CHAPITRE IV. — TISSUS
Tige. — Dans la tige les canaux résineux sont répartis dans le tissu parenchymateux de la moelle, dans le parenchyme cortical d’une part au voisinage de l’épiderme et d’autre part non loin des faisceaux libéro-ligneux qu’ils accompagnent dans leur trajet. Tantôt ces derniers canaux sont englobés au milieu même des éléments des faisceaux, tantôt ils occupent leur face externe. Dans le genre Eryngium on en rencontre à la fois à la face externe et à la face interne des faisceaux. (Moynier de Villepoix, loc. cit.)
Dans leur parcours, les canaux résineux sont généralement dépourvus de ramifications, mais ils s’anastomosent aux nœuds.
Feuilles. — Dans les feuilles, le système sécréteur suit la même marche que dans la tige. Les canaux y occupent la face externe des faisceaux, le parenchyme foliaire et le tissu sousépidermique.
Ainsi, dans la feuille du Crithmum maritimum on peut voir, sur les coupes perpendiculaires à la surface du limbe, un canal à la face externe de chaque faisceau des nervures. Il y en a quatre à la face externe du faisceau de la nervure médiane. En même temps d’autres canaux complètement indépendants du système vasculaire se trouvent immédiatement au-dessous des cellules de l’épiderme. (Moynier, loc cit.)
Fleur. — Dans la fleur même disposition générale des canaux résineux. Les pédoncules floraux, les sépales, les pétales présentent toujours à la face externe de la nervure principale un canal oléo-résineux.
Fruit. — Les canaux résineux passent dans le fruit avec les faisceaux fibro-vasculaires ; les uns vont former les canaux des côtes primaires (fig. 63, A, a, a), les autres pénètrent dans le carpophore où on les retrouve tantôt épars autour du faisceau fibro-vasculaire, tantôt englobés au milieu de ses élé- • ments.
Les canaux des côtes primaires continuent leur trajet vers le style, soit directement, soit après s’être anastomosés par des branches horizontales avec les bandelettes et les canaux des côtes voisines.
Enfin les canaux sécréteurs du stylopode se continuent avec
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
les faisceaux dans le funicule (ces canaux sont au nombre de quatre, régulièrement disposés autour du faisceau, dans le funicule de la graine du Smyrnium olusatrum. (Moynier, loc. cit.)
Bandelettes. — Quant aux bandelettes, il n’y aurait pas lieu, d’après les recherches de M. Moynier, de les diflérencier des canaux des côtes et de la tige. Elles ne constituent point un système sécréteur particulier. Leur nombre varie avec l’âge du fruit. Ainsi, dans un ovaire de Smyrnium olusatrum, de 1 millimètre de diamètre, où les bandelettes commencent seulement à apparaître, on en compte un nombre égal au nombre des vallécules, tandis que le fruit développé en possède une quarantaine.
Les bandelettes qui occupent (lïg. 63, A, r) le parenchyme du
Fig. 63. — A.. Coupe transversale du fruit du C onium macu latum (jeune), —a. Canaux résineux des faisceaux. — r. Bandelettes formant un cercle à la face interne du fruit. — d. Graine. — B. Coupe transversale à un fort grossissement d’une portion du même fruit.
— b. Canaux résineux (bandelettes). — c. Cellules épaisses au voisinage de l’albumen.
— e. Épiderme à cuticule épaisse. (Moynier.)
péricarpe, sont caractérisées par le grand développement qu’elles acquièrent en général, et par leur existence constante dans tous les fruits des Ombellifères. Le Scandix pecten Veneris et le Conium maculatum, qui longtemps ont été considérés comme dépourvus de bandelettes, ne font point exception à la règle. Nous reproduisons (fig. 63, B) d’après M. Moynier une coupe d’une portion du péricarpe du fruit du Conium maculatum , où l’on voit très nettement en b les bandelettes, petites, mais nombreuses. On s’explique comment on avait