CHAPITRE II. — ÉLÉMENTS ANATOMIQUES. HO
pes assez épaisses pour contenir un plan de cellules non déchirées par le rasoir. Si l’on ne prenait cette précaution, les liquides des diverses cellules se mélangeraient. On lave ensuite les coupes obtenues, avec de l’eau distillée, et alors seulement on a recours à l’emploi des réactifs. Ceux-ci doivent être employés isolément, chacun sur une préparation particulière et bien fraîche ; si on les faisait agir successivement sur la même préparation, on opérerait mal, car ils peuvent gêner mutuellement leur action. (Schacht, loc. cit.)
Inuline. — Parmi les substances dissoutes dans le liquide cellulaire, il en est une que sa composition et son rôle physiologique rendent fort intéressante en la rapprochant des matières amylacées. Cette substance, qui a reçu le nom d 'inuline, se rencontre principalement dans les racines des Composées (tubercules de Dahlia variahilis , Inula Helenium , Helianthus tuberosus , H. annuus , Leontodon , etc.). On la trouve également dans le suc cellulaire de certaines Algues comme Y Acetabularia.
Étude. — On chercherait en vain cette substance dans les coupes de tissus frais, car, ainsi que nous l’avons dit, elle est on dissolution dans le suc cellulaire. On devra donc, pour la faire apparaître, se servir de réactifs appropriés. On se base, pour arriver à ce résultat, sur l’insolubilité de l’inuline dans divers liquides tels que l’alcool, l'éther, les huiles grasses et volatiles, la glycérine pure, etc. — C’est généralement à l’alcool que l’on a recours. Mais il faut employer certaines précautions dans son usage. Si l’on traite des coupes de Dahlia par exemple par l’alcool absolu, on n’obtient qu’un précipité granuleux dù. à une soustraction trop rapide de l’eau du suc cellulaire. Les cristaux d’inuline n’ont point eu le temps de se former. — Si on a soin, au contraire, de modérer l’action de l’alcool, en plongeant par exemple les tissus pendant un certain temps dans ce liquide, avant de faire les coupes, les cellules s’imbibent lentement d’alcool, et l’on obtient de belles cristallisations d'inuline. — On obtiendrait le même résultat par la dessiccation lente du tissu. — L’inuline, précipitée comme nous venons de l’indiquer, revêt un aspect tout particulier. — Les éléments cristallins qui la composent se groupent en rayonnant autour d’un centre commun, et forment des masses qui reçoivent le
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
nom de sphéro-cristaux (fig. 49). Le volume de ces sphéro-cristauxest très variable. Tantôt assez petits pour être renfermés au nombre de trois ou quatre dans une même cavité cellulaire (fig. 49), ils deviennent quelquefois très volumineux, de telle
sorte qu’un sphéro-cristal remplit à lui seul deux ou trois cellules contiguës, son centre se trouvant être aloAns le plus souvent en un point de la paroi de séparation de ces cellules.
Réactifs. — L’inuline, bien que semblable à l’amidon par sa composition chimique, en diffère par ses réactions. — Très soluble dans l’eau chaude, et assez soluble dans l’eau froide, elle n’est point colorée en bleu par l’iode. L’eau ne la gonfle point. Les acides nitrique et chlorhydrique la dissolvent et font apparaître dans sa masse des lignes fines circulaires et concentriques, par lesquelles se révèlent les couches qui se sont superposées pour lui donner naissance. (Duchartre, loc . cit.)