CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS. 81 i
courts et gros, et dans les poils longs, ainsi que dans les cheveux blancs. (Kôlliker.) Elle apparaît au-dessus du bulbe et va jusqu’au
Fig. 522. — Portion de la racine d’un cheveu foncé, traitée légèrement par la soude (grossissement de 250 diamètrees). — a. Moelle encore remplie d’air, et dont les cellules sont assez évidentes. — b. Écorce présentant des taches pigmentaires. — c. Couche interne de l'épiderme. — d. Sa couche externe. — e. Couche interne de la gaine interne de la racine (couche de Huxley). — f. Couche externe fenètrée de cette gaine (couche de Henle). (Kôlliker.)
voisinage de la pointe. Suivant Kôlliker, elle occupe le centre du poil; mais, d’après G. Pouchet, sur certains poils à courbure sensiblement régulière (moustaches, cils, etc.), la moelle n’occupe pas le
Fig. 523. — Huit cellules médullaires contenant un noyau pâle et des granulations graisseuses, prises sur un cheveu qui avait été traité par la soude et grossies 350 fois. (Kôlliker.)
centre du poil, elle est légèrement reportée du côté de la convexité. Pour rendre bien apparente la structure cellulaire de la moelle, il faut, comme l’indique Kôlliker, faire bouillir des cheveux
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
blancs dans de la soude caustique, jusqu’à ce qu’ils se gonflent et se crispent. En dilacérant avec précaution un poil traité de cette façon, on peut isoler des cellules de la moelle.
Lorsque les cellules de la moelle reçoivent la lumière réfléchie, elles sont d’un blanc d’argent, elles sont noires au contraire à la lumière transmise. Les granulations des cellules sont formées par des petites bulles d’air qui peuvent être chassées par différents procédés, et en particulier par l’ébullition dans l’eau ou dans l’éther. C’est à la présence de ces bulles d’air que serait dû le reflet argenté de certains cheveux blancs. Quand le corps est plongé dans un bain d’eau tiède, il se dégage des poils un certain nombre de bulles de gaz.
Épiderme du poil. — Le poil tout entier possède un revêtement en contact intime avec le tissu cortical, c’est l’épiderme. Il est formé par des cellules ou lamelles imbriquées comme les tuiles d’un toit. A l’état normal, ces lamelles se révèlent à la surface du poil par des lignes foncées, plus ou moins distantes les unes des autres. Quelquefois, ces lamelles forment sur le bord du poil des dentelures très appréciables. L’emploi de l’acide sulfurique ou de la potasse donne aux bords du poil un aspect feutré dû au redressement des lamelles épidermiques. Ces lamelles sont généralement transparentes et à bords clairs, quadrilataires ou rectangulaires, montrant une sorte de tache claire rayonnée, qui est sans doute le vestige d’un noyau.
Fig. 524. — A. Surface de la tige d'un cheveu blanc, grossi 160 fois. Les lignes onduleuses marquent les bords des lamelles épidermiques. — B. Lamelles épidermiques isolées â l’aide de la soude, grossies 350 fois. Elles présentent un ou deux de leurs bords plus ou moins renversés, ce qui les fait paraître foncés. (Kolliker.)
Les écailles ont leurs bords tournés vers l’extrémité libre du poil. Grâce à cette disposition, on peut reconnaître, sur un fragment de poil, quel bout regarde le sommet.
Du follicule proprement dit , paroi folliculaire. — Le follicule est composé par deux tuniques fibreuses, l une externe, l’autre interne, et d’une membrane amorphe. La tunique fibreuse externe détermine la forme extérieure du follicule et adhère intimement au derme par son extrémité supérieure. Formée par un tissu conjonctif, cette tunique renferme, en outre, des vaisseaux capillaires et quelques fibres nerveuses.
La tunique fibreuse interne est plus épaisse que la précédente ;