CHAPITRE IV. — TISSUS
par exemple (fig. 62, B), on voit d’abord des groupes de quatre à cinq cellules qui se différencient des cellules du tissu ambiant par la délicatesse de leurs parois, leur forme et surtout leur contenu granuleux. Si le développement est peu avancé, ces cellules apparaîtront pressées les unes contre les autres (s) ; un peu plus tard elles s’écartent, et un méat, premier ves-
au voisinage des vaisseaux libériens dans 1 ’Aralia spinosa. — B. Canaux résineux en voie de développement dans le fruit du Myrrhis odorat a (Moynier). — B. Cellules sécrétantes s’individualisant. — C. Canal sécréteur d’un fruit d’Ombellifère, en coupe trans* versale. — D. Coupe longitudinale d’un canal résineux dans le Conium maculatum (Moynier).
tige du canal, se forme entre elles, comme on peut le voir également sur la figure B. Dans les tiges et les racines à canaux sécréteurs, les cellules de bordure forment également, tout d’abord, des groupes de quatre ou cinq cellules (Yan Thiegem, loc. cit.). Plus tard, ces cellules se multipliant en même temps qu’elles s’écartent, on a bientôt sous les yeux, comme le montre la figure 62 en A et G, un orifice large, celui du canal, bordé d’une couronne de cellules sécrétantes (1).
Il est encore un point fort intéressant sur sur lequel on doit porter la plus grande attention dans l’étude des canaux sécréteurs. Nous voulons parler de leur localisation. Le
(1) On conçoit que, pourque le canal puisse se produire, il faut que le tissu ambiant subisse un accroissement transversal qui permette la formation d’un vide entre les cellules secrétantes. Aussi ne s’étonnera- t-on pas de trouver dans la moelle du Pinus , par exemple, dont l’accroissement transversal est insensible, des groupes de cellules qui, par leur forme et leur contenu, ressemblent aux cellules de bordure des canaux résineux, mais qui ne s’écartent cependant pas pour constituer un canal. C’est qu’ici le bois déjà formé empêche tout accroissement transversal de la moelle, et, par suite, la formation de cavités intercellulaires. (Sachs, loc. cit.)
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
siège de ces organes est en effet très variable ; aussi croyonsnous devoir entrer dans quelques détails à ce sujet.
Les plantes qui renferment des canaux sécréteurs sont très nombreuses. On en trouve dans les Ombellifères, Araliacées, Térébinthacées, Composées, Clusiacées, Pittosporées, Burséracées, Aroïdées, Alismacées, Butomées, et dans certaines Fougères ( Marattia ) et Lycopodiacées (Hegelmayer, loc. cit .). Nous ne parlerons que des plus importantes.
1° Canaux résineux des Ombellifères. — Les Canaux sécréteurs forment dans les plantes de la famille des Ombellifères un système continu s’étendant depuis la racine jusqu’aux fleurs ; tous les organes de la plante, sauf les étamines, en sont abondamment pourvus.
Racine. — A part YOpopanax et le Myrrhis odorata , on ne rencontre pas de canaux sécréteurs dans le système fibro-vasculaire de la racine des Ombellifères (Trécul., loc. cit.). Ils se tiennent généralement dans l’écorce, disposés en séries radiales ( Heracleum , Eryngium giganteum , Seseli varium ) ou en cercles concentriques réguliers ( Opopanax chir onium, Eryngium campestre , Fœniculum vulg ., Buplevrum angulosum , etc.). On en rencontre également dans la moelle.
La répartition des canaux résineux dans la racine des Ombellifères est encore intéressante à étudier à un autre point de vue.
M. Van Thiegem [loc. cit.) a montré en effet que ces canaux se produisent en dehors des faisceaux vasculaires et libériens, aux dépens des cellules rhizogènes. Dès lors les radicelles ne peuvent naître que dans l’espace qui sépare ces deux ordres de faisceaux. C’est là une remarquable exception à la règle générale de formation des radicelles. Ajoutons, pour terminer, que les canaux que l’on rencontre dans la racine, lors de son premier développement, ne persistent pas tous. Ceux qui se trouvent à la partie externe des faisceaux libériens s’oblitèrent par suite du développement de ces faisceaux. Par contre de nouveaux canaux apparaissent dans les tissus de formation ultérieure. C’est ainsi que des canaux sécréteurs ne tardent pas à prendre naissance au milieu du parenchyme cortical de formation secondaire.