‹ Guide de l'élève et du practicien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscopeChapitre 75 sur 451 · CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES

dérivées du système quadratique. Le plus souvent il cristallise en octaèdres présentant l'aspect d’enveloppes de lettres ou de sablier. Notons en passant que l’oxalate de chaux qui se forme dans la cavité des cellules offre une cristallisation bien différente, appartenant au système clinorhombique.

Dépôts «le carbonate «le chaux. — Le carbonate de chaux ne forme jamais de cristaux définis comme l’oxalate de chaux; il se dépose en fines granulations qui se se réunissent en petites masses, tantôt à aspect cristallin, tantôt complètement amorphes. — Dans les parois des cellules de'beaucoup d’Algues marines [Acetabularia, Corallina , Melobesia, etc.), le carbonate de chaux se dépose à l’état de très fines granulations. Les dépôts les plus intéressants que forme cette substance sont ceux que l’on rencontre dans les épaississements des parois cellulaires des Urticées et des Acanthacées. Ils ont reçu le nom de Cystolithes (1).

Cystolithes «les Urticées. — Ces formations ont été successivement étudiées par Meyen dans le Ficus elastica (1834), puis parPayen, Schacht, Weddel, Scheiden, etc. Pour étudier le développement des cystolithes, du Ficus elastica, par exemple, il faut faire des coupes sur les jeunes feuilles encore renfermées dans leur gaine stipulaire. On constate alors que Pépiderme est formé d’une seule couche de cellules prismatiques qui toutes ont même grandeur et même forme, et sont recouvertes par la cuticule. Bientôt la plupart de ces cellules se subdivisent par des cloisons tangentielles pour former un épiderme à quatre rangées de cellules. Les autres cellules qui ne se cloisonnent pas, épaississent leur paroi externe, et en même temps se gonflent et prennent la forme d’ampoules ovales qui s’enfoncent dans le parenchyme sousépidermique. Bientôt leur paroi épaissie développe (fig. 47) un prolongement cellulosique qui se renfle en massue et s’avance dans la cavité de l’ampoule. Ce prolongement en forme de stalactite acquiert la forme d’un corps ovoïde ou sphérique qui atteint le centre de la cavité cellulaire et se montre bientôt recouvert de mamelons coniques. Cette masse

(1) Weddel, Ann. des sc. nat., 4e série, t. II.

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

cellulosique s’imprègne de carbonate de chaux et reste attachée à la paroi qui l’a produite par une sorte de pédicelle cylindrique qui renfermerait de la silice (de Bary, loc. cit fig. 47).

Les cystolithes des Urticées, bien que situés dans la cavité des cellules, sont donc en réalité formés par une expansion

Fig. 47. — Développement d’un cystolithe dans la feuille du Ficus elastica (d’après

de Bary, loc. cit.).

A. Premier état. Développement en a de la paroi externe de l’une des cellules. — B. 2e stade. Cette cellule s’est développée en ampoule. — a' Développement du prolongement cellulosique. — b. Cellule en voie de division. — ^C. État de complet développement. — c. Cellule en ampoule. — d. Cystolithe.

de la membrane cellulaire imprégnée de carbonate de chaux. Dans le Ficus elastica on rencontre ces formations à la face supérieure et à la face inférieure des feuilles. — Celles de la face inférieure sont toutefois moins nombreuses et plus petites. Dansles Ficus carica , montana, ulmifolia où l’on trouve également des cystolithes, la paroi des cellules qui les renferment se continue au-dessus de la surface épidermique en un poil pointu plus ou moins long. Citons encore parmi les Urticées * qui renferment des cystolithes dans l’épiderme, les diverses espèces de Pariétaire , les Bœhmeria, Celtis morus, Broussonetia, Cannabis , Urtica. (Payen). On trouve des cystolithes de forme ovale dans les Pilca décora , densiflora. (Weddel, loc. cit.) Dans

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