‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 389 sur 451 · CARACTÈRES PRINCIPAUX DES MUCUS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES PRINCIPAUX DES MUCUS

Du mucus considéré en général. — On donne le nom collectif de mucus, dit M. Robin, à toutes les sécrétions qui proviennent du tissu mince des membranes muqueuses et des glandes ouvertes à leur surface, tant que le produit de ces dernières n'a pas de caractères spéciaux qui lui méritent un nom 'particulier. Ce qui différencie les glandes, des muqueuses, c’est que la sécrétion des glandes est presque toujours intermittente, tandis que les surfaces muqueuses sécrètent constamment. C’est pourquoi, dans un certain nombre de cas, on peut obtenir le mucus sans la sécrétion glandulaire à laquelle il est ordinairement mélangé. Ainsi que l’ont dit MM. Duval et Lereboullet, le mucus est aux surfaces muqueuses ce que la desquammation furfuracée de l’épiderme est à la surface cutanée. Bien plus, quand la couche cornée de l’épiderme n’existe pas, la peau devient identique à une muqueuse et elle donne naissance à un véritable mucus. C’est ainsi que la peau des poissons fournit rapidement, sans glandes spéciales, une quantité considérable de mucus sur toute sa surface; c’est ainsi que la peau humaine se comporte elle-même, lorsque l’épiderme, ayant été détruit ou notablement altéré, elle donne naissance à ce liquide muqueux qui suinte si abondamment dans les affections cutanées ( loc . cit. , p. 197 et suiv.).

Caractères principaux des mucus. — Ils sont généralement visqueux, épais, et ont une consistance filante ; leur teinte est tantôt grisâtre et demi-transparente. Ils renferment un principe variant suivant leur origine, auquel on a donné le nom

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

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de mucosine . Ce principe est coagulé par l’action de certains réactifs. Les mucus, tiennent en outre, en suspension des cellules épithéliales, provenant des muqueuses qui les ont sécrétées. Sous l’influence de la moindre irritation, on voit apparaître dans les mucus, des globules blancs (mucus nasal, buccal, vésical); ils ne diffèrent pas des globules blancs ordinaires et ne méritent pas le nom spécial qu’on leur a donné, de globules muqueux.

Les mucus peuvent renfermer des corps étrangers, tels que des granulations graisseuses, des algues, des infusoires, des vibrions. Dans le tube digestif, ils peuvent renfermer des débris de matières alimentaires (Robin, Traité des humeurs).

Caractères de la mucosine. — Quand on examine au microscope de la mucosine, ou mucine de certains auteurs, on voit qu’elle présente des stries parallèles, onduleuses, non entrecroisées, à moins qu’il n’y ait eu superposition. Sous l’influence de l’acide acétique, qui coagule la mucosine, cette striation devient très nette. Toutefois, il est utile de noter que, lorsque la mucosine s’est gonflée au contact d’un liquide, l’urine, par exemple, ces stries sont plus difficiles à apercevoir; quelquefois la mucosine se présente à demi concrète, sous l’influence de certains troubles ; ce cas se présente fréquemment pour le mucus intestinal, surtout chez les personnes ordinairement constipées; on l’a noté également dans la vessie. Le mucus concret peut alors revêtir certaines formes qui pourraient le faire confondre avec des parasites.

Rappelons ici ce que nous avons déjà dit au chapitre Sperme : la spermatine, comme la mucosine, se gonfle au contact de l’eau, mais elle n’est pas rendue striée par l’acide acétique.

Les mucus renfermant un certain nombre de sels, il n’est pas rare que ceux-ci se déposent et forment, avec le mucus, des petits grumeaux de structure amorphe, ou renfermant quelques cristaux. C’est ainsi que le mucus nasal renferme quelquefois des rhinolithes; le mucus des voies lacrymales peut donner naissance à des dacryolithes. Ces petits calculs sont généralement de nature calcaire et ont une gangue formée de mucosine.

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