CHAPITRE XIX. — DES TACHES
rieurs à l’élément lui-même, d’où il doit recevoir l’incitation ou bien auxquels il doit la transmettre.
Ges cellules s’altèrent rapidement, ce qui fait que dans la matière cérébrale desséchée ou altérée, il est très difficile de les retrouver.
Les tubes nerveux réunis entre eux en faisceaux ou entrela-
Fig. 447. — Cellules nerveuses de la substance grise du plancher du sinus rhomboïdal de l’homme, grossissement de 350. D. (Kolliker.)
cés, et associés à du tissu conjonctif et à des vaisseaux capillaires, constituent ce qu’on appelle la substance blanche de la moelle et du cerveau; elle forme également les nerfs, mais ceux-ci sont en outre enfermés dans une gaine que l’on appelle névrilème.
Les cellules nerveuses dominent surtout dans la substance grise, elles sont accompagnées de fibres nerveuses, en nombre plus ou moins considérable, ainsi que du tissu conjonctif qui
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
sert de support aux éléments nerveux. Les tubes nerveux sont abondants, dans la plupart des ganglions, dans la substance grise de la moelle épinière, tandis que l’on ne rencontre presque exclusivement que des cellules nerveuses, dans l’écorce grise du cerveau et du cervelet (Kôlliker). Ces simples notions permettront de bien comprendre ce qui va suivre.
Les taches de matière cérébrale prennent une coloration variable, suivant les conditions au milieu desquelles elles ont été produites, ou se sont desséchées. Si elles contiennent du sang en quantité appréciable, elles peuvent prendre une coloration rouge sale, rappelant celle de la rouille; généralement elles sont d’un gris jaunâtre. Elles se ramollissent dans l’eau distillée froide, se gonflent et se laissent facilement dissocier. Pour examiner des taches formées de matière cérébrale, M. Robin conseille d’employer un grossissement d’au moins cinq cents diamètres.Pendant la dessiccation, les tubes nerveux éprouvent une altération en vertu de laquelle la myéline , disparaissant en certains points, laisse à nu le cylinder-axis (cylindre-axe) qui la traverse, comme on voit dans certains ipecacuanhas, le tissu ligneux apparaître sur une certaine longueur, complètement dépourvu de la partie corticale de la racine. Il suffit donc de faire macérer un fragment, même très petit, de matière cérébrale dans de l’eau distillée pendant deux ou trois heures et de le dilacérer avec soin à l’aide d’aiguilles fines, l’examen microscopique permettra de reconnaître la présence de tubes nerveux plus ou moins altérés. Ces tubes peuvent être entrecroisés en tous sens, courbés ou rectilignes ou flexueux. La myéline se présente sous la forme de gouttes peu nombreuses, de volume et de forme très variables, mais d’apparences très nettes.
On constate en outre dans ces taches, d’après Gosse, des vibrions souvent en nombre considérable, ainsi que des filaments d'algues microscopiques. Un grand nombre de substances étrangères, peuvent se trouver accidentellement mêlées à ces taches, suivant l’objet qui leur sert de support.
Lorsque du sang a été mêlé à de la matière cérébrale, on retrouve au milieu des tubes nerveux des hématies plus ou moins profondément altérées, que l’on reconnaîtra aux carac-