules exogènes (v. Davaine). Les kystes alvéolaires à échinocoques, du foie et du poumon, appelés aussi tumeurs à échinocoques multiloculaires , se rapprochent des hydatides exogènes. Leur contenu gélatiniforme est en réalité formé de membranes hydatiques repliées et renfermant des échinocoques (Laboulbène, loc. cit ., p. 27 et 28).
Les échinocoques (e/Jvoç, hérisson et xoxxoç, grain) proviennent par bourgeonnement delà membrane germinale, des hydatides fertiles. D’abord ils sont constitués par une granulation blanchâtre, à peine visible à l’œil nu, qui se montre à la surface, qui grossit, se pédiculise et qui enfin, se détache pour nager librement, dans le liquide hydatique. Le corps des échinocoques est formé par une vésicule arrondie ou ovoïde, quand l’animal se contracte. Sur la partie postérieure, on trouve parfois les traces du pédicule, par lequel l’animal tenait à la membrane germinale. La partie antérieure, ordinairement invaginée, offre quatre ventouses et une double couronne de crochets. Le corps est parsemé de granulations formées de carbonate de chaux et de phosphate de chaux, unis à une substance organique (Laboulbène, Mémoires cle la Société de biologie , 1872).
Les hydatides, ou poches hydatiques, bien développées dans nos organes, peuvent ultérieurement subir des altérations importantes. La membrane s’épaissit en plusieurs points, elle devient cartilaginiforme ; la surface interne est rude, inégale, enduite de sels calcaires. L’hydatide n’est plus arrondie, mais bombée avec des enfoncements et des diverticules. La paroi cède sur quelques points, la poche peut communiquer avec les vaisseauxou les cavités voisines. D’autres fois, quoique bien plus rarement qu’on ne l’a dit, l’intérieur est rempli d’un liquide purulent. M. Laboulbène en a observé deux cas.
Dans un degré extrême, les échinocoques périssent, le liquide se résorbe, il ne reste qu’un magma granulo-graisseux, parfois semblable à du mastic, où l’on trouve encore les cro-