CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
l’ Urlica macrophylla , les cystolithes sont fusiformes, à grand axe dirigé parallèlement à la surface épidermique.
Cystolithes des Acari'hacées. — Chez les Acanthacées on trouve également de nombreux cystolithes dont le mode de formation est analogue à celui que nous venons de décrire chez les Urticées, mais leur forme est généralement diffé rente. Rarement arrondis (Justicia carnea , Schacht), ils sont le plus souvent fusiformes ( Justicia adathoda, fig. 48). Dans ce dernier on les rencontre en grande abondance dans le tissu parenchymateux de la moelle et dans le parenchyme cortical principalement au voisinage des cellules sclérenchymateuses qui limitent extérieurement les faisceaux libéro-ligneux. (L 'Acanthus mollis ne renferme pas de cystolithes.)
Pour terminer ce qui a trait aux cystolithes, ajoutons encore qu’on les rencontre dans Y Ulmus et le Dorstcnia. (Payen.) Mohl [But. Zeit. 1860) rattache aux cystolithes des plantes urticantes, les nodosités que l’on trouve à la base des poils des Borraginées et des Synanthérées.
Étude. — La composition des cystolithes se reconnaît aisément par l’usage des réactifs. L’acide acétiquelesfait disparaître avec un abondant dégagement de gaz. Aussi, lorsqu’on veut conserver des préparations de tissus renfermant des cystolithes, doit-on éviter avec soin de se servir de véhicules acides. La glycérine acide doit en particulier être rejetée, sous peine de voir au bout de quelques jours les cystolithes réduits à leur squelette cellulosique. . v
Fig. 48. — Cystolithe du Justicia adathoda dans le parenchyme cortical de la tige. La cellule a qui renferme le cystolithe est, par sa forme , distincte des cellules environnantes.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Art. 5.
Contenu des cellules.
On trouve dans l’intérieur des cellules des substances de nature très variée et dont la présence est en rapport avec l’activité vitale du protoplasma. Dans les cellules mortes, en effet, on ne trouve généralement rien autre chose que des gaz ou de l’air plus ou moins modifié dans sa composition. Il esta peu près impossible de classer toutes ces substances d’une manière satisfaisante. Les unes sont des produits de désassimilation (tannin, résines, huiles essentielles, etc.) ; les autres sont réservées à la nutrition du végétal (aleurone, amidon, graisses, etc.). Quelques-unes ne sont que très imparfaitement connues quant à leur rôle et à leur mode d’évolution. Nous étudierons parmi ces substances celles qui nous paraissent avoir le plus d’intérêt soit à cause du rôle physiologique qui leur est réservé, soit à cause de leur fréquence dans les cellules.
§ 7. SUC CELLULAIRE. INULINE.
Le suc cellulaire est le liquide qui remplit les vacuoles creusées dans le protoplasma. — Très riche en eau, ce liquide peut renfermer à l’état de dissolution diverses matières parmi lesquelles rentrent, en première ligne, le sucre, la gomme, la dextrine, l’inuline, différents sels, etc.
Étude. — Cn reconnaît la présence du sucre dans le suc cellulaire, au moyen de l’acide sulfurique concentré qui colore le liquide en rouge -rose.
On reconnaît la gomme et la dextrine par un précipité granuleux que l'alcool produit dans le suc clair des cellules. (Schacht, Le microscope et son application à l'anatomie végétale, 18G5.) Lorsque le suc cellulaire renferme un sel de chaux soluble, il est facile de le mettre- en évidence au moyen d’une goutte d’acide sulfurique que l’on dépose sur la préparation. On voit bientôt apparaître de nombreuses aiguilles cristallines de sulfate de chaux.
Si l’on veut étudier comparativement le contenu de cellules voisines, on doit pratiquer sur le tissu en expérience des cou-