CHAPITRE Iî. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
couche plus ou moins épaisse hyaline, homogène, que M. Hanstein nomme couche membrane. D’autres champignons tels que les Myxomicètes qui sont formés d’une masse de protoplasma libre et dépourvu d’enveloppe, nous montrent que cette substance peut dans certaines conditions modifier sa forme ; ces modifications se rattachent d’ailleurs à une propriété du protoplasma qui est la contractilité.
Contractilité. — La rétractilité et l’extensibilité sont les deux conditions d’existence de la contractilité. Les champignons myxomicètes offrent d’excellents sujets d’observations. Parmi ceux-ci, il est facile de se procurer la fleur du Tan ( Œthalium septicum). Ce champignon à une certaine époque de son existence consiste en une masse protoplasmatique, nue, jaunâtre ou brune, que l’on peut conserver en parfait état et dont on peut observer le développement en ayant soin de placer le tan humide sur lequel il vit, dans un vase plat que l’on recouvre d’une cloche pour éviter l’évaporation de l’eau. On voit alors ces masses protoplasmatiques se déplacer et parcourir assez rapidement des distances relativement grandes, il n’est besoin pour cela d’aucun appareil grossissant. Toutefois si l’on veut étudier plus à fond le phénomène, il suffira de placer sur le tan quelques porte-objets ; bientôt l’une de ces plasmodies venant à se placer sur l’une des lames de verre, il suffira de la porter sous le microscope, et à l’aide d’un faible objectif on verra la masse protoplasmatique progresser par des mouvements connus du nom de mouvements amiboi'de. Ces mouvements consistent en une extension de certaines parties de la plasmodie en forme de bras qui, venant à se toucher, puis à se confondre, déterminent de la sorte un véritable déplacement de toute la masse. En même temps de plus petits bras se forment de place en place qui se rétractent ensuite et qui semblent aider par leurs mouvements à la reptation de la plasmodie. C’est là un excellent exemple de contractilité. — Lorsque nous avons parlé plus haut (Voir p. 75) de la formation de l’utricule azotée, nous avons dit qu’une portion du protoplasma reste à l’état de tractus tendus entre le noyau et le protoplasma pariétal; ces tractus
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
qui s’étendent parfois sur de grandes longueurs (cellules épidermiques allongées des feuilles de monocotylédonées) n’existeraient pas si le protoplasma ne jouissait d’une extensibilité manifeste. D’autre part, les phénomènes d’agrégation du protoplasma dans les poils glanduleux des Drosera (Voir Darwin, Plantes insectivores) et dans les cellules de beaucoup de tissus fournissent de nombreux sujets d’étude pour l’observation de la contractilité du protoplasma. Il en est de même de la contraction du protoplasma dans la formation de cellules par rajeunissement ainsi que de la contraction qui donne naissance au noyau des cellules.
Examen des mouvements «tu protoplasma. — Le protoplasma vivant se meut ; ces mouvements partiels ou de totalité ont reçu les noms de circulation et de rotation.
1° Circulation. — Lorqu’on examine au microscope l’ CE thalium septicum , on constate dans la masse de la plasmodie, la production de courants dirigés dans des directions variées. Une substance fluide, granuleuse, ressortant sur le reste de la masse par une coloration plus pâle, se meut dans un sens déterminé; c’est comme le cours d’un ruisseau rapide; si la plasmodie, ce qui est fréquent, a absorbé quelque débris un peu volumineux des substances sur lesquelles elle rampait, on peut voir ce débris entraîné par le courant ; c’est là ce qu’on appelle la circulation du protoplasma. On peut encore observer ce phénomène dans les cellules en pleine activité vitale ; les courants parcourent alors non-seulement Tutricule azotée, mais encore les tractus protoplasmatiques, tantôt se rendant du noyau à la paroi, tantôt de la paroi au noyau.
2° Rotation. — D’autres mouvements désignés sous le nom de rotation du protoplasma consistent en des déplacements circulaires des masses protoplasmaliques entières que renferment les cellules. Pour observer la rotation, on aura recours avec avantage à la Yalisneria spiralis. Pour cela, on fait une coupe pas trop mince dans la feuille de cette plante, et on l’observe en ayant soin de maintenir toujours sous lecouvreobjet une assez grande quantité d’eau. Pour bien suivre les mouvements, on devra fixer de l’œil une granulation plus