CHAPITRE XVII. — CARACTÈRES PRINCIPAUX DES MUCUS
Mucus nasal. — Très variable dans sa consistance et dans • sa couleur, le mucus nasal est tantôt fluide, filant, tantôt il se présente sous forme de grumeaux demi-solides, conservant dans ces divers états, un certain degré de viscosité, quelquefois même un certain degré de ténacité et de résistance à la dilacération. Quand il coule très fluide, il devient absolument transparent, mais quand il augmente de consistance, sa couleur varie du gris jaunâtre au jaune verdâtre. Quand le mucus nasal présente cette dernière coloration, il le doit à la présence d’un grand nombre de leucocytes. 11 n’en contient pas à l’état normal, ou du moins un nombre excessivement faible, il ne devient muco-pus que dans les cas d’inflammation de la muqueuse pituitaire. Outre les leucocytes, on rencontre encore des cellules épithéliales prismatiques, en plus ou moins grande quantité : des cellules épithéliales à cils vibratiles peuvent également être rencontrées dans le mucus nasal; elles proviennent de la muqueuse des fosses nasales, ou membrane de Schneider. On distingue en outre un grand nombre de granulations moléculaires dont l’origine, dit M. Robin, n’a pas été nettement déterminée ; sous l’influence de l’acide acétique, le mucus nasal prend un aspect nettement strié.
Les taches produites par le mucus nasal varient de couleur suivant que celui-ci est à l’état physiologique ou pathologique; le linge peut prendre les colorations diverses que nous avons signalées plus haut. Les taches produites par le mucus nasal donnent une certaine raideur au linge. Voici, d’après M. Gosse, la marche à suivre pour étudier les taches produites par le mucus nasal. Quand le mucus nasal peut se détacher en écailles, on met une de ces écailles sur une lame de verre avec un peu d’eau distillée. Ces fragments se gonflent au bout d’un temps variable, quinze ou trente minutes, et donnent de petites boules de mucus, épaisses, blanchâtres et transparentes. L’acide acétique donnera au mucus un aspect strié plus ou moins net; on y découvrira également des granulations moléculaires, des cellules d’épithélium cylindrique à cils vibratiles
Fig. 439. — Épithélium vibratile de la muqueuse de Schneider (Kôlliker).
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
et d’épithélium nucléaire. Il ne faut pas perdre de vue que l’on pourra rencontrer dans les taches produites par du mucus nasal, des leucocytes, des poussières, des grains de tabac ainsi que des éléments anatomiques empruntés à un peu de mucus
Fig. 440. — Éléments cellulaires d’un liquide de coryza aigu. — A. Cellules cylindriques ou prismatiques de la muqueuse de Schneider détachées, ayant leurs cils vibratiles. — B. Cellules déformées encore pourvues de cils. — C. Cellules ayant des noyaux. — D. Globules de pus. — E. Les memes, traités par 1 acide acétique. — F. Globules rouges de sang. (D’après Laboulbène, Anat. Path.)
bronchique. On peut également constater la présence de poils provenant de l’orifice des fosses nasales.
Dans le cas où il n’aurait pas été possible d’enlever des écailles de mucus nasal, on revivifiera les taches en les faisant tremper pendant un temps variable dans de l’eau distillée.
Mucus lacrymal ou conjonctiYal. — Ce muCUS est mixte puisqu’il contient à la fois le produit de sécrétion de la muqueuse conjonctivale et le produit sécrété par les glandes lacrymales. Le liquide recueilli à la surface de la conjonctive est grisâtre, transparent; au moment même où on le retire, il est incolore. Veau le coagule , c’est une propriété très caractéristique; au contact de l’eau, il devient demi-solide et blanc comme l’albumine coagulée, avec moins de consistance (Ch. Robin).
Le mucus conjonctival tient en suspension quelques cellules épithéliales pavimenteuses. Si la conjonctive est enflammée, il se produit de nombreux leucocytes. On remarque encore