‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 421 sur 451 · CHAPITRE XX. — EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. — EXAMEN MICROSCOPIQUE DES EAUX

premier, qui convient dans la plupart des cas, consiste à exposer aux vapeurs d’acide osmique, les Infusoires préalablement déposés sur une lame de verre. En règle générale, cette exposition ne doit pas dépasser dix à trente minutes.

« Pour les Infusoires très contractiles, j’opère différemment et j’obtiens le contact immédiat de l’acide osmique en déposant une goutte du réactif sur la lamelle elle-même, avant d’en recouvrir la goutte d’eau qui les renferme.

« Quel que soit le procédé, il faut que les Infusoires ne soient soumis à l’action du réactif qu’après avoir repris leurs allures normales, qu’une secousse interrompt momentanément.

« Une fois la lamelle posée, on doit éviter tout déplacement qui pourrait écraser des organismes aussi délicats. Pour atteindre ce résultat, on soutire, avec du papier josepli, le liquide qui se trouve en, excès. On amène ainsi un certain degré de compression que l’on peut graduer avec un peu d'habitude, et qui a l’avantage de rendre les Infusoires plus transparents. Ceci fait, on lute deux des bords parallèles de la lamelle, soit avec la paraffine, soit avec le baume du Canada. Ce n’est que lorsque la préparation est ainsi mise à l’abri de tout accident mécanique que l’on fait arriver la matière colorante et le liquide conservateur.

« Les résultats obtenus avec le bleu soluble d’aniline sont loin de valoir ceux auxquels on arrive par l’emploi de l’éosine et surtout du picrocarminate de Ranvier. On peut colorer directement avec le picrocarminate les Infusoires préalablement fixés par l’acide osmique; mais, lorsqu’il est employé seul, on n’est pas maître du degré de coloration, et souvent il arrive que les préparations deviennent opaques. Après plusieurs essais, je me suis arrêté à un mélange de glycérine et de picrocarminate avec lequel on obtient une coloration constante au degré voulu :

Glycérine . 1 partie.

Eau . 1 D

Picrocarminate . 1 »

« Introduite brusquement la glycérine , même diluée , produit le plus souvent un retrait anormal des tissus qui ne disparaît pas toujours avec le temps. Dans son Traité d’Histologie , M. Ranvier donne un moyen très simple d’éviter cet inconvénient, moyen que j’ai employé avec succès pour les organismes les plus délicats, tels que les Oxvtriches et les Stentors, 11 consiste à placer dans une chambre humide les préparations lutées ainsi qu’il est dit ci-dessus et à déposer une goutte de glycérine carminée sur le bord de la préparation. L’eau s’évapore très lentement et au bout de vingt-quatre heures se trouve remplacée par la glycérine diluée. On peut alors, par le même procédé, remplacer la glycérine diluée par de la glycérine

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concentrée, qui assure plus efficacement la conservation des préparations.

« Tous les modes de fermeture peuvent être appliqués aux préparations faites d’après les procédés que j’indique. Il y a cependant avantage à se servir de baume de Canada desséché et dissous dans le chloroforme. L’Infusoire que l’on veut examiner peut, en effet, se trouver sur le bord de la lamelle. Ce vernis, mince et parfaitement transparent, n’empêche nullement l’observation avec les plus forts grossissements.»

Examen microscopique «les eaux «le pluie (1). — Pour

faire cet examen, il est nécessaire d’employer au moins un grossissement de 500 diamètres. On aperçoit alors dans l’eau un grand nombre de corpuscules divers, appartenant au règne animal, végétal ou minéral; des grains de sable, de calcaire, de charbon, des débris d’étoffe, de bois, des parcelles animées de mouvement brownien, des grains de fécule, des grains de pollen, et quelquefois des bactéries. M. G. Tissandier, qui faisait ses observations au bord de la mer, a même rencontré une stellaire microscopique à douze rayons. Ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant, la nature des corpuscules que l’on trouve dans les eaux de pluie varie suivant les lieux où les observations sont faites.

Corpuscules contenus «lans l’eau «le rosée. — G. Tissandier ( loc . de, p. 30) a étudié au microscope des gouttes de rosée recueillies sur un brin d’herbe, ou formées artificiellement au moyen d’un mélange réfrigérant placé dans un tube de verre ; cet auteur a également fait usage d’éther à travers lequel il faisait passer un courant d’air. Cette eau de rosée renfermait des corpuscules indéterminés et animés d’un double mouvement de trépidation et de progression très intense, des microzoaires, des bactéries et des monades. Les produits végétaux seraient également très abondants, et M. Tissandier y aurait reconnu des grains de pollen, des grains de fécule, des sporules, des mousses, etc. Cet auteur a également figuré dans son ouvrage, des produits ayant l’aspect de mousses et de moisissures, d’un beau jaune clair ou d’un vert très tendre ; des algues, des corpuscules minéraux à surface angulaire,

(1) G. Tissandier, Les Poussières cle Pair. Paris, 1877.

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