CHAPITRE XIX
DES TACHES
peut être utile de déterminer si c’est bien de la matière cérébrale que l’on a sous les yeux.
On considère généralement dans la matière cérébrale deux éléments principaux, des tubes nerveux et des cellules nerveuses. Les tubes nerveux sont constitués d’une partie centrale (cylinder-axis, fibrilles primitives), et d’une substance qui l’enveloppe comme le suif la mèche d’une chandelle, et à la-
Fig. 445. — Tubes nerveux fins de la substance blanche du cerveau devenus variqueux.
(Gr. 350/1) (liolliker .)
quelle on a donné le nom d e myéline, ou de substance médullaire. Quand on l’observe à la lumière transmise, la myéline offre un double contour. Après la mort, en vertu d’une sorte de phénomène de liquation, la myéline s’écoule goutte à goutte, les bords des tubes nerveux perdent leur parallélisme et offrent des varicosités plus ou moins saillantes. Le tube nerveux présente aussi des renflements fusiformes placés de distance en distance, ce qui permet, dit M. G. Pouchet, de les distinguer comme tubes nerveux de très minces filaments sur la nature desquels on eût éprouvé sans cela quelque embarras.
Les cellules nerveuses ont un contenu finement granulé, assez consistant et souvent mêlé de pigment (Külliker). Elles
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
renferment un noyau très apparent, contenant lui-même un nucléole. Elles ont des formes variables : on en distingue qui sont rondes, pyriformes, fusiformes et étoilées. Ces cellules présentent des prolongements plus ou moins multiples; aussi
Fig. 446. — Globule ganglionnaire ( bipolaire ) du brochet, dont les deux extrémités sont terminées en tubes nerveux à bords foncés (traité par l'acide arsénieux et grossi 350 fois). — a. Enveloppe du globule. — b. Gaine nerveuse. — c. Moelle nerveuse. — d. Cylindres de l’axe qui se continuent avec le contenu e du globule ganglionnaire, lequel, en se rétractant est écarté de l’enveloppe. (Kôlliker.)
on les a divisées en cellules multipolaires, bipolaires et même apolaires. Mais, ainsi que le fait remarquer M. G. Pouchet, sauf dans les cellules ganglionnaires , l’existence des cellules unipolaires n’a pas encore été démontrée, et il conviendrait de rejeter sur des accidents de préparation, l’existence de certaines cellules absolument dépourvues de prolongement (cellules rondes de Kôlliker). 11 serait impossible, dit M. G. Pouchet dans l’état actuel de nos connaissances, de nous figurer le fonctionnement d’un élément nerveux qui serait ainsi dépourvu de toute relation de continuité avec des points exté-