‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 400 sur 451 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

CONCLUSIONS

Nous avons procédé à l’examen de deux pièces à conviction, saisies parla justice à la Neuville-champ-d’Oissel, le 3 avril dernier, au domicile des époux H., inculpés d’assassinat.

Ces pièces consistent en une porte vitrée et un montant en bois, et nous avons pour mission de rechercher si les taches que Ton trouve sur ces objets, n’étaient pas constituées par des débris humains et spécialement par du tissu musculaire.

Lors du transport de la justice, auquel l’un de nous assistait, ces taches étaient molles, s’aplatissaient sous la pression du doigt et offraient une teinte jaune rougeâtre, plus ou moins foncée. Elles ont une épaisseur variable et semblent avoir été faites par une matière projetée.

Nous avons extrait pour la soumettre à l’examen microscopique, une portion de ces taches qui étaient en grande partie desséchées et offraient plus de consistance que le jour de la saisie.

Ces taches ont donné lieu à cinquante préparations microscopiques qui ont été conservées et restent à la disposition de la justice, avec la partie réservée pour une autre expertise s’il y a lieu.

Examen de la porte vitrée. — Cette porte qui a lm,95 de hauteur et s’ouvrait de la cuisine dans la chambre à coucher, offre à considérer: 1° Une face peinte en blanc, donnant dans la chambre, portant la serrure et recouverte d’un rideau blanc ; 2° une face peinte en grisbrun, correspondant à la cuisine et munie de la poignée de la clanche.

Nous n’avons rien trouvé sur la première qui soit de nature à attirer l’attention ; les taches que nous avions à examiner sont toutes situées sur l’autre face.

Elles siègent sur la boiserie et sur les vitres. On les trouve sur la traverse horizontale supérieure, à 0m,10 du bord libre ; sur le montant vertical, au-dessus de la clanche, à vingt, trente-huit, quarante, quarante-cinq, et cinquante centimètres de haut et sur les deux carreaux supérieurs.

La traverse supérieure porte une tache qui a donné lieu à cinq préparations microscopiques. Elles sont toutes composées de cellules polyédriques, plus ou moins régulières, accolées mais facilement isolables par une légère pression, de dimensions diverses, mesurant fréquemment en diamètres 0mm, 176 ou 0mm,224 : ces cellules, à parois extrêmement minces, présentent des replis et des granulations agglomérées par places, jaunes plus ou moins foncées. Elles proviennent du mésocarpe d’un fruit pulpeux, tel que la pomme ou la poire.

Indépendamment de ces cellules et de quelques faisceaux vasculaires, on ne rencontre sur cette tache que deux ou trois grains d’amidon de blé, autant de grains de pollen, et un brin de duvet d’oiseau (Voiries préparations n° 13).

Les taches, situées à 20, 38, 40 et 45 centimètres de la limite supérieure du montant, sont composées des mêmes éléments, sauf, le

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duvet, et dans des proportions semblables. A ces derniers sont joints quelques débris calcinés provenant de la partie superficielle du mésocarpe. Ces taches ont donné lieu aux vingt préparations numérotées, 15, 16, 17 et 18.

A cinquante centimètres de la traverse supérieure, se trouve une tache à laquelle correspondent huit préparations composées des mêmes éléments cellulaires, souvent un peu plus foncés, auxquels sont joints des faisceaux vasculaires et de nouveaux débris calcinés. Comme précédemment on ne rencontre qu’exceptionnellement quelques grains d’amidon de blé ou de pollen et quelques fragments de duvet (Voir les préparations 14 et 14 bis.)

Mais sur la préparation numérotée, 14 bis, on voit à côté des éléments précédents et de quelques débris brûlés, un groupe de trois cellules pierreuses dont le grand diamètre mesure 0mm,048 et dont les parois épaisses sont canaliculôes.

Enfin le carreau supérieur voisin, porte également des taches dont quelques-unes sont saillantes mais un plus grand nombre sans saillie et, paraissant résulter de la dessication d’une substance liquide; elles sont formées des mêmes cellules parenchymateuses isolées ou réunies, de faisceaux vasculaires semblables, de quelques grains de pollen et de rares granules d’amidon de blé (Voir les préparations portant le n. 18).

Examen du montant isolé. — Cette pièce correspondant du côté de la cuisine, au montant de la porte vitrée mesure deux mètres de longueur, sur neuf centimètres de largeur et trois d’épaisseur. Elle est recouverte sur sa face libre par une couche de peinture identique à celle de la porte.

Les taches qu’elle présente se trouvent à vingt, soixante-quinze, quatre-vingt, et quatre vingt-cinq centimètres de l’extrémité supérieure.

Ces taches sont exclusivement composées des memes éléments que celles de la porte vitrée, à l’exception toutefois des cellules pierreuses, mais on y rencontre une plus grande proportion de débris carbonisés. L’amidon de blé y est également fort rare (Voir les 20 préparations numérotées 20 et 21).

CONCLUSIONS

De ces observations nous pouvons conclure :

1° Que ces taches ne sont pas dues à du tissu musculaire, ni à aucun autre tissu de nature animale.

2° Qu’elles sont principalement produites par de la pomme cuite. La rareté des cellules pierreuses que nous n’avons trouvées qu'au nombre de trois et dans une seule préparation empêche de confondre les cellules parenchymateuses observées avec celles de la poire. Ces cellules pierreuses doivent être rapportées à la région calicinale

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