‹ Guide de l'élève et du praticien pour les travaux pratiques de micrographie, comprenant la technique et les applications du microscope à l'histologie végétale, à la physiologieChapitre 460 sur 504 · CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII. — EXAMEN DES CHEVEUX ET DES POILS

raies du scrotum portent encore quelques poils ; le reste des poils est mélangé à la terre. Sur des cadavres renfermés dans des bières de sapin, après deux mois et demi la tête est presque complètement dépouillée de ses cheveux ; ceux-ci sont adhérents au linceul. Vers le quatrième mois, le crâne et le tronc sont presque complètement dénudés; les poils des organes génitaux sont mélangés au putrilage formé par la désorganisation de ces différents organes.

L’influence du milieu au moins sur la résistance du cuir chevelu doit être considérable, et les chiffres donnés plus haut par Johannet, d’après Orfila, ne doivent pas être considérés comme absolus. C’est ainsi que nous nous rappelons avoir vu dans un ossuaire d’une île du Morbihan, un crâne de femme, complètement privé de toute partie molle, mais dont le cuir chevelu, encore attenant à la boîte crânienne, était presque entièrement garni de cheveux. Un certain nombre d’autres crânes présentaient la même particularité, mais à un moindre degré. 11 ne nous fut pas permis d’emporter un de ces crânes, mais, d’après nos renseignements, ils devaient être relativement anciens.

Les poils mêlés à la terre conservent leurs caractères anatomiques ; des opinions diverses ont été émises au sujet de l’altération de la couleur du poil. Chevallier avait cru remarquer que sous l’influence de la putréfaction les poils devenaient plus foncés. Plus tard Hauptmann et de Sonnenscheim, émirent une opinion opposée; d’après ces observateurs les poils, au contraire, pâlissaient. Si ce dernier fait se présente peut-être le plus souvent, il ne faudrait cependant pas perdre de vue, que les métaux se localisent fréquemment dans les cheveux, et qu’il ne serait pas impossible que, sous l’influence des produits sulfurés formés pendant la putréfaction, le cheveu subisse dans sa coloration intime des modifications dues à des réactions chimiques. C’est là une simple hypothèse qu’il faudrait vérifier. Dans tous les cas, il aurait été bon de tenir compte de la nature du terrain, les cheveux devant se comporter différemment suivant la constitution du sol, son état hygrométrique, etc.

La chute des poils se ferait plus lentement sur un cadavre

GUIDE DE MICROGRAPHIE.

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placé dans l’eau, que sur un corps inhumé dans les conditions ordinaires. Au bout de deux mois les cheveux adhéreraient encore faiblement, et la dénudation serait complète au bout de quatre mois. D’après Johannet, les cadavres placés dans les fosses d’aisances seraient au point de vue de l’adhérence des cheveux dans les mêmes conditions que l’orsqu’ils sont dans la terre ; notons cependant qu’il a été observé que les cadavres jetés dans les fosses d’aisances résistaient, plus longtemps que s’ils avaient été enterrés. Le sulfhydrate d’ammoniaque entrave la putréfaction, loin de la favoriser.

Nous avons vu qu’il n’était pas possible de se prononcer sur les caractères d'un poil, lorsqu’on n’en avait qu’un petit nombre à sa disposition. Il en est de même lorsqu’il s’agit de déterminer l’identité d’un individu, d’après la couleur d’un poil. On sait, en effet, qu’une même personne peut présenter des cheveux de couleur différente. Sur les tempes les cheveux peuvent être blonds, alors que ceux qui recouvrent les autres parties du crâne sont d’une couleur châtaine : on peut également rencontrer sur une même tête des cheveux noirs et des cheveux blancs.

Les cheveux ont parfois, en raison de la profession exercée par le porteur, une coloration artificielle spéciale. Cette coloration peut être due à une cause mécanique ou à une cause chimique. C’est ainsi que les meuniers et les boulangers ont des cheveux poudrés par l’amidon ou la farine; chez les individus qui vivent au milieu du charbon, il peut se produire une coloration noir sale. M. Robin a observé une coloration brun rougeâtre de la chevelure, chez des individus exposés à la poussière de la rouille. Ces diverses teintes sont dues à un effet purement mécanique, puisqu’elle a pour cause le dépôt de particules colorées à la surface des cheveux.

Les poussières de rouille se reconnaissent à leur forme anguleuse et irrégulière, leur insolubilité dans l’eau et leur très grande solubilité dans l’acide chlorhydrique. (Ch. Robin.) On reconnaît les particules de charbon à leur insolubilité dans les acides, et à leur forme polygonale ou triangulaire.

L’amidon se reconnaîtra facilement à sa forme d’abord et

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