CHAPITRE III. — ORGANES DÉRIVÉS DES CELLULES
d’excellents types de laticifères fréquemment anastomosés en réseaux d’une grande richesse.
Latex. — Le latex des Papavéracées est un liquide quittent en suspension de nombreux globules. Sa coloration est variable : blanchâtre dans les Pavots, rouge dans la Sanguinaire, jaune dans le Chelidonium majus , il est à peine opalin dans l’Escbscholtzia.
Chicoracées. — Campanulacées. — Lobcliacées. — Dans la plupart des Chicoracées les laticifères occupent la moelle et le parenchyme cortical au voisinage du liber. Il y a cependant des Chicoracées qui ne possèdent pas de laticifères dans la moelle, exemples : Cichorium Intybus , Lampsana comm ., Nieracium prenanthuïdes, etc. (Trécul.)
Chez certaines Chicoracées on trouve aussi des laticifères à la face interne des couches libériennes, ce qui est le cas général pour les laticifères des Campanulacées et des Lobéliacées. Dans ces deux dernières familles les laticifères forment là un réseau parfait à mailles tantôt courtes et étroites, tantôt plus larges et très longues. Dans certaines espèces (Campamda medium) ces vaisseaux sont tellement multipliés qu’ils se touchent, et leur membrane, assez épaisse, est de plus remarquable par l’existence de nombreux pores qui , mettent ces laticifères en communication les uns avec les autres et avec les cellules voisines.
Dans les Chicoracées également les laticifères sont extrêmement nombreux et ramifiés. Ils forment des sortes de trames lamelleuses que l’on peut facilement apercevoir sur des coupes fines, surtout si l’on a soin de traiter ces coupes par la potasse. Le tissu ambiant devenant transparent, les laticifères apparaissent avec toute la netteté désirable. Il est intéressant de noter encore, au sujet des Chicoracées, une disposition curieuse. On sait que fréquemment le moindre contact, la plus superficielle érosion suffit à faire écouler le latex blanc laiteux de ces plantes. Les réseaux laticifères sont pourtant, nous l’avons dit, assez profondément placés, puisqu’ils cheminent au voisinage du liber; M. Trécul donne l’explication suivante du phénomène :
Des mailles profondes du réseau s’élèvent des branches qui
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
arrivent à l’épiderme, le traversent et ne se terminent que sous la cuticule. Que celle-ci subisse la moindre atteinte, et le latex s’écoulera.
Apocynées. Asciépiadées. — Les laticifères parcourent ici la moelle et l’écorce, ainsi qu’on peut très bien l’observer dans le Vinca major (parties jeunes) et le Nenum Oleander. Dans les nœuds ils offrent de nombreuses ramifications et anastomoses. Hill, Schleiden, Schacht, etc., observant dans la moelle et le tissu parenchymateux de ces plantes des fibres libériennes isolées et ramifiées ( Hoya carnosa, parenchyme de la feuille, etc.), considérèrent longtemps ces éléments comme chargés de transporter le latex. Trécul a montré que le suc que renferment ces fibres est bien différent du latex et renferme des granules incomparablement plus fins. La membrane des fibres est également très différente de celle des laticifères vrais.
Sapotées. — Les Mimusops balata et elata , V lsonandra gnttata, etc., renferment une grande quantité de latex porté par des vaisseaux qui occupent principalement le système cortical.
Urticées. — Le système des vaisseaux laticifères des Urticées (Ficus, Humains) se rapproche beaucoup, au point de vue de sa répartition, de celui des Chicoracées. Les vaisseaux occupent particulièrement le parenchyme cortical au voisinage du liber et de la moelle.