‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 72 sur 451 · CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES. Hi · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES. Hi

les caractères de la cuticule, les couches internes se transforment en mucilage (1).

Le mucilage, de consistance cornée lorsqu'il est sec, se gonfle rapidement lorsqu’il est mis en présence de l’eau, et il en résulte une masse gélatineuse qui remplit la cavité de la cellule au point de faire éclater la cuticule. — On peut facilement observer ce gonflement des couches gélifiées des parois cellulaires en plaçant dans une goutte d’eau sous le microscope une mince coupe de graine de Lin.

L’abondant mucilage que donne la graine de Psyllium est dû à la gélification de toutes les cellules de ses tissus (téguments et albumen). Les cellules de l’embryon sont les seules qui ne participent point à cette modification. (G. Planchon, loc. cit.)

Tous les mucilages ne semblent toutefois pas résulter d’une modification siégeant dans la paroi cellulaire. C’est ainsi que, dans les écorces de cannelle, on rencontre des cellules à mucilage, dont les parois ne sont point altérées. Ces cellules siègent dans le parenchyme au voisinage des faisceaux libériens. (Planchon, loc. cit.) Le mucilage qu’elles renferment est très probablement dû à une transformation de la matière amylacée qu’elles ont contenue, comme cela a lieu pour la formation du mucilage qui remplit les lacunes des tubercules de certaines Aroïdées (2).

Gomme». Etude. — De même que les mucilages, les gommes résultent soit de la transformation directe des parois cellulaires, soit de la transformation du contenu amylacé des cellules. Au premier mode appartient la production de la gomme adragante.

Gomme adrag ante. — En effet, si l’on pratique des coupes sur les diverses espèces d’Astragales (A. vécus, A. creticus, etc.) qui donnent la gomme adragante, on constate que les parois des cellules de la moelle et des rayons médullaires, d’abord minces, s’épaississent bientôt notablement. Ces épaississements

(1) Frank, in Jahrb. botan.,V . 18GG.

(2) Trécul, Comptes rendus, 1875. Giraud, Etude comparative des gommes et des mucilages , thèse de l’École supérieure de pharmacie de Paris.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

se transforment peu à peu de dehors en dedans en une substance gélatineuse qui remplit bientôt la cellule. Tous ces amas mucilagineux s’échappent au dehors par des fentes de la tige, et, en se désséchant, prennent la consistance cornée que l’on connaît à la gomme adragante.

Il est intéressant de connaître cette origine pariétale de la gomme adragante, car elle explique les caractères qui distinguent ce produit des autres gommes.

Si l’on fait gonfler par l’eau un morceau de gomme adragante, et que l’on examine au microscope une portion de la masse mucilagineuse ainsi obtenue, on y reconnaît l’existence de nombreux débris de parois cellulaires faciles à caractériser par les réactifs. Les autres gommes sont amorphes et n’offrent aucune trace d’organisation. De plus on trouve souvent des grains d’amidon dans la gomme adragante., contrairement à ce qui a lieu pour les autres gommes.

Gommes arabique et du Sénégal. — Le mode de production de ces gommes n’est pas très exactement connu. — D’après Wigand, ce serait par un procédé analogue à celui qui donne la gomme adragante ; d’après M. Martins (1), la production de la gomme arabique serait liée à la présence d’un parasite du genre Loranthus [L. Senegalensis).

Quoi qu’il en soit, les gommes qui nous occupent se dissolvent dans l’eau ; elles ne présentent à l’examen microscopique ni amidon ni débris de parois cellulaires.

Gommes des Cerisiers et des Pruniers. — Cette gomme n’est pas, d’après les recherches de M. Prillieux (2), le résultat d’une transformation de la paroi des cellules ou des lacunes qui la renferment, mais le produit d’une élaboration spéciale, aux dépens de l’amidon et des substances contenues dans les cellules où se trouve cette gomme. La gomme des Cerisiers, [gomme nostras ), se produit dans les cellules du parenchyme médullaire, dans les vaisseaux et dans des lacunes qui prennent généralement naissance dans le parenchyme des rayons

(1) Martins, Sur un mode particulier d'excrétion de la gomme arabique produite par l'Acacia Vereck du Sénégal. Revue des sciences naturelles de Montpellier, t. 111.

(2) Prillieux, Ann. des sc. nat.} 5° série, t. 1.

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