‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 378 sur 451 · CHAPITRE XVI. — DES PARASITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. — DES PARASITES

rencontra une vive opposition de la part de Raspail. En 1834, un étudiant, nommé Renuci, montra de nouveau, d’une façon incontestable, la présence d’un parasite dans les sillons. Depuis, de nombreux travaux ont mis cette découverte à l’abri de toute contestation. Le sillon est le signe le plus caractéristique de la gale, il sert d’habitation au Sarcopte, il est donc important de savoir le reconnaître ; nous emprunterons sa description au travail de M. le Dr Mailhetard (Paris, 1873). « 11 se

Fig. 423. — Acarus de la gale. Fig. 424. — La femelle du même, vue par sa face Mâle, vu eu dessous. dorsale, tous deux fortement grossis.

rencontre le plus souvent aux mains, dans les espaces interdigitaux, sur les faces latérales des doigts, sur les poignets, sur la verge, le scrotum chez l’homme, et sur le mamelon chez la femme. Il représente une petite ligne ordinairement courbe et de dimensions variables, dimensions qui peuvent atteindre de 3 millimètres à 3 centimètres, rarement plus. C’est une traînée, indiquant que quelque chose a passé parla, et qui ressemble parfaitement à la lésion qui résulterait d’un trait irrégulier fait sur l’épiderme, avec la pointe d’une épingle. Sa cou-

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leur est variable, généralement noire chez les personnes malpropres, elle est grise chez celles qui ont l’habitude de se laver souvent les mains. La courbure décrite par le sillon ressemble le plus ordinairement à un e ou à une cédille ; mais, lorsqu’il est un peu long, il est sinueux et représente des lignes courtes, réunies entre elles, de façon à simuler plus ou moins grossièrement la lettre S; il est rarement droit. Le sillon présente deux extrémités, l’une plus large est ouverte, c’est la porte d’entrée de l’Acare, l’autre plus étroite est fermée et terminée par un point blanc, c’est à ce bout que se tient l’Acare... »

Le sillon trouvé, il reste une manœuvre délicate à accomplir, c’est de déloger l’Acare sans le tuer et sans altérer ses formes. On a proposé plusieurs méthodes pour y arriver; voici les plus employées:

On déchire l’épiderme avec précaution à une petite distance de la papule, ou de la vésicule, sur le bord de laquelle on aperçoit l’éminence punctiforme, déterminée parla présence du parasite. Poussée avec précaution, l’aiguille passe sous l’Acare qui s’y cramponne et reste immobile. On peut alors l’examiner à un grossissement de 50 à 100 diamètres. On a proposé de sectionner la vésicule, mais d’après M. Mailhetard, cette méthode serait mauvaise, parce que le sillon ne communique pas avec la vésicule et n’a le plus souvent, avec elle, qu’un rapport de voisinage. « Il en est de même de la pustule. La vésicule et la pustule sont des lésions sous-épidermiques, tandis que le sillon est intra-épidermique ; ce qui explique pourquoi l’on voit le sillon ramper sur la vésicule ou la pustule. » Le Dr Mailhetard conseille de raser le sillon avec la’ pointe d’une épingle depuis la porte d’entrée de celui-ci jusqu’à son extrémité. Le mômesillonpeutrenfermeroutreunAcare, plusieurs œufs, ainsi que des excréments, qui donneraient aux écailles épidermiques, soulevées pour former la galerie, leur couleur noire ou grise.

Dans le cas où la gale se complique d’eczéma, on conseille de faire bouillir les croûtes qui existent à la surface de la peau, dans une solution de soude caustique. On détruit ainsi les corpuscules de pus et les parcelles épidermiques, les Acares restent intacts. On réussira souvent à isoler les Acariens après avoir laissé tremper les croûtes pendant quelque temps.

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