PROTOPLASMA. NUCLÉUS
Propriétés physiques. — Le protoplasma est une substance incolore, de consistance gélatineuse, se présentant généralement comme une masse parsemée de granulations nombreuses et de grosseur variable. Rarement le protoplasma est homogène. Les cotylédons de Y Hélianthus en offrent cependant un exemple (Sachs). Toute cellule vivante pourra servir à constater ces propriétés.
Forme. — La forme du protoplasma n’est point définie. Elle varie à l’infini, et cela sous diverses influences dont les principales reposent dans les conditions mêmes de son existence :
1° Limité par une paroi, on le verra, si la cellule est jeune, remplir complètement la cavité de cette cellule. 11 tend d’ailleurs à la forme sphérique ou ovoïde; c’est en effet la forme ordinaire des jeunes cellules qui sont nées par formation libre, et, lorsqu’une partie de sa masse se condense pour former un noyau, celui-ci prend la forme d’une masse homogène ou granuleuse, tantôt régulièrement arrondie, tantôt plus ou moins ovoïde ; mais bientôt le suc cellulaire venant à se produire dans la cellule détermine au milieu de la masse protoplamastique de petites cavités, ou vacuoles (Voir fig. 20, C, page 52); le protoplasma est alors rejeté contre la paroi cellulaire où il forme une couche continue appefée utricule azotée ; des tractus protoplasmatiques traversent seuls alors la cavité cellulaire rattachant ainsi le noyau à la paroi protoplasmatique.
Utricule protoplasmatique ou azotée. — Cette nouvelle distribution du protoplasma dans la cellule constitue une modification dans la forme, amenée par les progrès du développement. Aussi ne s’étonnera-t-on pas de la retrouver dans toutes les cellules dont l’accroissement est assez avancé. Si la cavité de la cellule est très-grande, le revêtement interne formé par le protoplasma contre la paroi cellulaire pourra être difficile à apercevoir, mais il sera facile de le mettre en évidence, car il existe toujours tant que les cellules sont vivantes. 11 suffit, pour le
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
faire apparaître, d’employer une goutte d’un acide faible, ou d’une liqueur alcaline, ou encore une solution de sucre ou de glycérine. Sous l’influence de ces réactifs, le protoplasma perd de son eau, se contracte et se détachant de la paroi cellulaire apparaît comme une fine membrane.
Pour observer l’utricule azotée et les tractus protoplasmatiques qui se rendent au noyau, on prendra de préférence des cellules dépourvues de chlorophylle. L'épiderme ou même le parenchyme de la partie inférieure des feuilles des Liliacées ou des Iridées seront très-convenables pour cette étude. On sépare l’épiderme par petites plaques que l’on soulève en un point au moyen d’une aiguille dirigée parallèlement au plan de la feuille, puis avec une pince on enlève par une traction modérée un lambeau de cet épiderme qu’il suffit de placer sous le microscope dans l’eau ou dans l’albumine d’œuf. Pour le parenchyme on devra faire sur la feuille quelques coupes minces. Sur les feuilles de Y Iris germanica par exemple, on voit très-bien dans les cellules allongées ou un peu polyédriques du parenchyme ou encore dans les cellules tabulaires de l’épiderme l’utricule azotée granuleuse tapissant la face interne de la paroi de cellulose.
De forts noyaux arrondis ou allongés présentant un ou deux gros nucléoles brillants et de nombreuses granulations se tiennent tantôt au milieu, tantôt contre la paroi de la cellule. Un grand nombre de tractus protoplasmatiques partent d’une couche plus ou moins mince de protoplasma qui entoure ces noyaux et vont en divergeant atteindre le protoplasma périphérique.
2° Le protoplasma libre affecte souvent aussi la forme de masses rondes ou ovoïdes. Il suffit pour s’en convaincre d’observer quelques algues telles que les Vancheria , Spirogyria , ou GEdogonium. On verra que les Zoospores qui en naissent et qui ne sont formées que d’une masse protoplasmatique, tout d’abord dépourvue de membrane d’enveloppe, affectent une forme ovoïde presque constante. 11 en est de même des spores qui naissent dans les thèques d’un grand nombre de champignons. On reconnaît en outre dans ces divers exemples, qu’à sa périphérie le protoplasma se différencie en une