‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 420 sur 451 · CHAPITRE XX. — EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. — EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX

Cyclops quadricornis. Ces crustacés sont ainsi nommés pauce qu’ils ont un groupe d’ocelles qui ressemble à un œil unique. La carapace recouvre tout le céphalo-thorax, ne laissant au-dessous que le passage des pattes, qui sont au nombre de cinq paires; ils ont en outre des pattes-mâchoires, des mandibules, et deux paires d’antennes.

La Daphnie puce d'eau ( Daphnia pulex) se trouve également dans presque toutes les eaux douces. La carapace de ce crustacé est bivalve. Cette espèce est également monocle. Le corps tout entier est enfermé dans la carapace.

Ce crustacé, qui n’est pas microscopique, attendu qu’il a presque un centimètre de long, pullule dans les ruisseaux, surtout dans les sources d’eau vive, dont il est en quelque sorte la caractéristique. C’est la crevette d’eau douce, vulgairement appelée encore puce d’eau. 11 est reconnaissable à son corps comprimé latéralement, à son abdomen conformé de façon à agir comme un ressort, et à projeter l’animal en avant ; ce dernier nage sur le flanc.

On trouvera dans l’ouvrage de Pelletan des détails très curieux sur le mode de fécondation des crustacés (loc. cif. , p. 749). Ils éprouvent une série de mues qui tendent à les rapprocher de plus en plus delà forme définitive qu’ils doivent conserver. Ces crustacés microscopiques peuvent être conservés de la même façon que les Acariens.

On signale encore dans les eaux douces des Arachnides de l’ordre des Acariens, famille des Hydrachnides, Atax, etc., qui pendant une partie de leur vie sont parasites de mollusques et d’insectes aquatiques.

Conservation des Infusoires.

Nous devons à M. A. Certes, inspecteur des finances et naturaliste distingué, un procédé qui permet de conserver les Infusoires. Pour plus d’exactitude, nous reproduirons presque intégralement la note présentée à l’Académie des sciences par ce savant histologiste « Malgré les travaux d’Ehrenberg, de Claparède et Lachmann, de Balbiani, de Stein, etc., les micrographes n’ont jusqu’à présent à leur disposition aucun moyen d’obtenir des préparations permanentes d’infusoires. Ces préparations offriraient cependant de nom-

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breux avantages : dessins plus exacts ; possibilité de faire usage de la photographie ; facilités plus grandes de reconnaître, de mesurer et de compter les cils et les appendices les plus délicats des Infusoires, de saisir et de fixer dans leur forme et dans leurs diverses transformations les individus en voie de fissiparité ou de conjugaison ; de faire voyager les préparations et de créer des collections qui font actuellement défaut dans tous les muséums de l’Europe.

« Le procédé décrit ci-dessous repose essentiellement sur l’emploi des vapeurs d’acide osmique. Il ne paraît pas que cette méthode, bien connue en histologie, ait jamais été appliquée à la fixation et à la conservation des Infusoires. Je dois cependant mentionner deux Mémoires, relatifs l’un et l’autre au xNoctiliiques, et dans lesquels l’acide osmique est signalé comme le réactif le mieux approprié à l’étude de ces organismes microscopiques, fort voisins des Infusoires. Le plus ancien (1866) est de M. Schultze ; le second, tout récent (1878), de M. Vignal (1).

« Les Infusoires sont fixés instantanément dans leur forme par l’acide osmique ; les moindres détails, cils, cirrhes, flagellum, armature buccale, peuvent être observés avec les plus forts grossissements, lorsque les préparations sont réussies, comme elles doivent l’étre ; le plus souvent les Euglènes et les Paramécies vertes conservent leur couleur caractéristique. Le noyau et le nucléole, colorés artificiellement, se détachent nettement et montrent, lorsqu’il y a lieu, les curieux phénomènes si bien décrits par M. Balbiani dans le Mémoire couronné par l’Académie en 1862.

« D’après les réactifs employés et les précédents histologiques, on est en droit d’espérer que ces préparations se conserveront indéfiniment.

« Je ne saurais affirmer que toutes les espèces d’infusoires sont susceptibles d’être préparées à l’acide osmique; je constaterai seulement que, parmi celles que j’ai rencontrées dans ces derniers temps, je n’en ai trouvé aucune que je n’aie réussi à conserver d’une manière plus ou moins parfaite. La principale difficulté paraît être d’obtenir les Infusoires à tissu rétractile, tels que les Stentors, les Vorticelles, etc., dans un état de complète extension.

« Procédés. — Pour la fixation des Infusoires, je fais usage d'une solution d’acide osmique (2) à 2 pour 100. Le point important est de faire agir le réactif promptement et avec une certaine force. Deux moyens permettent d'atteindre ce résultat avec quelque certitude ; le

(1) Recherches histologiques et physiologiques sur les Noctiluques , par M. Vignal, répétiteur à l’École des Hautes Études ( Archives de physiologie, 1878).

(2) L’acide osmique est toxique; ses vapeurs peuvent déterminer une irritation et môme une inflammation de la conjonctive. On doit donc le manier avec certaines précautions. Pour sa préparation et son emploi, consulter le Traité technique d' Histologie, par L. Ranvier (p. 5 et 55).

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