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CHAPITRE IV. — TISSUS

Art. 2.

Cavités intercellulaires.

Mode opératoire. — Pour étudier les cavités développées dans les tissus, on aura tout avantage à opérer sur des parties déplantés durcies dans l’alcool.

Les coupes minces sont en effet très difficiles à obtenir sur des sujets frais. On pourrait encore plonger le tissu à diviser dans la paraffine, de manière à en remplir tous les vides ; on se débarrasserait de la paraffine comme nous l’avons indiqué page 41. Enfin, on devra se mettre en garde contre la présence de l’air qui remplit souvent les ' cavités, et dont on a beaucoup de peine à se débarrasser lorsqu’on monte les préparations. Les coupes seront faites transversalement et longitudinalement par rapport à l’axe de la cavité.

Pour les sujets les plus propres aux observations, nous renvoyons aux nombreux exemples que nous signalons plus loin dans chaque cas particulier.

Les cavités se forment de deux manières différentes : ou par dissociation des cellules, ou par dilacération des masses cellulaires. On réserve en général le nom de canaux aux premières ; les secondes sont dites lacunes. Ces formations sont destinées soit à transporter l’air à travers les tissus, soit à servir de réservoir à divers produits de sécrétion. Nous étudierons d’abord les cavités aérifères.

§ 3. — CANAUX AÉRIFÈRES.

Étude. — Les canaux aérifères peuvent prendre naissance de deux manières différentes. 1° Dans le premier cas, ils sont dus au développement irrégulier de la surface des parois des cellules. Les points de contact entre celles-ci deviennent alors moins nombreux et les vides qui se forment donnent au tissu une consistance spongieuse. Les cellules dans ces tissus sont par conséquent fort irrégulières. Tels sont les tissus spongieux des tiges des Juncus effusus (fig. 32), glomeratus , etc., où les canaux sont circonscrits par les bras de cellules étoi-

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

lées. Le tissu lacuneux de la face inférieure de la plupart des feuilles des Dicotylédonées est produit de la même manière, et circonscrit par les prolongements de cellules irrégulièrement développées.

2° Les canaux aérifères si développés dans la plupart des plantes aquatiques se forment d’une autre manière. Ils résultent d’un dédoublement des parois des très jeunes cellules, suivi d’un accroissement rapide des méats ainsi formés; accroissement qui devient tellement considérable que le parenchyme est réduit à de minces lamelles formées le plus souvent

d’uno seule assise de cellules , qui circonscrivent de grands canaux remplis d’air. A cette catégorie de canaux peuvent se rattacher ceux des tiges, racines et feuilles d’un grand nombre de plantes aquatiques et de marais : Marsiléacées, Salvimees , feuilles des Jsoetes ; Potamogeton , Hydro charidées , Alismacées , Pontederia , Aroïdées (Calla), Lemna , Hippuris, Trapa , Hottonia, E latine, U tri cularia, Menyanthées, Nymphéacées , JSelambium , etc.

Dans la figure 60, qui représente en coupe transversale une portion de tissu du pétiole de Calla palustris on peut aisément se rendre compte du mode de formation de ces cavités aérifères. Les cellules dissociées, mais à parois régulières, arrondies, circonscrivent de grandes cavités, 1,1, dont le nombre et les dimensions sont tellement considérables, que le tissu cellulaire est réduit à l’état de lamelles formées chacune d’une seule assise de cellules. La forme des canaux aérifères est ici arrondie irrégulièrement ou polyédrique sur la coupe transversale. Sur les coupes longitudinales on observerait que les cavités

Fig. 60. — Portion de coupe transversale du pétiole de Calla palustris. — r.Cellule kraphides dans un tissu lacuneux t, à petites cellules, remplissant une des plus grandes lacunes du pétiole. Z. Lacunes. — c. Cellule à cristaux. — v. Faisceau vasculaire comblant une lacune.

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