CHAPITRE XXII. — ■ EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS
poils du corps. Suivant la remarque d’Aristote, les poils du pubis seraient les derniers à grisonner. Cette décoloration ne détermine aucune modification dans le poil qui en est le siège.
£>uvet fœtal. — Ce serait, d’après OEsterlen, vers le cinquième mois de la vie intra-utérine qu’apparaîtraient les premiers poils chez le fœtus. Ces poils sont très fins et presque incolores. Vers le sixième mois on trouve également sur la tête du fœtus des poils très fins, mais prenant bientôt une coloration plus foncée.
Suivant nos propres constatations les poils apparaissent souvent plus tôt chez le fœtus. C’est ainsi que nous avons pu étudier les poils chez des fœtus de trois mois et demi à quatre mois et demi. 11 y a sur l’époque d’apparition des poils chez les fœtus à tenir compte, comme dans beaucoup d’autres circonstances, des différences individuelles. Souvent des enfants nés avant terme présentent un développement véritablement remarquable du système pileux; les joues, le front sont absolument couverts de duvet ; comme le dit plus loin OEsterlen, il est très probable que ces poils tombent dans le liquide amniotique, vers le terme de la grossesse. Des poils de duvet, recueillis sur les joues, sur le front et sur les lèvres d’un fœtus de sept mois, nous ont présenté les caractères habituels des poils de duvet chez le nouveau-né.
Voici quelques mensurations faites sur du duvet recueilli : î° sur le dos d’un garçon au moment de sa naissance; 2° sur le dos d’une fille âgée de deux jours.
i° Duvet recueilli sur le dos d’un garçon 2° Duvet recueilli sur le dos d’une fille au moment de sa naissance. âgée de deux jours.
Moyenne 16
Moyenne 18,4
Malassez et Galippe.
GUIDE DE MICROGRAPHIE.
Ces poils de duvet avaient des pointes fines et régulières, aucun n’avait de moelle (Y. fig. 526).
Les poils du duvet fœtal s’arrêtent dans leur développement tandis que les cheveux continuent au contraire à croître, c’est pourquoi à la naissance de l’enfant les cheveux ont de beaucoup dépassé en longueur et en épaisseur les poils de duvet. Ces deux caractères suffiraient à les en faire distinguer si leur couleur ne s’opposait à la confusion.
Fig. 540. — Fragment de duvet fœtal.
Suivant OEsterlen, vers la fin du neuvième mois, ce duvet tomberait en grande partie dans la poche des eaux: on le retrouverait même mélangé au méconium, avec de l’épithélium, des cristaux de cholestérine, du mucus et de la graisse, dans l 'intestin du fœtus (Osiander, Lebius, Schulz) où il aurait pénétré grâce à des mouvements de déglutition (?).
Nous avons indiqué le rôle que jouaient les poils de duvet dans la détermination des taches formées par l’enduit fœtal (Y. p. 578). OEsterlen a tiré de ses recherches la conclusion suivante : « Dans le cas où le produit de l’utérus n’aurait pas été découvert, si on trouve des taches de méconium sur les draps, le linge, etc., de la présence de poils de duvet dans ces taches, on peut conclure l’âge du fœtus non présenté (1). »
(1) C’est là une conclusion à laquelle il nous est impossible de nous rallier, pour les raisons que nous ayons données en parlant du duvet.