‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 429 sur 504 · CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR

des glandes cutanées et produisent ainsi des abcès ; dans d’autres circonstances, chez les ouvriers qui pulvérisent des écorces, ou chez ceux qui peignent le chanvre, de fines aiguilles formées de tissu fibreux pénètrent sous la peau et provoquent des démangeaisons très vives. A côté de ces accidents purement locaux, il en existe de plus graves qui sont provoqués par l’introduction dans les voies respiratoires de particules solides très fines qui provoquent différentes affections dont la plus grave est la phthisie professionnelle. Il nous suffira de citer quelques-unes des professions dans lesquelles cette déplorable conséquence du travail a été observée, et l’on se convaincra de l’importance de ces questions que nous ne pouvons qu’effleurer. Le médecin et l’hygiéniste pourront être chargés d’exa miner la pureté de l’air dans les ateliers consacrés aux indus tries suivantes : aiguiseurs, couteliers, rémouleurs, fabricants d’aiguilles, qui sont exposés à respirer un air contenant à la fois des fragments de métal et de la poussière de grès ; les orfèvres, les bijoutiers, les bronzeurs, respirent également un air renfermant des corpuscules métalliques ; les amidonniers, les meuniers, absorbent une grande quantité de fécule ou d’amidon, par les voies respiratoires. Les débris de nature organique ne sont pas moins à redouter; la phthisie est fréquente chez les ouvriers brossiers, chez ceux qui battent le coton; les fleuristes, les ouvrières qui diamantent les fleurs, celles qui manient de grandes quantités de plumes, sont également exposées à des accidents plus ou moins graves. Si nous citons encore les mouleurs qui respirent un air riche en particules charbonneuses, ou en sable fin, les nacriers, qui absorbent des matières calcaires, nous n’aurons énuméré qu’une faible partie de ces professions, souvent meurtrières pour ceux qui les exercent. A côté de ces industries qui s’exercent dans des ateliers, il en est d’autres non moins dangereuses, et les travaux publiés récemment sur la pathologie spéciale des houilleurs nous ont montré qu’il y avait encore bien des progrès à accomplir, pour mettre en harmonie les besoinsdel’industrieaveclesexigences de l’hygiène. F. -A. Pouchet a recherché, dans les organes respiratoires de l’homme et des animaux, les particules atmosphériques qu’ils y avaient

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fixées pendant leur vie. Get observateur éminent a trouvé dans les poumons de personnes mortes dans les hôpitaux, de la fécule normale et panifiée, des parcelles de fumée de charbon et de bois, des corpuscules de carbonates calcaires, de silice et même des parcelles de verre; beaucoup de filaments d’étoffes, de laine, de chanvre et de coton diversement colorés ; des fragments de bois de teinture et beaucoup d’autres corps, variant suivant la profession exercée par les individus et les conditions au milieu desquelles ils avaient vécu.

Ajoutons que chez les houilleurs, chez les charbonniers, on trouve, dans l’appareil respiratoire, une quantité considérable de charbon.

Les animaux qui nous entourent n’échappent pas à cette loi. Chez les oiseaux, on retrouve des corpuscules solides jusque dans les os perméables à l’air. F. -A. Pouchet y a trouvé une grande quantité de fécule normale et panifiée, des parcelles de fumée, des débris de vêtement. Examinant les cavités respiratoires de poules qui avaient vécu chez des boulangers, F. -A. Pouchet y a trouvé de grandes quantités de fécule ; chez des poules qui avaient vécu chez des charbonniers, il recueillit, au contraire, une notable quantité de particules charbonneuses. Un corbeau, qui avait passé une quinzaine d’années dans la forge d’un maréchal, avait tant inspiré de charbon que son squelette était tout noir. Get auteur cite encore de nombreux exemples tout aussi convaincants et fournis par des animaux très différents.

Un grand nombre d’auteurs ont cherché dans l’air l’origine de certaines affections endémiques, telles que les fièvres paludéennes ; on a prétendu également que les débris épithéliaux qui se détachent de la peau des malades atteints de scarlatine, de rougeole, de variole, pouvaient devenir des germes de contagion; l’air expiré a été également incriminé. Le microscope a rendu et rendra encore de grands services dans ces recherches, qui intéressent à un si haut degré la santé publique.

Ou miasme paludéen. — Nous ne saurions quitter ce sujet sans étudier rapidement le miasme paludéen. Cette question a été traitée d’une façon très remarquable et très complète

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