‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 438 sur 504 · CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. — CORPUSCULES ET MIASMES DE L’AIR

M. Tissandier a vu qu’il était constitué par des grains minéraux 8 ou 10 fois plus volumineux, mais entre lesquels il en existait d’autres, très petits, entremêlés de fragments d’Algues semblables à ceux de la pluie de poussières. D’après M. Tissandier les tourbillons de vent, en soufflant sur la plage, ont

Fig. 512. — Sable de la Manche, 80/1. Fig. 513. — Poussière tombée à

(G. Tissandier.) Boulogne-sur-Mer, 9 octobr el876.

(G. Tissandier.)

enlevé dans leurs mouvements de rotation les corpuscules les plus fins du sable, et ont ainsi opéré une véritable extraction des parcelles les plus ténues et les plus légères qu’il contenait.

Pluies «le ceuiiees volcaniques. — Sous l’influence des éruptions volcaniques, des masses énormes de cendres sont projetées dans l’atmosphère, et vont souvent retomber très loin de leur point d’émission et couvrent des régions entières. « De nombreux exemples, dit M. Daubrée (Tissandier, p. 99), témoignent du transport dans l’atmosphère, jusqu’à de grandes distances, de cendres volcaniques, de sables et de pous,sières diverses, telles que les cendres provenant d’incendies. Je me bornerai à rappeler le sable qui s’est abattu le 7 février 1863 sur la partie occidentale des îles Canaries et qui a été, selon toute probabilité, transporté du Sahara sur plus de 32 myriamètres. Plus récemment, la cendre de l’incendie de la ville de Chicago est arrivée aux Açores, le quatrième jour après le commencement de la catastrophe; en même temps on avait senti une odeur empyreumatique qui avait fait dire aux Açoriens que quelque grande forêt brûlait probablement sur le continent africain... »

On sait que le célèbre brouillard sec qui, en 1783, couvrit pendant trois mois presque toute l’Europe, après avoir d’abord paru à Copenhague, où il persista 126 jours, avait pour

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cause une éruption de l’Islande, ainsi qu’on l’apprit plus tard. Le 7 septembre 1845, un transport de même origine, mais moins considérable, fut observé aux îles Shetland et aux Orcades.

Pluies de soufre. — Nous avons déjà fait allusion aux pluies de pollen de différentes espèces végétales. MM. Bureau et Poisson (Tissandier, p. 101) ont reconnu récemment qu’un

Fig. 514. — Spores de la grotte de la Réunion, — j— *

échantillon de terre combustible très légère, jaune, trouvé par M. de l’Isle dans une grotte de l’île de la Réunion, était formé de grains de pollen.

On a également trouvé des insectes et de la manne dans certaines eaux de pluies (1).

(1) Observations sur une pluie de sève. — Note de M. Ch. Musset ( Comptes rendus , 10 février 1879). — « La sève aqueuse de la Colocasia esculent.a (Schott) est émise par jets successifs et pressés. Cette émission, comme on le sait, a lieu par les larges stomates, au nombre de 1-2, situés au bas de l’acumen des feuilles en préfoliation. Lorsque ce phénomène s’opère dans les circonstances les plus favorables (humidité du sol, soirées et nuits fraîches et calmes, etc.), il est facile, comme je l’ai montré, de traire, en pressant les feuilles entre les doigts, une assez grande quantité de sève. « L’auteur a aperçu, tombant sous forme de pluie fine, une quantité de gouttelettes très limpides qui, traversant les rayons du soleil, tamisés par les branches feuillues des sapinettes, devenaient visibles.

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