CHAPITRE XXII
ou d’Europe est moins prisée que celle de l’Amérique du Nord, du Canada et de la Virginie. La loutre de mer, qui habite les rivages de l’Amérique septentrionale et du Kamtchatka est la plus rare et la plus estimée. (Pennetier.)
Hamster. — C’est un rongeur de la grosseur d’un rat, que
Fig. 556. — Hamster. — aa. Gros poils. — b. Duvet.
l’on trouve en Alsace, en Saxe et même en Sibérie. Son pelage est composé d’un duvet long et court et de poils soyeux assez longs, noirs à l’extrémité. Leur couleur varie du brun roux au noir.
Castor. — La fourrure du castor est l’objet d’un grand
Fig. 557. — Poils de Castor. — a. Pointe. Fig. 558. — Castor. — Poils
— b , c. Poils supérieurs. — a, d. Poils supérieurs,
de duvet.
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commerce; la majorité des peaux vient de l’Amérique septentrionale.
Renard. — Il peut être important de connaître l’aspect des
Fig. 559. — Renard. — a. Poils de duvet. — b. Poil fin.
poils du renard commun. On peut en retrouver des poils sur
Fig. 560. — Poils de différentes espèces animales. — A. Cheveu blond, — , — B. Poil 100 50
follet — -. — C. Barbe (homme) — . — E. Poil de chauve-souris. — a. Extrémité 1 1
terminale. — b. Milieu. — c. Base. — F. Poil de musaraigne. — a. Extrémité terminale. — b. Milieu. — c. Base. — G. Poil de souris — a. Extrémité terminale. — b. Une seule rangée de cellules. — c. Plusieurs rangées de cellules, milieu. — d. Base. — H. Poil de cobaye. — a. Extrémité terminale, une rangée de cellules. — b. Milieu. — c. Plusieurs rangées de cellules. — d. Base.
les vêtements d’un chasseur et avoir à en déterminer la
nature.
Fig. 561. — Poils de différents animaux domestiques. — A. Lapin argenté y; a, -y. —
B. Souris b, — C. Veau 7; c, — . — 1). Cheval: d , — . — E. Chèvre blanche il 11 l
poil fin y (Poils grossiers sont des crins); e, — . — F. Taupe — .
Chien domestique. — La structure des poils est la même
Fig. 362. — Chien domestique. — A. Poil lin. — B. Poil moyen. — C. Duvet.
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chez les chiens à longs poils que chez ceux à poils courts.
Les gros poils noirs et les moyens ne laissent pas passer la umière.
Quand l’air a été chassé de la moelle, on voit par transparence les cellules du cordon médulaire.
Les poils blancs sont les plus favorables à l’examen microscopique; les gros poils noirs n’ont pas de caractères différenciels très précis.
Conservation «les pelleteries (Pennetier, loc. cit.). — Les fourrures etles pelleteries sont attaquées par un certain nombre d’insectes dont les larves peuvent causer des ravages considéra-
Fig. 564. — Rat musqué. — a. Gros poil. — b. Duvet.
blés. Nous ne ferons que les signaler ici, renvoyant au travail de M. Pennetier pour plus de détails. Le plus redoutable est
le Dermeste renard . La plupart de ces larves ont des mâchoires très puissantes et sont très voraces.
Parmiles vers nous signalerons les dermestes, les anthrènes, les attagènes, les teignes des pelleteries. Ces larves, en se métamorphosant, donnent naissance à des insectes parfaits qui, s’ils sont inoffensifs par eux-mêmes, pondent des œufs en nombre considérable, qu’il est important de détruire.
A côté de ces insectes parasites, nous signalerons également des Acariens que l’on rencontre à divers états de développement. M. Pennetier signale le Cheyletus eruditus , le Glyciphagus spinipes , le Tyroglyphus longior. (Voir le chapitre des Parasites.)
Les cheveux postiches ou les cheveux coupés, sont fréquemment détériorés par un insecte dont nous n’avons pu nous procurer un exemplaire, bien qu’il soit relativement commun. L’examen d’un fourreau adhérent aux cheveux, fait par M. Mégnin, a permis devoir qu’il contenait encore la carapace d’une nymphe d’où l’insecte parfait était sorti. Avec ces seuls éléments, il n’a pas été possible à M. Mégnin défaire un diagnostic précis, et ce savant hésite entre le Tinea sarcitella{&£ Linné) et le Tinea crinella (Tr.), penchant plutôt pour le second insecte.
Conservation des poils. — Les poils et les cheveux sont d’une conservation très facile. On les nettoie avec de l’éther ou de l’alcool rectifié et on les monte dans le baume de Canada, après avoir pris la précaution de les bien sécher. On peut encore employer l’eau glycérinée de préférence à l’eau sucrée en consistance sirupeuse (1).
Soie. — La soie est un produit de sécrétion des chenilles de plusieurs Lépidoptères de la famille des Bombyciens.
Elle est sécrétée par un appareil glandulaire, analogue aux glandes salivaires. La matière qui constitue cette sécrétion, d’abord molle et gluante, est étirée en fil double, puis devenant unique et se durcissant à l’air. C’est ainsi qu’est formé le cocon qui doit abriter les métamorphoses de l’insecte.
On trouvera les renseignements les plus complets sur les
(1) On trouvera sur les fourrures et sur les pelleteries des renseignements très intéressants dans le livre de M. Pennetier — chez G. Masson.
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variétés commerciales de la soie, dans l’ouvrage de M. Pennetier, ainsi que dans le Dictionnaire de Chevallier et Baudrimont ; dans ce dernier ouvrage est reproduit un tableau dû à MM. Wiesner et Prash , dans lequel sont donnés les différents diamètres de cinq espèces de soie, mesurés comparativement au diamètre de la soie produite par le Bombyx mon.
Fig. 565. — Appareil sécréteur de la soie. — A. Glandes séricipares. — B. Tète du ver à soie vue en dessous, montrant la filière et le fil qui en sort. — C. Filière vue séparément.
La soie, dit M. Wiesner, se compose de fils plus ou moins aplatis, et striés parallèlement à leur grand axe; cette striation proviendrait de ce que la masse englobée dans la substance gélatineuse est traversée par de nombreux petits canaux qui, étant remplis d’air ou d’une substance peu réfringente, paraissent opaques lorsqu’ils sont observés au micro-
scope (Chevallier et Baudrimont). On ne peut découvrir dans la cassure des filaments de soie aucune fibrille élémentaire.
Traitée par l’acide azotique, l’ensemble des filaments jaunit un peu, chacun se gonfle au point d’acquérir un diamètre de
Fig. 566. — Coupe transversale du réservoir séricifique. (Grossissement 60 diamètres.)
0mm,0o et plus. Cette expérience peut être faite dans la lumière polarisée. On voit alors chaque filament s’assombrir au fur et à mesure qu’il se ramollit en se gonflant et finir par disparaître. D’après Robin et Coulier, l’emploi de la lumière polarisée n’a pas grande valeur au point de vue de la distinc-
Fig. 567. — Soie de cocon vue au microscope.
tion des fibres textiles; cependant l’examen à la lumière polarisée pourrait au moins servir à différencier les variétés commerciales les unes des autres. (Chevallier et Baudrimont,
D’après Hager, la soie se compose de fils doubles, brillants
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compacts, cylindriques, sans structure intérieure, ne possédant pas de cavité, à réflexion égale. La coupe d’un fil de cocon présente des contours anguleux. La soie teinte paraît en certains endroits comme aplatie ou inégale. L’absence de cavité intérieure distingue la soie de toutes les autres fibres textiles. Le mélange de sucre et d’acide sulfurique colore la soie en rose, plus vite que la laine et la dissocie rapidement. La couche extérieure, en se gonflant, montre un contour sinueux et denté. Tant que la solution n’est pas complète, on y remarque un fil longitudinal extérieur encore solide, qu’il ne faut pas confondre avec une cavité et qui est de la sub stance encore intacte. La soie nommée Yama-may montre une rayure longitudinale très prononcée et une coupe poreuse .
Soie marine. — On appelle encore la soie marine, poil de nacre. Elle est constituée par le byssus, faisceau de filaments soyeux, à l’aide duquel certains mollusques bivalves, tels que les jambonneaux, adhèrent aux corps'sous-marins. (Pennetier, p. 387.)
Cette matière est sécrétée par des glandes cutanées situées à la base du prolongement contractile de l’abdomen nommé pied et est filée par une rainure de celui-ci.
Voici, d’après Pennetier, les caractères microscopiques et microchimiques de ce produit. L’examen du byssus d’un Pinna vexillum (Born) montre des filaments jaunes aplatis, à bords droits, à cassure nette, à surface lisse ou très finement striée longitudinalement, à diamètre variable et fort irrégulier. Ce dernier mesure de 0mm,0l3 à 0mm,055 et présente dans un même brin de très grandes variations, passant successivement par exemple, de 0,033 à 0,048, 0,034, puis redescendant à 0,048, 0,042 pour remonter à 0,044 et 0,031.
L’ammoniure de cuivre rend très apparentes les stries de la surface des brins qui sont très fines et fort nombreuses. Son action prolongée détermine des sinuosités sur les bords et une foule d’éraillures à la surface; il suffit même d’une légère pression pour isoler complètement les stries en des points multiples (fig. 568).
L’acide sulfurique gonfle les brins et dissocie également,
quoique moins fortement, les fibrilles élémentaires, de manière à produire à la surface des filaments de nombreuses boutonnières longitudinales, transversales et obliques.
Les acides acétique et chlorhydrique, l’ammoniaque et la soude, gonflent aussi les brins, qui, sous l’action suffisamment prolongée du réactif, acquièrent un diamètre allant jusqu’à 0mm,075.
Fig. 568. — A. Soie marine. — B. La même soumise -vingt-quatre heures à l’action de
l’ammoniure de cuivre.
Les anciens faisaient usage de la soie marine; aujourd’hui encore il existe à Palerme des fabriques d’objets de bonneterie faits avec le byssus des jambonneaux de la Méditerranée, les Pinna nobiliset rudis principalement.
Pour plus de détails, on consultra avec fruit l’ouvrage si complet de M. Pennetier, auquel nous renvoyons le lecteur.
Structure des plumes et ilu duvet. — Pour tout Ce qui concerne l’industrie des plumes et des pelleteries d’oiseaux, on devra se reporter à l’ouvrage de M. Pennetier, où l’on trouvera des renseignements d’un grand intérêt.
Gomme nous l’avons dit à propos des poussières, on trouve fréquemment des brins de plumes sur les objets exposés à l’air; il faut donc être en état de les reconnaître. Chaque barbule de plume, dit M. Robin, est formée d’une côte, du bord inférieur de laquelle se détache une mince bordure membraneuse ( bg ) très pâle. La côte porte de petites
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pointes vers sa terminaison (f). Les barbules du côté opposé (k), ou, si l’on veut, celles qui les croisent en venant de la barbe voisine (i), ont cette bordure inférieure bien plus étroite et divisée bientôt en crochets qui griffent et retiennent chacun la côte de la barbule que croise celle qui les porte ( cd), d’où l’adhérence des barbules les unes aux autres. Près du bout de la barbule ces crochets se réduisent à une
Hg. 569. — Plume tectrice d’une poule faisane, grossie 400 fois. — ab et cd sont les barbes de la plume portant de chaque côté une rangée de barbules, g , j, k, e. (D’après Ch. Robin.)
pointe presque droite, mousse ou aiguë ( h ), ou à un étroit prolongement foliacé (i) plus ou moins long. Ces dernières dispositions se retrouvent sur toutes les plumes molles, à barbules non adhérentes les unes aux autres. Ce sont les barbules détachées, plus que les barbes, que l’on voit dans les poussières.
Dans les plumes de duvet (fig. 570) les barbules (d,i) sont réduites à la côte formée de cellules allongées, soudées
bout à bout, renflées en nœud portant ou non deux petites pointes à son extrémité externe. Ces barbules sont très minces, aplaties et par suite paraissent étroites et foncées, ou rubannées et pâles, selon qu’on les voit de face (/) ou de côté (d, i); sur le bout des plumes molles les barbules sans crochets (b) sont aussi formées de cellules articulées bout à
Fig. 57U. — Plumes de duvet grossies 405 fois. — a. Barbe d’une plume de duvet placée sous les tectrices alaires du corbeau ; b. Barbe d’uue plume molle, à barbules sans crochet ni bordure membraneuse, non adhérentes les unes aux autres. (D’après Ch. Robin.)
bout, dont l’extrémité externe est renflée et prolongée ou non en pointe plus ou moins longue (e).
On trouve souvent dans la préparation d’objets divers sur lesquels est tombée de la poussière, soit des fragments de barbe avec leurs barbules, soit des débris de ces dernières seulement. Tantôt ce sont de celles dont il vient d’être parlé (c, d ), d’autres fois ce sont des barbules à crochets (e, h, fig. 5G9) ou simplement à bordure membraneuse {g).
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