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CHAPITRE XVIII. — CONCLUSIONS

L’examen d’un débris végétal, rappelant un morceau de salsifis et formé d’une couche filandreuse, formée de faisceaux isolables, à laquelle adhère un petit fragment pulpeux a montré les éléments anatomiques suivants : faisceaux vasculaires, dans lesquels dominent les vaisseaux rayés (partie filandreuse), cellules polyédriques, contiguës, arêtes peu tranchées, remplies de granulations également disséminées et mesurant de 0mm,0528 à 0mm,H, dans leur grand diamètre et de 0mm,0o73 à 0mra,06G dans leur petit (partie pulpeuse). Ces cellules sont accompagnées de granules d’amidon de blé (Voir les préparations 4 et 4 bis).

Les débris de feuilles que contenait également, bien qu’en minime partie, l’estomac de la veuve G., sont composés de faisceaux, de trachées déroulables, circulant au milieu de cellules d’un vert jaunâtre.

Un grand nombre de grains d’amidon de blé, se rencontre encore dans cette préparation. (Voir la préparation n° 6, et la comparer à celle n° 10, faite avec de l’oseille cuite pour servir de terme de comparaison.)

Enfin, au nombre des matières alimentaires sus-désignées, se trouve un fragment d’épiderme végétal, à l’une des faces duquel adhère une mince couche pulpeuse et qui parait brûlé en certains points. A l’observation microscopique, la partie superficielle apparait composée de cellules polyédriques, dont les parois épaisses, sont formées de plusieurs couches superposées. Ces parois ont une épaisseur variant de Omm,OI3 à 0mm,016 et circonscrivent des mailles de 0mm, 03 à 0mm,04. La partie pulpeuse est formée de grandes cellules, les unes arrondies et les autres polyédriques, à surface totalement recouverte de marbrures. Ces cellules dont les dimensions varient dans les limites suivantes : grand diamètre de 0mm,8 à 0mm,lG ; petit diamètre, de 0mm,048 à 0mm,096, sont colorables en bleu par l’iode mais ne contiennent aucun grain de fécule distinct. Ces caractères physiques, microscopiques et microchimiques sont ceux que présente la pomme de terre cuite sous la cendre. Au milieu de la préparation qui a été conservée et qui porte les numéros 7 et 7 bis, on remarque, comme dans les précédentes, des grains intacts d’amidon de blé.

CONCLUSIONS

L’examen de la portion d’aliments recueillis dans l’estomac de la veuve G. et renfermée dans le flacon n° I y fait donc reconnaître :

1° Une notable proportion de pomme cuite. L’extrême rareté, des cellules pierreuses qui n’ont été rencontrées que dans une seule préparation correspondant à la partie calicinale, ne permet pas de confondre les cellules parenchymateuses sus décrites avec celles de la poire qui présentent cependant avec elles une grande analogie. Les cellules pierreuses qui, par leur accumulation, forment les grains durs

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des poires, ne sont pas localisées ci la partie calicinale mais disséminées dans la pulpe.

2° De la pomme de terre cuite, également devant le feu, ce que prouvent les parties carbonisées de la surface.

3° De l’amidon de blé, non cuit et presque inaltéré.

4° De l’oseille, en très faible quantité.

5° Du salsifis en très faible proportion.

De là, je conclus :

1° Que la femme G. a dû manger aune heure assez éloignée de sa mort, les aliments contenus dans le flacon n° 2. Ces derniers sont, en effet, en grande partie digérés :1a viande totalementdissoute par le suc gastrique fait défaut ; or, il résulte des expériences de M. Beaumont, que les viandes bouillies, sont digérées en quatre heures, l’oseille ne se retrouve qu’en minime proportion et le fragment de salsifis qui a résisté au travail de la digestion, est surtout composé des parties de la racine les plus réfractaires.

2° Que l'ingestion de la pomme de terre, de la pomme- et de l’amidon de blé, doit correspondre à un moment beaucoup plus rapproché de la mort. Les cellules de pomme de terre et de pomme n’offrent, en effet, ainsique leur contenu, aucune différence avec les memes parties de la pomme de terre et de la pomme cuites, pour servir de terme de comparaison (voir préparation n° 22) et, les granules d’amidon de blé sont encore presque tout intacts.

3° Que la femme G. n’a certainement pas fait usage à son dernier repas, des aliments recueillis chez elle et contenus dans le flacon n° 2.

En foi de quoi, nous avons signé le présent rapport que nous déclarons fait en honneur et conscience.

Rouen, le 27 mai 1878.

G. Pennetier.

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