‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 71 sur 451 · O. MODIFICATIONS DANS LA COMPOSITION DE LA PAROI CELLULAIRE · texte numérisé non relu

O. MODIFICATIONS DANS LA COMPOSITION DE LA PAROI CELLULAIRE

La paroi des jeunes cellules est, comme nous l’avons vu, uniquement composée de cellulose. Mais par suite du développement elle peut subir de profondes modifications dans sa composition chimique, et cela particulièrement dans les cas où se produisent les épaississements dont nous avons parlé plus haut. Ces modifications répondent à trois phénomènes distincts connus sous les noms de F,ff' dtrôuüiWes.ChéeS lignification, cuticularisation et gélification.

1° Lignification. — La lignification résulte de l’encroûtement des parois cellulaires par certains principes dits ligneux ou incrustants ( lignone , ligniréose , lignose , etc. Payen). Ces principes, particulièrement répandus dans les parois des éléments qui forment les parties ligneuses des végétaux, sont souvent accompagnés de composés calcaires ou siliceux (voir plus loin) ou encore de substances résineuses colorées en brun plus ou moins foncé.

L’épaississement des membranes cellulaires sous l’influence de ces dépôts peut devenir considérable, et la paroi se diviser alors en plusieurs enveloppes distinctes par leur composition. — Dans les cellules ligneuses du Pinus sylvestris , par exemple, on distingue ainsi trois enveloppes. Une interne mince formée de cellulose, car elle devient bleue sous l’influence de l’iode et de l’acide sulfurique, et deux externes, encroûtées des substances susdites et qui ont perdu les caractères de la cellulose. Elles deviennent jaunes sous l’influence des mômes réactifs.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

Étude, fitéîictifs. — Les principes ligneux réagissent en effet tout autrement que la cellulose pure. La potasse, qui attaque cette dernière, n’a aucune action sur les dépôts incrustants. — L’acide sulfurique ne les dissout point , mais les noircit. (Payen.)

Ils sont solubles dans l’acide azotique et les hypochlorites, qui au contraire ne dissolvent pas la cellulose proprement dite.

Ils ne bleuissent sous l’influence de l’iode ni avant ni après l’action des acides. — Enfin les parois lignifiées ne se gonflent pas dans l’eau.

2° Cuticularisation. — Les parois de beaucoup de cellules libres (spores, grains de pollen) et la face externe d’un grand nombre de cellules épidermiques prennent souvent un épaississement considérable qui forme ce qu’on appelle la cuticule , sorte d’enveloppe protectrice, incapable de se gonfler dans l’eau et dont la composition est encore peu connue. — Nous n’insisterons pas ici sur cette formation, que nous aurons plus loin l’occasion d’étudier avec détails. Nous ajouterons seulement que l’épaississement des parois cellulaires du liège paraît être dû à une modification semblable à celle qui donne lieu à la cuticule.

3° Gélification. — La membrane cellulaire présente dans certains cas une modification singulière qui consiste dans sa transformation en une substance gélatineuse plus ou moins épaisse. Cette transformation atteint de préférence les couches internes de la paroi cellulaire ; nous croyons devoir insister quelque peu sur son étude, car c’est à elle que se rattachent les formations mucilagineuses et gommeuses.

Mucilages .Etude. — La transformation mucilagineuse des parois des cellules se rencontre dans un certain nombre de graines (Lin, Coing, Psyllium), dans l’albumen du Caroubier, etc. Dans la graine de Lin par exemple, ce sont les cellules de la couche la plus superficielle qui subissent la modification mucilagineuse. Ces cellules volumineuses et de forme cubique épaississent de bonne heure leurs parois et, tandis que la couche externe de ces épaississements, restant mince et élastique, revêt tous

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